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Une pétition pour protéger la forêt Racine-Vauvert à Dolbeau-Mistassini

Des arbres dans une forêt l'hiver.

Le Mouvement citoyen pour préserver la forêt naturelle de Racine-Vauvert a lancé une pétition en ligne réclamant de protéger le secteur.

Photo : Avec l'autorisation de Marie-Claude Brassard

Un mouvement citoyen de Dolbeau-Mistassini demande de protéger la forêt du secteur Racine-Vauvert, en bordure du lac Saint-Jean, et d’arrêter son exploitation forestière. Aucune coupe n’y aura lieu cette année, en attente du plan de développement du secteur, assure de son côté la MRC de Maria-Chapdelaine.

Une pétition en ligne demandant à la Municipalité régionale de comté et aux élus de Dolbeau-Mistassini de mettre fin aux coupes forestières et d’entreprendre des démarches auprès de Québec afin de protéger le secteur a été lancée il y a une semaine par le Mouvement citoyen pour préserver la forêt naturelle de Racine-Vauvert.

La pétition avait récolté plus de 7600 signatures jeudi en début de soirée. Le mouvement réclame également que la forêt ait une vocation qui soit uniquement récréotouristique.

Marie-Claude Brassard est l’instigatrice du mouvement, qui a vu le jour à la fin du mois de décembre. La résidante du secteur Vauvert, à Dolbeau-Mistassini, a décidé de lancer le groupe après être tombée sur un secteur où des coupes forestières étaient en cours, alors qu’elle faisait de la raquette. Elle a interpellé d’autres citoyens et utilisateurs du secteur.

« La forêt Racine-Vauvert représente 4 % de toutes les TPI [terres publiques intramunicipales] de la MRC et c’est aussi là où on retrouve la dernière forêt naturelle ancestrale en bordure du lac Saint-Jean, mis à part la forêt de la pointe Taillon. »

— Une citation de  Marie-Claude Brassard

Elle estime que la protection du secteur, qui est un dossier qui traîne depuis longtemps , n’empêcherait pas la Municipalité régionale de comté de tirer des revenus de ses autres secteurs de coupes sur les territoires dont elle a la gestion. 

Des arbres coupés et empilés en bordure d'un chemin forestier l'hiver.

Marie-Claude Brassard, une résidante du secteur, a décidé de lancer le mouvement après être tombée sur un secteur de la forêt Racine-Vauvert où des coupes forestières étaient en cours, alors qu’elle faisait de la raquette en décembre.

Photo : Avec l'autorisation de Marie-Claude Brassard

On ne veut pas que la Municipalité régionale de comté arrête de faire de la foresterie sur ses terres publiques, a précisé Mme Brassard.

Le mouvement regroupe une poignée de citoyens , indique-t-elle, et est également en relation avec des membres de la Corporation d’aménagement intégré Racine-Vauvert.

L’instigatrice du mouvement compte envoyer vendredi la pétition à la Municipalité régionale de comté et à des élus de Dolbeau-Mistassini. Elle espère que le mouvement recevra une invitation pour discuter du dossier.

Aucune coupe en attente du plan de développement

Le préfet de la Municipalité régionale de comté de Maria-Chapdelaine, Luc Simard, a indiqué qu’aucune récolte n’aura lieu cette année dans la forêt de Racine-Vauvert, jusqu’à ce que le plan de développement du potentiel touristique du secteur soit mis en place en collaboration avec Dolbeau-Mistassini, dans une lettre publiée sur la plage Facebook de la Municipalité régionale de comté, jeudi, en réponse à la pétition.

Les dernières récoltes forestières ont eu lieu en décembre et aucune n’était déjà prévue en 2022 jusqu’à la réalisation du plan, dont la livraison est attendue à l’automne 2022 après des consultations, a précisé le préfet Luc Simard, en entrevue avec Radio-Canada.

Il dit comprendre difficilement ce qui a amené le mouvement à lancer une pétition. De mettre ça sur la place publique, oui c’est quand même relativement nouveau, parce qu’on a régulièrement des discussions avec les intervenants locaux, entre autres de la Corporation d’aménagement intégré Racine-Vauvert, qui a des sentiers de ski de fond dans le secteur, a-t-il mentionné.

Trois blocs de coupes ont été retirés volontairement, par exemple, dans la dernière année, pour éviter de toucher des sentiers.

La protection de la forêt de Racine-Vauvert n’est cependant pas une option à ses yeux.

« On ne veut pas non plus faire de précédent, qui ferait en sorte qu’on aurait à protéger du territoire partout. Là, je pense qu’il faut qu’on s’assoie plutôt ensemble et qu’on regarde comment on peut faire des interventions plus ciblées, plus intelligentes, et ça, on est très ouvert. On le fait déjà, parce qu’on fait de la foresterie à petite échelle. »

— Une citation de  Luc Simard

350 000 $ en revenus pour la MRC

L’exploitation forestière du secteur représente en outre 350 000 $ en revenus annuels pour la Municipalité régionale de comté, indique le préfet Luc Simard. Cette somme est réinvestie dans différents projets. Des coupes n’ont toutefois pas lieu chaque année dans le secteur de 2800 hectares. La Municipalité régionale de comté a tiré 1,75 M$ en revenus de ses secteurs en exploitation forestière, l’année dernière.

La Municipalité régionale de comté récolte environ 20 000 m3 de résineux, principalement du pin gris, par année dans le secteur de Racine-Vauvert. De la mortalité est observée dans ce peuplement de pin gris, une essence qui se régénère habituellement après un incendie, explique-t-il.

Un équilibre possible, estime Sylvain Gaudreault

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui est également porte-parole du Parti québécois en matière d’environnement, s’est dit impressionné vendredi par le nombre de signatures récoltées en peu de temps par le mouvement citoyen.

Il estime que la gestion du territoire doit se faire de façon concertée et qu’un équilibre est possible entre sa protection et son développement économique.

Je pense que les activités récréotouristiques, mais aussi de miser sur ce qu’on appelle le capital naturel, donc de préserver ou de maintenir une forêt comme ça, ça a aussi des avantages économiques, et c’est ça aussi qu’il faut faire ressortir, a-t-il souligné. Maintenant, pour ce qui est du détail, pour ce qui est des usages multiples, entre le développement forestier et le récréotouristique, c’est aux gens de la place de s’entendre là-dessus. Il y a moyen d’avoir une compatibilité entre les deux.

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