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La STM est « à la croisée des chemins », selon son directeur général

Un train AZUR presque vide.

La STM est aux prises avec de sérieux problèmes financiers.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Aux prises avec un déficit de 43 millions de dollars, la Société de transport de Montréal (STM) doit absolument trouver de nouvelles sources de revenus, a fait valoir vendredi son directeur général, Luc Tremblay, devant les membres de la Commission sur les finances et l'administration de la Ville de Montréal.

Entre autres mesures destinées à réaliser des économies, la Société de transport de Montréal prévoit maintenir ses réductions de services en 2022.

C'est donc dire que les autobus et le métro passeront à la même fréquence que l'an dernier, soit moins souvent qu'avant l'arrivée de la pandémie de COVID-19 au Québec, qui a radicalement fait chuter l'achalandage.

La Société de transport de Montréal évalue la baisse de ses services à 5 % dans le métro et à 3,5 % sur ses lignes d'autobus.

Les premières opérations d’entretien majeur des voitures de métro AZUR sont également reportées d'un an, une décision qui, sans mettre en péril la sécurité des usagers, pourrait entraîner des enjeux de fiabilité, admet Luc Tremblay.

Ça prend de nouvelles sources de revenus

Malgré ces mesures, qui permettront respectivement à cette société publique d'épargner 25 millions et 12 millions, la Société de transport de Montréal doit toujours trouver 43 millions afin de boucler son budget pour l'année.

Luc Tremblay lance un cri du cœur : Il y a beaucoup de personnes qui pensent, au moment où l'on se parle, que les besoins criants vont être financés par des réductions de dépenses à la STM. Ça ne sera plus possible. Ça s'est fait pendant des années, et là, on ne peut plus.

« On est rendus vraiment à la croisée des chemins. Ça prend de nouvelles sources de revenus.  »

— Une citation de  Luc Tremblay, directeur général de la STM

Le nouveau président du conseil d'administration de la Société de transport de Montréal , le conseiller de la Ville Éric Alan Caldwell, est d'accord pour dire que le modèle de financement actuel n'est pas viable.

Pas énormément de gras à couper, confirme un expert

Président de la firme Gris Orange Consultants et chargé de cours à la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, Pierre Barrieau estime que la décision de reporter la maintenance des voitures de métro AZUR aura un impact sur les citoyens puisqu'elle entraînera des pannes beaucoup plus fréquentes.

Selon lui, la Société de transport de Montréal dispose de moyens plus indiqués pour faire des économies, notamment revoir la fréquence des lignes express ou diminuer le recours aux bus articulés en dehors des heures de pointe pour privilégier les bus standards, qui coûtent moins cher à faire fonctionner, moins cher de carburant [et] moins cher en maintenance.

Cet expert de la planification des transports reconnaît toutefois que la Société de transport de Montréal est considérée, en Amérique du Nord, comme une des sociétés de transport les mieux gérées. Donc ici, malheureusement, il n'y a pas énormément de gras à couper, dit-il.

Pour cette raison, M. Barrieau invite les gouvernements du Canada et du Québec à secourir la Société de transport de Montréal pour éliminer son déficit afin qu'il ne se fasse pas sur le dos des usagers. Ici, on a une crise temporaire, donc il faut mettre des mesures temporaires pour l'aider, juge-t-il.

Aucune incidence sur la garantie, assure Alstom

Joint par Radio-Canada, le constructeur des trains AZUR, Alstom, a fait savoir que la décision de la Société de transport de Montréal de reporter les premières opérations d’entretien majeur de ses nouvelles voitures n'aura aucune incidence sur leur garantie.

Cette garantie d’une durée de deux ans s’applique à chacun des trains respectivement à partir du moment où ceux-ci ont été acceptés par la STM, a fait savoir Adrien Vernhes, responsable des communications de l'entreprise pour les Amériques.

Alstom a fourni à la Société de transport de Montréal un total de 71 rames AZUR, soit 639 voitures, en deux phases : 54 trains pour la phase 1 – complètement livrée le 26 juin 2019 – et 17 trains pour la phase 2, réalisée entre 2019 et 2021. Le 71e train, le dernier, a été livré à la Société de transport de Montréal et est entré en service le 13 décembre dernier.

Le président de la Commission sur les finances et l'administration, Pierre Lessard-Blais, a qualifié la situation financière de la Société de transport de Montréal de très, très, très préoccupante avant de suspendre les travaux de la Commission, vendredi midi.

L'étude du budget 2022 et du programme décennal d'immobilisations 2022-2031 de la Ville de Montréal se poursuivra avec une période de discussions à huis clos dans le but de formuler des recommandations qui seront adoptées lors d'une assemblée publique qui aura lieu mercredi prochain.

Le budget de la Société de transport de Montréal pour 2022 s'élève à 1,57 milliard de dollars.

Avec les informations de Yessica Chavez et de Mathieu Prost

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