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Denzel Washington joue un Macbeth qui transcende l’âge et la couleur de peau

Ce film a été réalisé par Joel Coen sans son frère Ethan, son habituel coéquipier.

Dans la photo en noir et blanc, portrait de l'homme qui regarde vers le sol.

Denzel Washington dans le film « The Tragedy of Macbeth »

Photo : Alison Rosa/Apple TV +

Agence France-Presse

Denzel Washington et Frances McDormand sont les vedettes du film The Tragedy of Macbeth, qui sort vendredi sur Apple TV+, après être sorti en salle, aux États-Unis et en France, le 25 décembre. Ce film a été réalisé par Joel Coen sans son frère Ethan, son habituel coéquipier.

Denzel Washington, qui incarne Macbeth, a 67 ans, et Lady Macbeth, qui lui donne la réplique, est interprétée par Frances McDormand, 64 ans, ce qui peut sembler un peu vieux pour donner un héritier à leur royaume.

Le couple est fatigué, il est plus âgé, dit à l'AFP Denzel Washington, expliquant que le temps qui s'échappe joue un rôle prépondérant dans cette version, poussant les personnages vers le mal et la folie.

[Les deux personnages] sont comme ça : notre temps est venu. C'est notre dû. Donnez-le-nous, poursuit-il. À situation extrême, mesures extrêmes. Et l'horloge tourne.

L'acteur, qui affronte épée au poing des ennemis à deux reprises durant le film, aurait-il interprété ce personnage différemment voici 20 ou 30 ans?

J'aurais probablement été plus physique. Sans être limité par l'état dans lequel mes genoux se trouvent à ce moment de ma vie, dit-il en souriant.

Des acteurs noirs : anachronique, mais pas nouveau

Bien sûr, Denzel Washington est noir, tout comme l’acteur Corey Hawkins, qui joue son ennemi juré, Macduff. Bien qu'il soit totalement anachronique pour une histoire censée se dérouler au 11e siècle en Écosse, ce détail est tout, sauf nouveau pour une adaptation de Macbeth.

Orson Welles avait par exemple mis en scène en 1936 une version de la pièce dans laquelle tous les protagonistes étaient des personnes noires. De toute évidence, nous sommes divers, et je pense que c'est une excellente chose, a déclaré Denzel Washington lors d'une table ronde avec la presse. À mon humble avis, on ne devrait même plus en être au point où il faut mentionner la diversité comme quelque chose de spécial, relève-t-il.

Dans une photo en noir et blanc, l'homme et la femme sont enlacés et se touchent le visage.

Denzel Washington et Frances McDormand dans le film « The Tragedy of Macbeth »

Photo : Alison Rosa/Apple TV +

Ces jeunes gens – noirs, blancs, bleus, verts, peu importe – sont hautement talentueux et qualifiés, c'est pour ça qu'ils sont là, insiste l'acteur.

Je ne peux pas changer cette peau. Je ne peux pas changer ces cheveux. Je ne peux pas changer ça. Mais ce que je peux faire, c'est être excellent là où les gens ne m'attendaient pas, renchérit Corey Hawkins. On ne pensait pas en termes de personnes noires et de blanches, assure-t-il.

Un film en noir et blanc

Le réalisateur Joel Coen a choisi de tourner son film en noir et blanc, avec un format d'image presque carré, qui était utilisé vers la fin de l’époque du cinéma muet, et des bruitages minimalistes qui donnent au film l'esthétique des débuts d'Hollywood.

À plusieurs reprises, Macbeth a été adapté au grand écran, y compris par des réalisateurs de légende comme Orson Welles, Akira Kurosawa ou Roman Polanski.

Denzel Washington jure n'avoir vu aucune de ces versions, et même de les avoir délibérément fuies, pour éviter d'avoir à se dire zut, comment diable vais-je pouvoir être meilleur que ça?.

Je ne voulais pas que ça affecte ce que j'allais en sortir, donc j'arrivais avec un œil neuf et mon imagination, explique l'acteur, dont le Macbeth évolue tout en douceur et en subtilités au début avant de verser dans la rage, l'ambition puis la folie.

Denzel Washington n'en est pas à son premier Shakespeare. Il a joué Jules César à Broadway et dans le film Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing) de Kenneth Branagh.

Portrait en noir et blanc de l'acteur dans une scène du film. Deux personnes sont en arrière-plan.

Corey Hawkins dans le film « The Tragedy of Macbeth »

Photo : Alison Rosa/Apple TV +

Corey Hawkins espère que les enfants issus de la diversité auront à leur tour envie de se frotter à Shakespeare après les avoir vus dans le film. Ça pourrait piquer leur curiosité, dit-il.

Oui, les personnes noires aiment Shakespeare. Nous aimons probablement Shakespeare sans même le savoir parce qu'il y a plein de références à Shakespeare dans les chansons et la culture que nous aimons, souligne Corey Hawkins. Il nous appartient autant qu'aux autres.

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