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Des mesures pour diminuer le nombre de fugues dans les centres d’hébergement pour jeunes

Le centre de réadaptation La Maison, à Rouyn-Noranda.

Le centre de réadaptation La Maison, à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Le nombre de fugues observées dans les deux centres de réadaptation et d’hébergement pour jeunes de l’Abitibi-Témiscamingue a chuté de façon importante depuis le début de la pandémie.

Selon des chiffres obtenus par Radio-Canada, du 1er avril 2018 au 31 mars 2019, un total de 375 fugues ont été comptabilisées, dont 355 au site l’Étape de Val-d’Or, les 20 autres étant répertoriées au site La Maison de Rouyn-Noranda.

D’avril 2019 à mars 2020, 270 fugues ont été enregistrées, en grande majorité au site de Val-d’Or.

Pour la première année complète de pandémie, d’avril 2020 à mars 2021, le nombre de fugues s’est limité à 140, une diminution de près de 50 % par rapport à l’année précédente.

La responsable des programmes de réadaptation avec hébergement au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, Marie-Claude Duval, reconnaît que la pandémie a eu un impact important sur cette diminution des fugues, mais ajoute que la publication du plan national pour contrer la fugue en centre de réadaptation a aussi contribué à améliorer la situation.

Les bureaux du Centre jeunesse de l'Abitibi-Témiscamingue à Val-d'Or.

Le Centre jeunesse de l'Abitibi-Témiscamingue à Val-d'Or.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Ce plan d’action là a été publié en 2018, donc on voit que de 2018 à 2019, il y a une baisse de 100 fugues de moins par année. Là ce qu’on observe, c’est une baisse significative parce qu’on avait commencé à appliquer le fameux plan d’action, notamment en nommant une personne responsable de la fugue, mentionne-t-elle.

Le premier confinement, qui s’est étalé de mars à mai 2020, a de toute évidence aussi eu son rôle à jouer.

Les jeunes ne pouvaient plus sortir du tout de l’établissement. Il n’était pas possible pour eux non plus d’aller à l’école, d’aller travailler ou d’aller dans leur milieu familial. Ça a été pour nous un vrai de vrai confinement, explique-t-elle.

Mme Duval ajoute que l’interdiction de se retrouver dans les rues durant la nuit a également représenté un facteur dissuasif pour les jeunes.

Avec un couvre-feu à Val-d’Or ou à Rouyn-Noranda de 20 h à 5 h du matin, rapidement on attire l’attention des policiers. Ajoutons à ça que les jeunes qui revenaient de fugue, comme on était incapable de tracer leurs contacts, devaient être confinés à l’intérieur de nos centres de réadaptation, alors il y a eu ça aussi comme dissuasion, indique-t-elle.

Baisse des signalements

Comme c’était le cas notamment avec les femmes victimes de violence conjugale, la crainte de voir le nombre de signalements diminuer avec le confinement était aussi présente chez les intervenants œuvrant auprès des jeunes.

Ce qu’on a observé et ce que les DPJ du Québec ont observé, c’est une baisse au niveau des signalements, mais nous avons aussi eu une baisse au niveau des admissions. Le plus clair de notre temps, on est en engorgement [les deux centres de la région ont une capacité totale de 95 jeunes] et pour la première fois depuis les sept dernières années, on a réduit de 30 % notre clientèle, relate Marie-Claude Duval.

« Les jeunes n’allaient plus à l’école et n’allaient plus travailler alors on a eu une inquiétude relative au fait qu’on nous signalait peut-être moins les jeunes. Pour nous, l’effet que ça a eu, c’est qu’on a eu moins de placements. »

— Une citation de  Marie-Claude Duval, responsable des programmes de réadaptation avec hébergement

Améliorer la qualité de vie dans les centres

Selon Marie-Claude Duval, l’arrivée de la pandémie et la mise en place du plan d’action pour contrer la fugue ont forcé les établissements à revisiter les programmations offertes afin d’améliorer la qualité de vie dans les centres.

Quand les écoles ont fermé, on devait vivre 24 heures par jour avec nos jeunes, donc on a revisité l’ensemble de la programmation. En plus des activités de réadaptation et éducatives, on a ajouté des activités ludiques et un peu plus à la mode et ça a eu un effet très positif, les jeunes ont beaucoup apprécié, affirme-t-elle.

Avec ces améliorations, Marie-Claude Duval se montre optimiste de voir le nombre de fugues demeurer plus bas, même si une légère hausse est attendue pour l’année financière 2021-2022.

Je l’espère vraiment. Il y a beaucoup d’énergie qui est mise à garder nos jeunes en place et favoriser leur réadaptation le plus rapidement possible. Les statistiques qui seront déposées en avril prochain seront au-delà des 141 fugues, mais ce ne sera pas non plus une statistique catastrophique ou inquiétante, soutient-elle.

Mme Duval rappelle que la majorité des fugues durent moins de 24 heures et que seule une minorité des jeunes hébergés a tendance à fuguer.

On héberge environ 240 jeunes différents par année et la majorité ne fugue pas. C’est à peu près 15 % de la clientèle qui fugue et qui constitue la statistique, conclut-elle.

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