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COVID-19 : des Manitobains vulnérables se sentent abandonnés par la province

Une salle d'opération.

Cette semaine, le gouvernement a décidé de ne pas imposer de nouvelles restrictions en réponse à la hausse des hospitalisations causée par le variant Omicron.

Photo : (Jonathan Hayward/Canadian Press)

Radio-Canada

Certains Manitobains vulnérables sont frustrés par la nouvelle stratégie de gestion de la pandémie de la province. Ils ont l’impression d’être laissés à eux-mêmes au moment où la COVID-19 est devenue extrêmement contagieuse avec l’arrivée du variant Omicron.

La première ministre Heather Stefanson a dit cette semaine que le gouvernement n’était pas en mesure de protéger la population alors que le nombre d’hospitalisations dues à la maladie était en augmentation. Elle a déclaré que la plupart des Manitobains seront probablement exposés au virus au cours des prochaines semaines et qu'il fallait apprendre à vivre avec cette réalité.

Le gouvernement nous dit en gros de nous débrouiller tout seuls, affirme Allen Mankewich, qui est atteint de spina-bifida et se déplace en fauteuil roulant.

Mercredi, Mme Stefanson et le médecin hygiéniste en chef adjoint, Jazz Atwal, ont parlé de la nécessité de trouver un équilibre entre les restrictions en matière de santé publique et la nécessité de ne pas imposer davantage de contraintes aux entreprises.

Ce virus sévit dans toute notre communauté, et c'est aux Manitobains de prendre soin d'eux-mêmes, a affirmé la première ministre.

Eric Kennedy dirige un projet national de surveillance de la COVID-19. Il explique que les questions d'équité en matière de santé devraient figurer en bonne place sur la liste des éléments que les gouvernements doivent prendre en compte lorsqu'ils apportent des changements aux politiques relatives à la maladie.

Tout le monde ne réagit pas de la même façon aux initiatives pour lever les restrictions, dit Eric Kennedy, également professeur adjoint en gestion des catastrophes et des urgences à l'Université York.

Cela pourrait, en fait, créer des inégalités dans la société, si certains se sentent libres de faire plus de choses et que d'autres sentent qu'ils doivent rester confinés pour se protéger, note le professeur.

Allen Mankewich renchérit en ce sens. Il a l'impression que la province abandonne les personnes qui vivent avec un handicap ou qui sont à risque. Plus que jamais, il a l'impression de devoir se protéger lui-même.

« Je ne veux pas me retrouver à l'hôpital dans une situation où le système est débordé et où on devra décider entre me sauver, moi, ou sauver quelqu'un d'autre. »

— Une citation de  Allen Mankewich, atteint de spina-bifida

Kenneth Wright et sa mère, Cathy Stevenson, sont tous deux immunodéprimés. Ils estiment que les restrictions imposées jusqu'à présent les ont protégés, mais qu'elles ont également constitué un défi.

C'est vraiment inquiétant de voir les gens tomber malades, mais je dirais que je suis d'accord pour dire que, à ce stade, nous devons apprendre à vivre avec le virus, malheureusement, affirme Kenneth Wright.

Kenneth Wright, à gauche, et sa mère Cathy Stevenson.

Kenneth Wright et sa mère, Cathy Stevenson, tous deux immunodéprimés, estiment que les Manitobains devront apprendre à vivre avec le virus.

Photo : Zoom

Le Manitobain, âgé de 31 ans, est atteint de rhumatisme psoriasique et d'une maladie inflammatoire auto-immune, et il prend des médicaments qui compromettent son système immunitaire.

Il a voulu aller à la piscine pour faire de l'exercice, mais cela a été difficile à faire avec les restrictions. Ces restrictions nous semblent terribles et très désagréables, et elles ne peuvent pas durer très longtemps pour les gens. Ils en ont assez, et, franchement, aussi, dit Kenneth Wright.

Sa mère et lui se sentent encouragés par certains rapports préliminaires qui suggèrent que le variant Omicron serait moins virulent.

Cela dit, ce variant a également provoqué un nombre record d'hospitalisations et une augmentation des admissions dans les unités de soins intensifs au Manitoba, en l'espace de quelques semaines.

Jeudi, 499 patients atteints de COVID-19 étaient hospitalisés, dont 47 dans des unités de soins intensifs. Le nombre de décès augmente également, même s'il n'est pas encore aussi élevé que lors des vagues précédentes, avant que les vaccins ne soient largement disponibles.

Cathy Stevenson est atteinte d'un cancer du pancréas de stade 4. Elle est prudente quant aux endroits où elle se rend et aux personnes qu'elle côtoie.

On ne peut pas changer les décisions que les gens prennent ni leurs actes, on ne peut qu'apprendre à vivre avec, dit Cathy Stevenson, infirmière à la retraite depuis 40 ans. Il faut juste être très prudent avec les personnes qui ont l'air de ne pas vraiment s'en soucier.

Elle pense que certaines restrictions sont nécessaires, mais, ayant seulement quelques mois à vivre, elle aimerait aussi être libre de rendre visite à sa famille quand elle le veut, pendant le temps qu'il lui reste.

Il va y avoir de nouveaux variants qui arriveront, et peut-être qu'au fur et à mesure, ils deviendront de moins en moins graves, dit Cathy Stevenson. Peut-être aussi qu’ils deviendront plus graves, mais de toute façon, nous devons apprendre à vivre avec eux.

Avec les informations de Sheila North

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