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Qui dit trottoirs gelés, dit blocs opératoires débordés, confirment des chercheurs

Une piétonne tombée sur le trottoir.

Les risques de chute augmentent l'hiver en raison des rues et des trottoirs glacés.

Photo : iStock

La plupart des Canadiens savent que marcher sur les trottoirs glacés ou enneigés peut être périlleux. Un simple pas de travers peut rapidement mener aux urgences. Et si ce risque pouvait être anticipé? C’est le défi qu’ont décidé de relever deux chercheurs de l’Université de Calgary.

Quand j’étais résident [en médecine] en 2004-2005, j’avais l’impression que je n’avais qu’à regarder à travers la fenêtre de ma maison pour savoir si j’allais être de retour pour souper, raconte le Dr Neil White, aujourd'hui chirurgien orthopédiste et professeur adjoint à l'École de médecine Cumming, de l'Université de Calgary.

Avec Martina Vergouwen, étudiante à la faculté de sciences infirmières de l’université, il a réussi à créer un modèle permettant de prédire l’augmentation des opérations chirurgicales orthopédiques dues à des accidents provoqués par les conditions météorologiques.

C’est une chose que les Albertains savent et qu'ils vivent, mais il faut absolument avoir des données pour le confirmer, explique Martina Vergouwen.

Les deux chercheurs ont d’abord compilé tous les cas d'interventions orthopédiques et traumatologiques des hôpitaux de Calgary au cours des 11 dernières années, soit environ 41 000 cas, ainsi que les données météorologiques de l’Aéroport international de Calgary et du système d'information météorologique routière de l’Alberta pour la même période.

Avec l’aide du météorologue David Spence et du statisticien Eric Sayre, ils ont ensuite élaboré un modèle permettant de prédire la formation de la glace en fonction des cycles de gel et de dégel.

Les chercheurs ont finalement comparé les données météorologiques avec le volume d'opérations chirurgicales à des moments précis de l’année.

Résultat : le volume de traumatismes orthopédiques, comme les chutes, augmente de manière significative durant l’hiver. Par exemple, lorsqu'il y a de la glace qui se forme pendant trois jours consécutifs et de la neige qui tombe le troisième jour, le nombre d'opérations orthopédiques et traumatologiques augmente de 37 %.

Selon Neil White, la moitié des 41 000 cas étudiés étaient des fractures de la hanche ou de la cheville. Il ajoute qu'à Calgary il y a entre 70 et 80 opérations es orthopédiques imprévues de plus en décembre, comparativement au mois d'octobre.

Ces chiffres sont stupéfiants, lance-t-il.

Améliorer la gestion des hôpitaux

Les chercheurs affirment que l’outil qu’ils ont mis au point pourrait permettre aux hôpitaux de mieux organiser leurs ressources humaines en prédisant les moments de l’année qui seront plus occupés.

Ils expliquent qu’il n’est pas rare que le nombre de chirurgies orthopédiques et traumatologiques excède les ressources disponibles dans les hôpitaux, durant les périodes plus achalandées.

Tout le monde savait, de manière empirique, que nous pouvions prédire à quel point nous serions occupés à l’hôpital en fonction de la météo, mais nous ne planifions jamais en fonction de cela. Cela créait toujours la même surprise, déplore Neil White.

Je me demande comment le public réagirait s’il savait que le traitement qu’il reçoit pour une fracture de la cheville dépend du moment de l’année où il se blesse, ajoute-t-il.

Martina Vergouwen explique que, lorsque le volume des opérations augmente, il faut en effectuer davantage en dehors des heures réglementaires de travail, comme la nuit, ce qui n’est pas sans conséquence.

Lorsqu'on opère à minuit, on est plus fatigués. Donc, cela apporte plus de stress. Cela coûte également plus cher parce qu’il faut payer le personnel pour travailler la nuit, sans compter que des études ont démontré que les résultats sont parfois moins bons lorsqu’on opère la nuit, explique-t-elle.

Information et prévention

Les chercheurs sont également en train d'élaborer un indice de prévention des chutes afin de calculer les risques de glisser et de tomber en fonction des conditions météorologiques.

C’est un peu comme l'indice de la qualité de l'air ou l’indice UV sur notre téléphone. On pourrait voir, sur notre appareil, que le risque de tomber est élevé, par exemple [...] et prendre les mesures appropriées, explique Neil White.

La prochaine étape de leurs recherches des scientifiques consistera à valider leurs conclusions en analysant les données d’autres villes albertaines afin d'établir un plan d’action avec les autorités et les hôpitaux de la province.

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