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Comment préparer son enfant pour le retour à l’école

Une professeure en psychologie offre des conseils sur la façon de parler d'Omicron et de rassurer ses enfants.

Des élèves dans une cour d'école à Montréal.

Le retour en classe en personne a lieu le 17 janvier en Ontario et au Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Le retour en classe lundi dans plusieurs provinces est source de joie, mais aussi de stress pour beaucoup d'élèves.

La pandémie a eu un impact significatif sur la santé mentale de bien des enfants.

L'anxiété, la dépression et les troubles alimentaires sont en hausse, selon plusieurs rapports, sans parler des effets négatifs des cours en ligne sur l'apprentissage et le développement social, note le Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19.

Comment discuter avec son enfant de la multiplication des infections et des hospitalisations ainsi que du retour à l'école, en apaisant ses craintes?

Radio-Canada a demandé à la professeure en psychologie Nafissa Ismail, membre de l'Institut de recherche sur le cerveau de l'Université d'Ottawa, d'offrir des recommandations pour les parents.

La professeure Nafissa Ismail en entrevue sur Zoom.

La professeure en psychologie Nafissa Ismail incite les parents à discuter avec leurs enfants de la pandémie et à répondre à leurs questions, afin de les rassurer.

Photo : Radio-Canada

Mon enfant me demande : « Papa, pourquoi est-ce que je retourne à l'école même s'il y a beaucoup d'infections, alors que tu continues à travailler de la maison? » Que devrais-je lui répondre?

« C'est vrai qu'il y a une contradiction ici, mais il faut dire aux enfants que c'est pour le bien de leur éducation. Ils sont restés à la maison après les Fêtes parce que la situation était hors de contrôle, mais là, on a espoir que le tout commence tranquillement à se normaliser. Et les parents vont aussi pouvoir être de retour au bureau bientôt, on l'espère.

Entre-temps, c'est important quand même de pouvoir envoyer les enfants à l'école pour leur développement éducatif, mais aussi pour le développement sociocognitif qui est si important à cet âge-là.

Ce serait important de dire aux enfants que leur retour à l'école va se faire en toute sécurité avec les mesures qui sont en place en ce moment pour les protéger. Ça va être important pour eux de bien suivre ces nouvelles mesures et de garder en tête qu'ils retournent à l'école parce que c'est sécuritaire de le faire. »

On entend parler d'Omicron partout. Est-ce qu'on devrait parler de ce variant aux enfants ou leur donner le moins d'information possible à ce sujet pour ne pas les inquiéter?

« Les enfants ont besoin de savoir et de comprendre ce qui se passe autour d'eux parce que ce qu'ils ne comprennent pas va les stresser encore plus. C'est donc important de bien les informer. Toutefois, c'est vraiment à chaque parent de juger de la quantité d'information dont l'enfant a besoin et du moment propice pour la transmettre.

C'est sûr que, quand l'enfant n'est pas prêt ou qu'il est occupé dans sa tête avec d'autres choses, on ne veut pas transmettre ce type d'information. On veut le faire quand il est calme. On veut que l'enfant puisse avoir une conversation ouverte avec ses parents au sujet d'Omicron, de la pandémie, de la durée de la pandémie, des changements à venir.

C'est important que les enfants puissent aller chercher ce genre d'information dans des conversations avec leurs parents, parce qu'ils n'ont pas d'autre moyen d'aller la chercher. Et ce qu'ils ne comprennent pas, ce qu'ils ne connaissent pas va les stresser beaucoup plus que ce qu'ils comprennent. »

Lorsque mon enfant revient à la maison après l'école, comment m'assurer que son retour en classe s'est bien passé?

« Ça va être très important de continuer à garder des conversations ouvertes avec les enfants quand ils vont être de retour à l'école. Il faut s'informer de comment leur journée s'est passée, de comment l'apprentissage a eu lieu, de ce qu'ils ont aimé, de ce qu'ils ont moins aimé de leur journée.

Est-ce que notre enfant semble stressé par ce qui se passe, est-ce qu'il semble anxieux? Est-ce qu'il montre des changements sur le plan du comportement? On voudra peut-être intervenir, parler davantage de ça à notre enfant ou à un professionnel de la santé.

C'est important pour les parents de rester à l'écoute et de maintenir des conversations ouvertes, de toujours faire sentir à leurs enfants que ces échanges sont les bienvenus. »

Quels sont les signes à surveiller?

« Les parents sont toujours les meilleurs pour détecter des changements sur le plan du comportement des enfants. Il faudra prendre action si vous détectez des changements sur les plans de l'appétit, du sommeil, de la motivation de l'enfant, si vous trouvez qu'il prend moins de plaisir à s'engager dans des activités qu'autrefois il trouvait très plaisantes, si vous voyez qu'il se renferme un peu, qu'il parle moins, qu'il semble inquiet.

Tous ces changements comportementaux sont importants, et vos inquiétudes par rapport à ces changements sont valides. Alors, ça va être important de surveiller tout ça, d'en parler aussi avec l'enfant si ça persiste. C'est sûr que si ça arrive juste une journée, on ne s'en inquiétera pas trop. On a tous des sautes d'humeur.

Cependant, si ça persiste et si on croit que ça peut interférer avec les activités quotidiennes de l'enfant ou avec ses performances scolaires, ça va être important d'en parler à l'enfant, d'essayer de voir comment on peut gérer un peu ces signes-là.

Si on n'y arrive pas, c'est tout à fait correct de consulter. En tant que parent, on n'est pas psychologue, on n'est pas médecin, alors on n'a pas les connaissances nécessaires pour pouvoir gérer les enfants et les soutenir dans ces phases plus difficiles, plus stressantes. Il ne faut pas hésiter à consulter et à aller chercher de l'aide professionnelle. »

Y a-t-il des activités à faire avec les enfants pour les aider à affronter la pandémie?

« Oui. Si on cherche des façons de gérer le stress, de gérer un peu les anxiétés chez les enfants par rapport à tout ce qui se passe avec la pandémie, avec Omicron, on peut faire plusieurs choses pendant la fin de semaine pour les aider. Les activités physiques à l'extérieur, c'est toujours très, très avantageux, tant pour la santé mentale que pour la santé physique.

On peut aussi passer du temps en famille, faire des choses simples, jouer à des jeux de société, écouter un film en famille, se détendre et prendre le temps de faire le plein d'énergie.

Ce qui peut aider aussi, ce sont des techniques de yoga, de respiration, de relaxation. Ce sont des choses qu'on peut faire en famille, avec des enfants qui sont assez jeunes. Et ça les aide vraiment à se calmer, surtout avant l'heure du sommeil. Ça les détend et ils dorment mieux. »

Avec Omicron, on a l'impression d'être revenus à la case départ. Que peut-on dire à son enfant pour lui redonner espoir?

« Il est important de rappeler aux enfants qu'on se trouve encore dans cette situation, mais que c'est temporaire et qu'éventuellement on va s'en sortir. C'est pour ça qu'il y a toutes ces mesures restrictives en place : pour qu'on puisse retrouver le normal et gagner cette bataille contre Omicron et les autres variants. On va y arriver ensemble, en famille et en communauté, si chacun respecte les règles.

C'est important aussi d'utiliser ces moments-là qui sont quand même spéciaux. On est en train de vivre une période historique avec des moments qui ne vont peut-être pas revenir... Évidemment, on ne veut pas qu'ils reviennent, mais il faut essayer d'en tirer avantage pour les rendre un peu plus positifs. Il y a peut-être des activités qu'habituellement on n'a pas le temps de faire en famille. Là, maintenant qu'on est confinés et qu'on a plus de temps, peut-être que c'est le temps de s'engager dans ces activités-là en famille. Bref, on peut essayer de rendre ces moments-là un peu plus positifs et mémorables. »

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