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Maude Cyr, une ultra-marathonienne aux prises avec le syndrome post-COVID-19

En un an, 2600 Britanno-Colombiens se sont présentés dans quatre cliniques traitant ce syndrome qui touche entre 10 % et 30 % des personnes frappées par la COVID, selon des études.

Maude Cyr court dans la neige.

L'ultramarathonienne Maude Cyr a recommencé à s'entraîner, mais souffre encore de séquelles de la COVID-19 de longue durée.

Photo : Radio-Canada / Benoît Ferradini

Maude Cyr a eu des symptômes modérés quand elle a eu la COVID-19, en janvier 2021. Mais de nouveaux symptômes sont apparus rapidement après sa guérison de l'infection initiale, et certains persistent, 12 mois plus tard.

Anxiété, syndrome post-traumatique, difficulté à se concentrer : le quotidien de Maude Cyr, résidente de Pemberton, en Colombie-Britannique, a été bouleversé depuis sa maladie. Aujourd'hui, ses symptômes ne sont plus aussi éprouvants qu'il y a quelques mois, mais ils n'en restent pas moins présents.

C'est une maladie, dans le fond, qui est invisible, dit Maude Cyr. Ça ne paraît pas : je parle comme avant, finalement, mais, à l'intérieur de moi, les idées ont du mal à s'organiser.

Les six premiers mois particulièrement éprouvants

Maude Cyr a eu des troubles visuels, a perdu des cheveux, et le plus handicapant pour cette ultra-marathonienne accomplie, ce sont les troubles musculaires. Elle n'était plus capable de s'entraîner comme elle le voulait, et, celle qui termine fréquemment sur les podiums a dû abandonner tous ses objectifs de course.

Maude Cyr lit dans un fauteuil.

Un an après avoir contracté la COVID-19, l'ultramarathonienne Maude Cyr a encore des difficultés à se concentrer, notamment quand elle lit.

Photo : Radio-Canada / Benoît Ferradini

Ce n'est qu'en novembre 2021 que Maud Cyr a été orientée vers une clinique de traitement des cas du syndrome post-COVID-19, communément appelé COVID longue. Quand j'allais voir les médecins, ils ne savaient pas quoi faire, explique-t-elle. Ils m'ont dit d'attendre. Il y en a qui m'ont dit que c'était une dépression, il y en a qui m'ont dit que c'était peut-être un burnout (épuisement).

À la clinique de traitement des cas de COVID-19 de longue durée de l'Hôpital St-Paul's de Vancouver, la directrice médicale, Adeera Levin, explique que 75 à 80 % des patients voient une amélioration de leurs symptômes après 6 mois. D'autres récupèrent après 9 mois, ajoute-t-elle. Ce qu'on observe, comme dans beaucoup de maladies, c'est la variabilité.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

2600 patients victimes de la COVID de longue durée

La clinique de St-Paul's fait partie d'un réseau de 4 cliniques de traitement du syndrome post-COVID-19 en Colombie-Britannique créé en janvier 2021. En un an, les 25 à 30 médecins et chercheurs qui travaillent dans ces cliniques ont vu 2600 patients.

On étudie le rôle de l'inflammation, ou encore de la génétique, dit le Dr Adeera Levin. Qu'est-ce qui fait que les patients répondent à la maladie comme ils le font? Pourquoi un patient répond-il d'une certaine manière et un autre qui a le même virus avec la même gravité quitte-t-il l'hôpital indemne?

De 10 à 30 % des malades touchés par le syndrome post-COVID-19

Les scientifiques n'ont pas encore beaucoup de réponses. Les raisons pour lesquelles certaines personnes sont atteintes de la COVID de longue durée restent une énigme. Certaines études affirment que 10 % des malades de la COVID-19 vont souffrir d'une forme du syndrome. D'autres études mentionnent plutôt 20 à 30 %.

Katy McLean fait des exercices de physiothérapie dans son salon.

Katy McLean est trop fatiguée pour sortir de son appartement plus d'une fois par semaine.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Selon Katy McLean, l'une des patientes de la clinique de l'Hôpital St-Paul's, il y a un manque d'information et d'intérêt par rapport à la forme chronique de la COVID-19.

Les responsables de la santé ne parlent pas vraiment du côté chronique de la COVID-19, explique-t-elle. Ils parlent surtout de la forme aiguë de la maladie. Les hospitalisations, les décès, les cas. Je pense que les gens ne sont pas tous au courant qu'ils peuvent aussi être atteints d'une forme chronique de COVID.

Dix-sept mois après son diagnostic, Katy McLean a toujours du mal à marcher et souffre de fatigue intense.

« J'utilise une canne, une marchette, et parfois un fauteuil roulant. »

— Une citation de  Katy McLean

Les patientes comme Katy McLean et Maude Cyr sont régulièrement traitées, étudiées et rassemblées en groupes de discussion, ce qui leur apporte un soutien émotionnel dont elles ont grandement besoin.

Il y a trois groupes, raconte Maude Cyr : brouillard mental, fatigue chronique et restrictions pulmonaires. Donc, moi j'ai le brouillard mental et je rencontre des personnes qui sont dans la même situation que moi. Et puis, c'est tellement énorme de sentir que je ne suis pas la seule là-dedans!

Toutefois, le plus important, pour Maude Cyr comme pour Katy McLean, c'est que le public soit mieux informé sur les risques du syndrome post-COVID-19.

Moi, j'espère que ça soit reconnu officiellement, pour que les gens soient de suite dirigés vers les traitements, qu'ils se rétablissent mieux et qu'ils vivent mieux avec leurs troubles, conclut Maude Cyr.

Carte montrant les cas de coronavirus par pays

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