•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La qualité de l’air sera sécuritaire dans les écoles, estime Québec

Des enfants en classe lisent des manuels.

Si toutes les mesures sanitaires sont respectées, la qualité de l'air dans les classes ne représentera pas un risque majeur de contagion, croit le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Photo : Radio-Canada

À trois jours du retour en classe dans les écoles primaires et secondaires du Québec, le ministère de la Santé assure que la qualité de l‘air dans les classes ne représente pas un risque majeur de contagion si toutes les mesures sanitaires en place sont respectées.

Lors d’une séance d’information technique, vendredi, le Dr Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), a expliqué que si les élèves et le personnel portent un masque et respectent la distanciation et que les mesures de désinfection sont respectées, la rentrée sera raisonnablement sécuritaire dans les écoles, et ce, même si tous les échangeurs d’air et détecteurs de CO2 promis par Québec n’ont pas encore été installés.

« Si les autres mesures sont bien appliquées, la qualité de l’air actuelle n’est pas un grand facteur dans la transmission de la COVID. Il peut y avoir des améliorations, mais pas de là à penser qu’on prend un risque à retourner les enfants dans ces milieux. »

— Une citation de  Dr Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique au MSSS

D'après le Dr Jalbert, les taux de contagion observés dans les écoles ne sont pas pires qu'ailleurs, ils seraient plutôt comparables à ceux qu'on observe dans le reste de la société.

Les mesures que l’on va prendre dans les milieux scolaires s’appuient sur les modes de transmission que l’on connaît déjà. Ils n’ont pas changé. En fait, le variant Omicron, oui, il se transmet davantage d’une personne à l’autre [...] donc beaucoup plus par proximité d’une personne atteinte, surtout quand cette personne-là ne porte pas de masque.

« Ce qu’on a appris aussi en ce qui concerne les enfants, ce n’est pas de très bons transmetteurs de la maladie. Ce qu’on a observé en milieu scolaire, c’est beaucoup plus de transmission des enseignants vers les élèves que l’inverse. »

— Une citation de  Dr Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique au MSSS

Pour limiter la transmission dans les établissements, Québec promet par ailleurs la livraison de 7,2 millions de tests (Nouvelle fenêtre) de dépistage rapides dans les écoles préscolaires et primaires en janvier et février. Le personnel des écoles secondaires, des centres d’éducation des adultes et des centres de formation professionnelle aura aussi accès à des tests rapides.

Les élèves du secondaire devraient aussi recevoir bientôt des tests rapides, selon le Dr Jalbert, qui n'a toutefois pas précisé quand.

68 % des lecteurs de CO2 livrés

En ce qui a trait aux 90 000 lecteurs de CO2 promis dans les écoles avant la fin décembre, 68 % ont déjà été livrés aux établissements, a déclaré le ministère de la Santé et des Services sociaux. Le reste des appareils doit être livré en janvier et février.

Selon le ministère de l’Éducation, en date d’aujourd’hui, toutes les classes où des taux de CO2 supérieurs à 1500 parties par million (ppm) avaient été détectés ont reçu un appareil de détection.

Plus de 400 échangeurs d’air ont également été distribués dans les écoles qui en ont fait la demande, a souligné la sous-ministre adjointe au ministère de l'Éducation, Caroline Imbeau, en précisant que le ministère dispose actuellement d’une centaine d’échangeurs d’air en réserve et que d’autres arriveront bientôt.

La distribution et l’installation de 90 000 appareils dans les 3600 bâtiments visés par la mesure ne sont pas une mince tâche considérant les pénuries de main-d'œuvre et de composantes électroniques, a rappelé la sous-ministre lors de la séance d’information technique.

Un lecteur de CO2 sur un mur dans une salle de classe vide.

Les capteurs de CO2 indiquent quand il faut ouvrir les fenêtres de la classe.

Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais

Le bien-être des enfants dans la balance

Après avoir observé les effets de la fermeture des écoles et de l’éducation à distance sur les enfants et adolescents, le Dr Yves Jalbert a expliqué que le gouvernement ne peut plus faire abstraction plus longtemps d’une autre réalité tout aussi sérieuse que la COVID-19, soit la santé psychologique et physique des jeunes.

On parle ici d’augmentation notable de la détresse psychologique, de la démotivation scolaire, des troubles alimentaires, des retards scolaires, de l’obésité, de l’usage pathologique des écrans et, dans certains cas, de la détresse familiale, a-t-il énuméré.

« On considère que c’est un poids très important de la pandémie qui a été placé sur les épaules de nos plus jeunes. »

— Une citation de  Dr Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique au MSSS

Le doute persiste

En dépit des assurances données par les ministères de la Santé et de l’Éducation, bien des doutes persistent sur ce qu'il arrivera dans les écoles après la rentrée scolaire en personne, lundi prochain.

Dans les rangs syndicaux, on indique avoir du mal à croire que la contagion causée par le variant Omicron pourra être contrôlée, même avec le respect des mesures sanitaires.

On s’attend à ce que le taux d’absentéisme atteigne des sommets jamais atteints. C’est ce qui nous inquiète, dans un contexte où 50 % des bâtiments sont dans un mauvais état. Il y a des problèmes qui subsistent au niveau de l’aération et de la ventilation et donc, pour nous, ce ne sont pas des conditions acceptables, explique le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette.

La rentrée en personne le 17 janvier ne fait pas non plus l’unanimité dans le milieu médical. C’est le cas notamment du collectif COVID-STOP, composé de médecins et de scientifiques, pour qui cette rentrée est une catastrophe annoncée dans les conditions de contagion actuelles.

De 90 à 100 % de la transmission du virus est par voies aériennes. Et présentement, il n’y a absolument rien qui peut aider. Les capteurs de CO2 disent quand il faut ouvrir les fenêtres, mais justement, ils ne sont pas tous installés, déplore Nancy Delagrave, coordonnatrice scientifique du collectif COVID-STOP.

Le collectif a aussi lancé une pétition en ligne dans laquelle il demande au gouvernement Legault de reporter d’au moins deux semaines la rentrée en présence et de procurer des masques N95 aux professeurs qui en font la demande.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !