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Sans-fil : pas de décision avant le printemps, prédit Cogeco

Une enseigne du câblodistributeur Cogeco.

Cogeco Communications dit vouloir connaître les conditions réglementaires avant de se lancer dans le marché de la téléphonie sans fil.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

Il faudra attendre encore quelques mois pour que le suspense sur l'entrée potentielle de Cogeco Communications dans le marché de la téléphonie sans fil prenne fin.

Le câblodistributeur attend toujours de connaître les conditions réglementaires qui lui permettraient de louer un accès au réseau des grandes sociétés de télécommunication canadiennes. Une fois les règles connues, il prévoit que ses concurrentes traîneront les pieds avant de conclure une entente.

« Cette négociation, je sais qu'elle va être longue et difficile [...] Ils ne veulent simplement pas avoir plus de concurrence dans le marché. »

— Une citation de  Philippe Jetté, président et chef de la direction de Cogeco Communications

M. Jetté a fait cette déclaration lors d'une conférence de presse, vendredi, en marge de l'assemblée annuelle virtuelle de l'entreprise.

Au printemps dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) avait déjà tranché que les opérateurs régionaux pourraient accéder au réseau des grandes télécoms à condition d'avoir eux-mêmes un spectre de fréquences locales.

Ce contexte ouvre la porte au câblodistributeur montréalais. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes doit encore donner plus de détails sur les conditions réglementaires qui entoureront ce partage. Le moment de la décision n'est pas connu, mais M. Jetté anticipe qu'elle aura lieu tard au printemps ou durant l'été. Après ça, on devra négocier avec les trois plus grands opérateurs pour savoir à quel prix on pourra avoir accès à leur réseau.

L'entreprise pourrait également être intéressée par les actifs de Shaw Communications. Rogers n'a pas encore obtenu le feu vert des autorités réglementaires pour son offre d'achat de 26 milliards de dollars sur Shaw. Les analystes anticipent qu'une condition de l'approbation sera la vente de Freedom Mobile.

M. Jetté affirme qu'il est trop tôt pour se prononcer sur la pertinence de faire une offre tant que les autorités réglementaires l'analysent. On considère toutes les options sur la table, mais celle qui est suggérée, elle n'est simplement pas disponible. On est patient. On va attendre de voir ce qui se passe, dit-il.

Résultats du 1er trimestre

L'assemblée annuelle de Cogeco avait lieu au lendemain du dévoilement des résultats du premier trimestre (terminé le 30 novembre).

Malgré un bénéfice plus élevé que prévu, la baisse de la rentabilité des activités existantes au Canada préoccupe Vince Valentini, de Valeurs mobilières TD. En excluant l'acquisition de DERYtelecom, le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) au Canada est en baisse de 6,9 %, souligne l'analyste financier.

Patrice Ouimet, chef des finances, assure que cette baisse était prévue. Il note que les dépenses de la société étaient inférieures à la normale durant la période comparable l'an dernier : C'était une période où les gens ne voulaient pas changer de fournisseur [ce qui a entraîné une baisse des dépenses publicitaires et des déplacements des techniciens]. Cette année, on est rendu dans une situation normale.

M. Ouimet prévoit que le bénéfice tiré des activités internes canadiennes reviendra en territoire positif.

Au premier trimestre, les revenus totaux ont augmenté de 16 % à 718,5 millions de dollars. Cogeco Communications attribue principalement cette progression à l'acquisition des systèmes de câblodistribution en Ohio, conclue le 1er septembre dernier, et au nombre plus élevé de clients du service Internet. Ces facteurs ont été contrebalancés en partie par les coûts liés au repositionnement de marque d'Atlantic Broadband, devenue Breezeline.

Les revenus au sein du secteur des médias, pour leur part, ont diminué de 2,6 %. Certains annonceurs dans le domaine du tourisme et de la restauration sont lourdement touchés par la pandémie et ont réduit leur budget publicitaire radiophonique, a expliqué M. Jetté.

Il note aussi que la pénurie de main-d'œuvre et la perturbation de la chaîne d'approvisionnement nuisent aussi au marché. Les annonceurs ne sont pas pressés dans ces segments-là de retourner en onde pour générer de la publicité puisqu'ils ont de la difficulté à offrir des services pour combler la demande.

Le bénéfice de Cogeco Communications au premier trimestre a été de 106,8 millions de dollars, une hausse de 0,1 % par rapport à la période correspondante de l'exercice précédent. Le bénéfice par action a été de 2,29 $, comparativement à 2,24 $ un an plus tôt.

Les analystes sondés par la firme Refinitiv s'étaient attendus à des revenus de 717,7 millions de dollars et un bénéfice par action de 2,06 $ pour Cogeco Communications au premier trimestre.

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