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Inquiétudes face à la hausse des traversées illégales de la frontière à Akwesasne

Un écusson du Service de police mohawk d'Akwesasne.

La communauté d’Akwesasne partage les frontières de l’Ontario, du Québec et de l’État de New York.

Photo : Facebook/Akwesasne Mohawk Police Service

Radio-Canada

Le Service de police mohawk d'Akwesasne dit observer une augmentation du nombre de cas de passages clandestins près de la frontière entre l’Ontario et le Québec et que les personnes qui tentent de traverser illégalement aux États-Unis risquent de propager la COVID-19 dans la communauté.

La semaine dernière, à la suite d’une patrouille du côté québécois de la rivière Saint-Régis (aussi appelée Kana:takon), l’unité maritime du Service de police mohawk d'Akwesasne a détenu 13 personnes qui essayaient d’entrer aux États-Unis.

La police a dit avoir vu le groupe descendre d’un bateau avec ses bagages sur une rive près de la frontière américaine. Tous les membres du groupe ont tenté de fuir la police.

Une carte sur laquelle on peut voir le territoire d'Akwesasne, au nord de la frontière entre le Canada et les États-Unis.

Le territoire d'Akwesasne est partagé entre deux provinces canadiennes et un État américain.

Photo : Facebook/Bernadette Clément

Les agents disent avoir été en mesure d’arrêter les gens qui étaient sur la terre ferme et de les confier au ministère de l’Immigration du Canada. Ils continuent de rechercher le conducteur du bateau.

Située en bordure du fleuve Saint-Laurent, la communauté d’Akwesasne partage trois frontières : l’Ontario, le Québec et l’État de New York. D’après le chef de la police mohawk d’Akwesasne, Shawn Dulude, la situation géographique de la communauté la rend plus vulnérable à des activités de contrebande.

En raison de l’endroit où nous sommes, les criminels tenteront toujours d’exploiter notre collectivité, a déclaré M. Dulude.

Des risques posés à la santé de la communauté

Au cours des derniers mois, le chef de la police mohawk d’Akwesasne Shawn Dulude dit avoir remarqué que de plus en plus de personnes ont tenté de fuir la police après avoir été repérées, que ce soit dans des cours de résidences privées ou encore dans la rue.

Quoi qu’il en soit, tout passage clandestin pose de graves risques pour la sécurité et la santé de la communauté d’Akwesasne, explique-t-il, surtout compte tenu de la situation actuelle avec le variant Omicron.

Les ressortissants étrangers qui entrent dans le pays comme ils le font ne savent souvent pas s’ils sont infectés ou non, avance Shawn Dulude.

« Il y a des gens de tous les milieux et de différentes parties du monde qui viennent ici. [...] Nous voulons simplement nous assurer que tout le monde est en sécurité. »

— Une citation de  Shawn Dulude, chef du Service de police mohawk d'Akwesasne

Les activités illégales susceptibles de se poursuivre

Le grand chef d’Akwesasne, Abram Benedict, partage les préoccupations du chef de la police mohawk de sa communauté, en plus d’ajouter, lui aussi, que ce type d’activité illégale est un problème constant dans la région.

Au-delà de la propagation potentielle de la COVID-19 dans la communauté, il dit que, souvent, peu d’informations sont connues sur les ressortissants étrangers qui entrent dans la région.

Il avance toutefois que dans de nombreux cas, [ils] ont un casier judiciaire, des raisons de non-admissibilité dans ces pays.

« La traite des personnes ou le passage de clandestins dans notre collectivité nous préoccupent au plus haut point, indique-t-il. »

— Une citation de  Abram Benedict, grand chef d'Akwesasne

Selon M. Benedict, la traversée illégale de la frontière s’effectue dans des circonstances extrêmement dangereuses, que ce soit au milieu de la nuit ou dans des conditions météorologiques extrêmes qui créent un plus grand risque pour ces personnes.

Le grand chef d’Akwesasne Abram Benedict et le chef du service de police de la communauté Shawn Dulude ne prévoient pas la fin de ce type d’activité illégale. Néanmoins, la police d’Akwesasne entend continuer à procéder à des arrestations.

Un panneau indiquant la direction des États-Unis et d'Akwesasne à la frontière

Un panneau indiquant la direction des États-Unis et d'Akwesasne à la frontière, dans la région de Cornwall, en Ontario (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) dit ne pas pouvoir commenter les cas particuliers, selon sa porte-parole Judith Gadbois-St-Cyr dans une déclaration à Canadian Broadcasting Corporation.

Elle ajoute toutefois que l’agence fédérale prend très au sérieux ses responsabilités en matière de sécurité nationale et frontalière, ce qui comprend la gestion et l’application des politiques d’immigration.

Les personnes qui enfreignent les lois canadiennes en matière d’immigration sont passibles de conséquences graves, notamment d’accusations criminelles, d’amendes imposées par les tribunaux, de probation, d’emprisonnement et d’un casier judiciaire, est-il écrit.

La déclaration ne dit pas ce que fait l’Agence des services frontaliers du Canada pour renforcer la sécurité dans l’est de l’Ontario ou dans l’ouest du Québec.

D’après les informations de Nicole Williams

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