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Omicron : les écoles ne sont pas assez sécuritaires, selon experts et parents

Un panneau indiquant un passage d'écoliers devant des branches d'arbres enneigées.

La perspective du retour en classe lundi effraie des parents, mais aussi des experts. Cela comporte des risques, disent-ils.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Bien qu'ils reconnaissent le bien-fondé de ramener les élèves en présentiel à l'école, ce retour en classe prévu lundi au Québec est précipité, selon des experts et des parents. Tout n'a pas été mis en œuvre pour repousser Omicron, disent-ils.

Les membres du collectif COVID-STOP, notamment, s'inquiètent de l'incidence que cela pourrait avoir sur le réseau hospitalier, d'une part, et sur la santé des jeunes, d'autre part.

Trois médecins ont affirmé au collectif cette semaine que les hôpitaux dans lesquels ils travaillent enregistrent de plus en plus de cas de syndrome inflammatoire multisystémique. Ce syndrome inflammatoire postviral survient chez certains enfants après qu'ils ont contracté la COVID-19.

Nancy Delagrave, coordonnatrice scientifique de COVID-STOP, affirme qu'en raison de ces risques potentiels, la vaccination des enfants de 5 à 11 ans doit être accélérée. On sait que les enfants ramènent [le virus] à la maison, a-t-elle expliqué en entrevue sur ICI RDI, vendredi. Et on ne connaît pas de maisonnée où un membre a eu Omicron et toute la maisonnée ne l'a pas eu.

En conférence de presse, mercredi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait appelé les jeunes à demander à leurs parents de les faire vacciner.

Au pays, 45 % des enfants de 5 à 11 ans ont reçu au moins une dose de vaccin. Au Québec, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a affirmé jeudi que c'était le cas pour 60 % des enfants. Ce n'est pas assez, a-t-il ajouté, et quand on va retourner [en classe] la semaine prochaine, il faut s'assurer qu'on va mettre tous les efforts.

Nancy Delagrave affirme que les inquiétudes portent aussi sur les cas de syndrome post-COVID-19, qui ne sont pas compilés au pays. Pourtant, ça affecte de 13 à 41 % des personnes qui ont eu la COVID-19, dit-elle, et rien ne laisse présager que pour Omicron, ce sera différent.

Mme Delagrave cite le Royaume-Uni, où 117 000 enfants souffrent de COVID-19 de longue durée. De ce nombre, 20 000 enfants en souffrent depuis plus d'un an.

De plus, des maladies auto-immunes apparaissent tant chez des adultes que chez des enfants, ajoute-t-elle.

Vendredi, lors d’une séance d’information technique, le ministère de la Santé du Québec a assuré que la qualité de l'air dans les classes ne représentera pas un risque majeur de contagion, à la condition que toutes les mesures sanitaires en place soient respectées.

Toutefois, Nancy Delagrave rappelle que les capteurs de dioxyde de carbone (CO2) ne sont pas tous installés dans les écoles. Aussi, elle recommande qu'on fournisse des masques N95 aux enseignants. Une demande faite par la Fédération autonome de l'enseignement, qui fait valoir qu'en Ontario, les enseignants en ont.

Autre source d'inquiétude : l'absence de données fiables sur la COVID-19, qui fait dire à des experts que les autorités naviguent à l'aveugle. En vertu d'initiatives citoyennes, des parents pourraient déclarer eux-mêmes les cas de contamination qui surviennent dans les écoles. Mais ça devrait être au gouvernement de faire ça, dit Nancy Delagrave.

Un retour en classe seulement en février

Considérant toutes ces questions, le gouvernement du Québec aurait dû retarder encore de deux semaines la rentrée en présentiel, selon COVID-STOP.

C'est aussi le point de vue de Patricia Clermont, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique.

Pourquoi pas une semaine de plus, au pire? Pourquoi pas comme au cégep ou à l'université, où on laisse de la latitude au milieu? a-t-elle demandé sur ICI Première à l'émission Tout un matin, vendredi.

Cette mère de famille assure que ses enfants désirent retourner en classe. Cependant, ils sont inquiets, et ils en parlent entre eux.

Une cour d'école déserte.

Selon le premier ministre du Québec, François Legault, «c'est très important que nos jeunes retrouvent leurs amis et leurs enseignants le plus vite possible». Il affirme que l'éducation doit être la priorité du Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au sein du mouvement Je protège mon école publique, on est soulagés et perplexes à la perspective du retour en classe.

Soulagés parce que, certes, les élèves vont en bénéficier. D'ailleurs, plus tôt cette semaine, une centaine de médecins et de pédiatres ont exhorté Québec à maintenir le retour en classe le 17 janvier.

Mais perplexes parce qu'on ne comprend pas, et on n'a pas l'impression que les écoles sont prêtes, dit Mme Clermont.

On a l'impression, encore une fois, que c'est une improvisation, déplore-t-elle.

« Au mouvement, on est fâchés. Depuis des années, ce système-là [d'éducation] est délaissé. [...] On aime à dire que c'est une priorité nationale, mais on ne se prépare pas. »

— Une citation de  Patricia Clermont, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique

La stratégie gouvernementale de lutte contre la COVID-19 est axée sur le milieu de la santé et on comprend pourquoi, poursuit-elle. Toutefois, selon elle, le gouvernement n'est pas franc sur ce qui se passe en éducation.

Au sujet de l'appel fait par Québec pour que des parents prennent le relais d'enseignants auprès des élèves en classe, Patricia Clermont se dit convaincue qu'il y aura des bris de service. À ses yeux, il ne fait aucun doute que des parents devront aller prêter main-forte.

Dans ce contexte d'incertitude, elle en veut au gouvernement Legault de ne pas reconnaître les craintes exprimées par les parents, par les enseignants et par beaucoup d'autres gens.

Des craintes qui sont vraiment légitimes, insiste-t-elle.

Avec les informations de CBC

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