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Tramway : candidatures d’Alstom et de Siemens, une réussite « modeste » selon des experts

Une esquisse du futur tramway

Le futur tramway s'arrêtera à l'Université Laval. (archives)

Photo : Ville de Québec

La Ville de Québec a su rallier les deux principaux joueurs de l'industrie pour son tramway sans toutefois créer la surprise.

La Ville de Québec a dévoilé jeudi le résultat de son appel de qualification pour le volet matériel roulant de son projet de tramway. Dans son communiqué, la Ville se réjouit d'avoir réussi à recruter Alstom et Siemens, deux joueurs de calibre international, souligne-t-on. Ce succès assurera le meilleur projet au meilleur prix, est-il écrit.

Pour Leandro Coelho, professeur à la Faculté des sciences de l’administration à l’Université Laval, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en logistique intégrée, de voir le projet de tramway franchir une étape est certainement un élément positif pour la Ville, mais ce succès est modeste, explique-t-il en entrevue à Radio-Canada.

Avec seulement deux groupes intéressés au projet, la concurrence sera moins forte qu'espérée.

« On parle d'un succès modeste, ce n'est pas ce qu'on attendait, mais le projet avance. On a toujours deux entreprises qui sont intéressées. Ce n'est pas un cas de monopole. On va avoir une petite compétition. »

— Une citation de  Leandre Coelho, professeur à la Faculté des sciences de l’administration à l’Université Laval

Alstom et Siemens connaissent déjà le projet de la Ville de Québec. Tous les deux s'étaient qualifiés lors de la première version du processus d'approvisionnement qui a échoué le printemps dernier. Cette fois-ci, ils doivent se qualifier exclusivement pour le volet matériel roulant qui comprend la conception, la fourniture et l'entretien des rames.

L'expert est d'avis qu'ils réussiront à franchir cette étape qui mènera à l'appel de proposition d'ici quelques semaines.

Lettre du maire

Le maire Labeaume avait dévoilé en novembre les raisons derrière cet échec. Dans une lettre à l'attention du premier ministre François Legault, il reprochait l'intervention du gouvernement du Québec dans le processus en imposant une nouvelle clause pour s'assurer que la majorité des pièces du tramway seraient fabriquées en sol canadien ou européen.

Régis Labeaume

Régis Labeaume (archives)

Photo : Radio-Canada

Selon Régis Labeaume, cette décision venait éliminer plusieurs joueurs potentiels intéressés par le projet. Il prédisait qu'avec les mêmes critères, ce serait les mêmes joueurs que l'on retrouverait sur la ligne de départ.

Une opinion que partage Gilles Levasseur, professeur en gestion et en droit à l'Université d'Ottawa. Ce n'est pas une surprise, mais c'est devenu une déception, dit-il. Selon lui, l'absence de diversité chez les fournisseurs dans les grands projets empêche même les plus gros joueurs à user d'imagination pour proposer le meilleur projet au meilleur prix.

« Ces deux groupes-là se battent tout le temps sur le même terrain. Ils se connaissent bien et savent ce que l'un et l'autre vont soumettre. »

— Une citation de  Gilles Levasseur, professeur en gestion et en droit à l'Université d'Ottawa

Ils arrivent avec des modèles préétablis, illustre-t-il. Il souligne qu'ils ont l'expérience et l'expertise pour réaliser des projets de cette envergure, mais ils n'ont pas la sensibilité du milieu où ils réalisent le projet. Il cite en exemple les problèmes d'Alstom avec le projet de train léger à Ottawa.

Pour se protéger, la Ville de Québec a tout intérêt à bien connaître son futur partenaire, croit son collègue Leandro Coelho. Apprendre des erreurs des autres, c'est toujours mieux que d'apprendre de ses propres erreurs.

Vigilance

Les deux experts s'entendent pour dire que la Ville de Québec devra se montrer extrêmement vigilante face à ses deux géants de l'industrie.

Le projet enregistre déjà des délais et des dépassements de coûts. L'inflation pourrait devenir un enjeu.

Gilles Levasseur rappelle qu'il sera extrêmement important que la Ville mette sur papier les conditions et les conséquences du non-respect du contrat. Écrivez les indicateurs de performance, les pénalités, les obligations, et qui va payer pour la facture si les rendements recherchés ne sont pas respectés.

Repousser l'échéancier

Dans son communiqué, la Ville annonce qu'elle prolonge de quelques semaines le second appel de qualification qui concerne la conception, la réalisation et l'entretien du projet. Ce n'est pas la fin du monde, pense M. Coelho.

Il estime que si cette prolongation permet d'attirer plus de joueurs, mais une bonne nouvelle. Ça risque de donner une bonne conclusion pour la suite des choses.

La Ville a bon espoir que ce changement ne va pas entrainer de délais supplémentaires.

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