•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un record de nouveaux arrivants en Gaspésie et aux Îles

Deux personnes marchent sur le côté de la rue en hiver.

Le solde migratoire de la Gaspésie n'a pas été aussi élevé depuis 2001-2002 (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine enregistre son bilan migratoire le plus élevé des 20 dernières années. Il s’agit de son cinquième bilan migratoire positif en cinq ans.

On vient de regagner un nouveau village. C’est en ces termes que le directeur de la stratégie Vivre en Gaspésie, Danik O'Connor, qualifie le dernier bilan migratoire régional.

Quelque 1378 personnes supplémentaires se sont installées en Gaspésie et aux Îles entre juillet 2020 et le 1er juillet 2021.

Ce sont les données les plus importantes enregistrées par la région depuis que l’Institut comptabilise les données migratoires internes. C’est le double de ce qui a été observé durant la même période en 2019-2020.

Au cours de la dernière année, la population totale de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine a crû de 1,5 %. La région compte maintenant 92 100 habitants. C’est une croissance plus forte que la plupart des autres régions du Québec et c’est un résultat unique pour la région , fait valoir Anne Binette-Charbonneau, démographe à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Des résultats, mais aussi des efforts

Ces données sont accueillies avec enthousiasme dans les bureaux de Vivre en Gaspésie où on travaille depuis des années à attirer de nouveaux arrivants.

Ce n’est toutefois pas une surprise, avoue le directeur, Danik O’Connor. On s’en doutait depuis plusieurs mois. Certains indicateurs sur le terrain nous montraient qu’il y avait une augmentation de la population.

Marsoui

Les nouveaux arrivants se sont répartis assez également dans toutes les MRC.

Photo : Radio-Canada/JF Deschenes

C’est un revirement de situation complet pour la région qui pendant longtemps a lutté contre le déclin de sa population. On a vécu pendant de très nombreuses années avec des soldes migratoires négatifs, une population en diminution , rappelle Danik O’Connor.

La lutte au déclin démographie avait d’ailleurs été ciblée, en 2017, par les préfets comme l’enjeu majeur de la région.

Partout sur le territoire

Les nouveaux arrivants se sont répartis assez également entre chacune des Municipalité régionale de comté. Les gains démographiques varient de 290 personnes dans la MRC Avignon à 202 habitants supplémentaires dans la MRC de Bonaventure et 203 aux Îles-de-la-Madeleine.

Toutes les MRC sont aussi sorties gagnantes de leurs échanges migratoires et ont accueilli plus de nouveaux arrivants qu’elles ont enregistré de départs. C’est une des rares régions du Québec qui présente un tel bilan, relève Anne Binette-Charbonneau.

Aux Îles-de-la-Madeleine, le maire Jonathan Lapierre, souligne que sa communauté est aussi celle dont le taux de rétention est le plus important. Les gens qui s'installent dans l'archipel, y restent.

À titre d'exemple, 388 personnes ont choisi de s’établir aux Îles au cours de la dernière année pendant que 185 décidaient de quitter le territoire. Au cours des cinq dernières années, ce sont plus de 1700 personnes qui ont fait le choix de s’établir aux Îles, pour un solde positif total de 623.

Une jeune femme dans une camionnette identifiée aux couleurs bleues de la Gaspésie.

La Stratégie Vivre en Gaspésie a été très présente sur le territoire auprès des touristes au cours des étés 2020 et 2021 (archives).

Photo : collaboration Stratégie Vivre en Gaspésie

Danik O’Connor voit, dans cette distribution des nouvelles arrivants, le résultat du travail de son équipe, mais aussi celui des élus du territoire. Ça nous réjouit de voir que nos actions ont des résultats équivalents dans l’ensemble des MRC. De voir que c’est bien réparti sur le territoire, c’est encourageant pour les élus et l’ensemble des décideurs des MRC.

Des urbains qui deviennent ruraux

Les régions avec les grands centres urbains ont toutes vu leur bilan migratoire se détériorer , souligne la démographe de l’ISQ. Autrement dit, ce sont maintenant les grands centres urbains qui perdent des joueurs au profit de régions plus rurales.

À preuve, ce sont les échanges de population avec les régions de Montréal, de la Montérégie, de Lanaudière et des Laurentides qui ont été les plus profitables pour la Gaspésie au cours de la dernière année. Montréal enregistre d’ailleurs des pertes nettes de - 48 300 personnes dans ses échanges migratoires avec les autres régions administratives.

Les déménageurs seront rivés vers leur GPS afin de faciliter leur déplacement.

La majorité des nouveaux arrivants de la Gaspésie et des Îles vivaient dans un centre urbain.

Photo : Radio-Canada

Le solde migratoire est aussi positif dans tous les groupes d’âge sauf celui des 15-24 ans, ce qui s’explique par le fait que plusieurs jeunes vont poursuivre leurs études postsecondaires à l’extérieur de la région.

Des défis

La croissance n’est pas sans problème, admet Danik O’Connor. Ça amène de nouveaux défis et les nouveaux défis ce sera de s’assurer de loger un maximum de personnes et de s’assurer qu’il y aura des places en garderie pour tout le monde. Ces pénuries sont vécues dans l’ensemble du Québec, ajoute M. O’Connor.

Vivre en Gaspésie tentera au cours de la prochaine année de mettre son expérience en marketing et en campagne de promotion pour attirer des promoteurs qui pourraient construire des logements dans la région. Dès demain, dit-il, on remet les bottes de travail.

Le président de la Table des préfets de la Gaspésie et des Îles, préfet d’Avignon et maire de Carleton-sur-Mer, Mathieu Lapointe, ajoute que la solution aux pénuries de logements et de places en garderie viendra d’un effort collectif. Les municipalités doivent continuer le travail pour rendre le milieu encore plus attractif, dit-il.

Pour M. Lapointe, l’apport des nouveaux arrivants n’est pas seulement une donnée démographique.

Ces nouveaux arrivants, fait-il valoir, dynamisent le milieu, achètent des maisons qui étaient parfois inoccupées et viennent contrer la pénurie de main-d'œuvre.

Selon lui, la pandémie aura durablement changé les mentalités en accélérant les prises de décision comme celle de s’établir ailleurs.

Il observe que les nouveaux arrivants y pensaient parfois pendant deux ans avant de faire le saut et de s’établir dans la région. C'est passé de deux ans à six mois. Six mois plus tard, ils déménagent. Les gens ont arrêté d’attendre.

Pour lui, la Gaspésie restera une région intéressante pour tous ceux qui veulent un mode de vie axé sur le plein air et la nature.

Peu d'immigrants et beaucoup de personnes âgées

La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine a aussi fait des gains dans ces échanges avec les autres provinces du Canada et les pays étrangers.

La région attire toutefois très peu d’immigrants et ce sont principalement des résidents temporaires, travailleurs étrangers ou étudiants, qui constituent l’essentiel de ces 281 nouveaux résidents supplémentaires. C’est quand même le nombre le plus élevé pour la région depuis 2001-2002 , commente Anne Binette-Charbonneau.

Deux personnes âgées sont assises sur un banc, de dos.

La population est toujours vieillissante en Gaspésie et aux Iles.

Photo : Radio-Canada

Malgré cette embellie démographique, la région reste une des rares du Québec où le taux de décès est supérieur à celui des naissances.

Au cours de la dernière année, la région a donc enregistré 327 décès de plus que de naissances. Le fait est attribuable à la population vieillissante. La région compte 29 % de résidents âgés de 65 ans et plus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !