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Des habitants d’Iqaluit sentent de nouveau de l’essence dans l’eau de la ville

De l'eau coule d'un robinet dans une cuisine.

Une quantité infime d'hydrocarbures se trouverait dans l'eau potable d'Iqaluit, selon la Ville.

Photo : iStock

Radio-Canada

La Ville d’Iqaluit affirme dans un communiqué avoir réagi immédiatement après la réception de plusieurs signalements d’habitants ayant senti une odeur d’hydrocarbures dans l’eau du robinet depuis jeudi.

À la suite de plus d’une vingtaine de signalements, la Ville dit avoir engagé des ingénieurs et d'autres experts pour enquêter immédiatement et aider à répondre au problème.

Elle demande aux habitants de retirer les aérateurs de leurs robinets et de faire couler l’eau froide pendant 20 minutes le plus vite possible, avant 18 h, vendredi soir.

Selon un premier examen des données de la station de surveillance en temps réel au centre de traitement de l’eau, une quantité infime d'hydrocarbures a pénétré dans le système de distribution lundi et mercredi.

Pour l'instant, nous pensons que d'éventuels hydrocarbures restants ont pu pénétrer dans l'approvisionnement en eau et doivent être évacués du système de distribution, dit la Ville.

La Ville dit avoir réagi en prélevant des échantillons à divers endroits du système de distribution, mais assure que les résultats obtenus à ce jour sont inférieurs au niveau de détection des stations de surveillance.

Pas de déclenchement d’alarme

En entrevue, le maire d’Iqaluit, Kenny Bell, explique qu'aucune alarme ne s’est déclenchée pour prévenir ses équipes, puisque les quantités d’hydrocarbures trouvées dans l’eau sont en dessous du standard canadien.

Lundi et mercredi on devait être autour de 50 microgrammes : la limite détectable par l'appareil qui analyse l'eau. Soixante-quinze microgrammes, c’est la limite basse pour que l’alarme se déclenche, c’est pourquoi on n’a pas reçu d’alerte, explique-t-il.

Il affirme que l'équipe de techniciens environnementaux doit revenir de vacances lundi et que le nettoyage sera entrepris à ce moment-là.

Évidemment, personne n'aime sentir l'odeur du carburant dans l'eau [...], mais c'est sûr, selon ce que disent les machines et tous les tests qu'on faits.

Pendant deux mois à partir d'octobre 2021, l'eau municipale d'Iqaluit a été impropre à la consommation, après une contamination aux hydrocarbures dans un réservoir du centre de traitement de l’eau. Cela fait cinq semaines que l’avis d’interdiction de consommation de l’eau a été levé.

La municipalité dit surveiller en permanence la qualité de l’eau et la présence d’hydrocarbures au centre de traitement de l’eau. Elle assure aussi qu'elle a augmenté ses mesures d'échantillonnage hebdomadaire en laboratoire.

Des personnes s'approvisionnent en eau sur une rivière en grande partie gelée.

De nombreux habitants d'Iqaluit se sont rendus à la rivière Sylvia Grinnell vendredi après-midi pour y puiser de l'eau après que des odeurs de carburant aient de nouveau été signalées dans l'approvisionnement en eau de la ville.

Photo : Jackie McKay / CBC

Le ministère de la Santé demande pour sa part aux habitants de la ville de faire bouillir l’eau des rivières d’Iqaluit, à gros bouillon pendant au moins une minute, avant de s’en servir pour :

  • la consommation directe;

  • la préparation de lait pour nourrissons;

  • la préparation de jus et de glaçons;

  • le lavage de fruits et de légumes;

  • la cuisson des aliments;

  • le brossage des dents.

Il précise qu’il n’est pas nécessaire de faire bouillir l’eau si elle sert à autre chose.

Mettre à jour les infrastructures

Dans un communiqué, la députée fédérale du Nunavut, Lori Idlout, se dit frustrée que des odeurs aient été une nouvelle fois détectées dans l’eau potable d’Iqaluit.

La députée du Nouveau Parti démocratique affirme que le manque d’accès à l’eau potable est un problème qui se répète pour de nombreuses communautés autochtones isolées du Nord. Elle assure aussi que cet épisode rappelle une nouvelle fois que les infrastructures du territoire ne sont pas au niveau.

Il est clair que le gouvernement libéral doit faire des investissements importants pour remédier au vieillissement de l'infrastructure qui a un impact négatif important sur la santé et le bien-être des résidents.

Lori Idlout ajoute que les Iqalummiut sont en droit de savoir ce qu’il est advenu de la demande de 180 millions de dollars faite au gouvernement fédéral par le conseil municipal d'Iqaluit en novembre dernier pour mettre fin à la crise de l’eau dans la capitale.

Le maire Kenny Bell affirme n’avoir toujours pas eu de retour d'Ottawa à ce sujet.

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