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Éclosions de COVID-19 en prison : la pression monte en Ontario

L'unité d'isolement de la prison de North Bay.

En date du 13 janvier, 91 cas de COVID-19 ont été confirmés à la prison de North Bay depuis le 29 décembre, dont plusieurs parmi le personnel.

Photo : Ministère du Solliciteur général

La situation est « critique » dans plusieurs prisons et centres correctionnels ontariens alors que de nombreux employés sont en quarantaine après avoir été déclarés positifs à la COVID-19, affirment des représentants syndicaux.

Selon Richard Dionne, président de la section locale 369 du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), 12 établissements carcéraux de la province sont aux prises avec une éclosion.

Nos effectifs sont insuffisants, nous sommes épuisés, nous sommes surmenés, confie d’entrée de jeu Roselle Greuter, présidente de la section locale 616 du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, qui représente les employés de la prison de North Bay.

Mme Greuter dénonce le transfert d’un détenu depuis un autre établissement carcéral où une éclosion de COVID-19 était en cours, ce qui a mené à l'éclosion massive déclarée le 29 décembre. Ce transfert était injustifié, dit-elle.

Selon Mme Greuter, une majorité d’employés sont en isolement et ceux qui restent peinent à accomplir les tâches essentielles.

Le ministère du Solliciteur Général soutient quant à lui qu'environ 30 % du personnel de la prison est en isolement à la maison en lien avec l'éclosion.

La santé et la sécurité à l’intérieur de la prison m'inquiètent, reprend Mme Greuter.

« Nous faisons habituellement des fouilles dans la prison pour de la contrebande, des armes, etc. Nous n’avons pas été capables d'en faire depuis un bon moment. La tension augmente dans toute la prison et [l'absence de fouilles] rend la situation dangereuse. »

— Une citation de  Roselle Greuter, présidente de la section locale 616 du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario

Des membres de l’administration de la prison ainsi que des employés de soutien, notamment des travailleurs sociaux et des conseillers en toxicomanie, participent aux tâches quotidiennes, par exemple en supervisant les douches et les appels téléphoniques des détenus.

Mme Greuter estime que cette aide est arrivée tard. Le nombre de personnes aptes à travailler est phénoménalement bas.

Pour réduire la pression et faciliter l’isolement des personnes déclarées positives à la COVID-19, plusieurs détenus ont été transférés au Centre correctionnel du Centre-Nord (CCCN), à Penetanguishene.

Le transfert aidera également à prévenir le risque d'infection par la COVID-19 dans l'établissement et créera une capacité supplémentaire pour gérer les exigences d'isolement des contacts étroits, indique le ministère du Solliciteur général.

On a eu un certain nombre de détenus de North Bay jeudi, confirme Richard Dionne, représentant syndical des employés du Centre correctionnel du Centre-Nord. On en attend d’autres pendant la fin de semaine.

En plus des détenus de la prison de North Bay, plusieurs détenus en provenance de Thunder Bay, également aux prises avec une vaste éclosion de COVID-19, se trouvent en ce moment à Penetanguishene.

L'extérieur de la prison de Thunder Bay le soir.

La prison de Thunder Bay manque d'espace pour assurer l'isolement des détenus atteints de la COVID-19.

Photo : CBC/Jody Porter

M. Dionne explique que cet établissement reçoit régulièrement des détenus en provenance d’autres centres de détention aux prises avec une éclosion de COVID-19, car il y a plus d’espace.

C’est souvent plus simple pour d’autres établissements de fermer temporairement, comme ç'a été le cas à la prison de North Bay l’an dernier, et nous avons accueilli une partie de leurs détenus, précise-t-il.

Le président de la section locale 369 du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario souligne que le Centre correctionnel du Centre-Nord n’a jusqu'à maintenant recensé aucune éclosion attribuable au transfert d’un détenu depuis un établissement touché par la COVID-19.

« Nous avons été bons [pour éviter le virus]. Nous n’avons pas eu notre "propre éclosion", pour ainsi dire. »

— Une citation de  Richard Dionne, président de la section locale 369 du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario

Même si la situation n’est pas aussi critique qu’à la prison de North Bay, le Centre correctionnel du Centre-Nord est lui aussi aux prises avec des problèmes de main-d'œuvre non seulement à cause de la COVID-19 mais aussi en raison d’altercations avec les détenus.

Hier, nous avons eu un incident qui a envoyé plusieurs membres du personnel à l’hôpital pour y recevoir des soins, raconte le président syndical.

La frustration est grande, autant du côté du personnel que du côté de la population carcérale, ajoute M. Dionne. Les détenus sont frustrés, car ils sont confinés plus souvent en raison du manque d’employés.

Richard Dionne critique la lenteur du ministère du Solliciteur général à adapter ses politiques lorsque la province annonce de nouvelles mesures.

« Je n’arrive pas à comprendre les délais. Le gouvernement annonce une nouvelle directive et le ministère [du Solliciteur général] prend dix jours, voire deux semaines, pour les appliquer. »

— Une citation de  Richard Dionne, président de la section locale 369 du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario

En ce moment, selon M. Dionne, les personnes qui ont été en contact étroit avec un cas confirmé doivent s’isoler pendant 14 jours, alors que le ministère de la Santé dit que cela devrait être pendant 10 jours.

Puisque notre ministère prend du temps avant de changer de cap, cela retarde le retour d’employés qui se portent bien, précise-t-il.

Le ministère soutient quant à lui respecter les directives actuelles sur l'isolement et le retour au travail pour le personnel.

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