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Le Canadien National veut que le Canadien Pacifique et KCS lui vendent une ligne

Une locomotive du CN sur un chemin de fer.

Le Canadien National mène une rude bataille commerciale contre son rival, le Canadien Pacifique, pour l'acquisition de la Kansas City Southern.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La Presse canadienne

Le Canadien National (CN) se réinvite dans la vente de Kansas City Southern (KCS) à son rival, le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP). Le transporteur ferroviaire montréalais demande aux autorités réglementaires qu'une ligne de KCS soit exclue de la transaction et lui soit vendue.

Le Canadien National demande au Surface Transportation Board (STB) de rendre l'achat de Kansas City Southern par le Canadien Pacifique conditionnel à la cession de la ligne de Springfield, qui relie Kansas City, dans le Missouri, aux municipalités de Springfield et de East St. Louis, en Illinois.

Le Canadien National allègue que le Canadien Pacifique et Kansas City Southern n'auraient pas l'intention d'investir dans la ligne de Springfield et qu'ils favoriseraient une ligne parallèle existante. La société montréalaise promet d'investir 250 millions de dollars américains dans la ligne, écrit-elle dans un avis d'intention déposé mercredi soir auprès du Surface Transportation Board.

Elle ne précise pas sur combien d'années ce montant serait investi. Selon elle, les investissements promis préserveraient la concurrence dans le marché du transport dans le Midwest.

Canadien Pacifique répond que les affirmations du Canadien National sont trompeuses. Nous n'allons pas réduire le service sur aucune ligne, y compris celle mentionnée, réagit l'entreprise dans un communiqué. Nous allons maintenir le service existant et nous n'allons pas rediriger l'achalandage vers d'autres lignes, contrairement à ce qu'affirme le Canadien National.

L'entreprise dit anticiper une augmentation du trafic de l'ordre de 30 % sur le trajet en question.

Une rude bataille

L'affrontement des géants canadiens du transport ferroviaire relance une rude bataille entre les deux rivaux au sujet de l'avenir de Kansas City Southern . Après une première offre en mars, le Canadien Pacifique a vu le Canadien National renchérir avec une offre que Kansas City Southern a jugé supérieure à la sienne.

L'offre a toutefois été abandonnée en septembre, lorsque le Surface Transportation Board des États-Unis a refusé au Canadien National le recours à une fiducie de vote pour son offre sur Kansas City Southern, affirmant que ce serait mauvais pour la concurrence. Les actionnaires de Kansas City Southern ont finalement approuvé en décembre l'offre de 31 milliards de dollars américains présentée par le Canadien Pacifique.

Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, estime que la cession d'actifs pourrait être une option logique, dans la mesure où le Surface Transportation Board accorde une grande attention à l'augmentation de la concurrence. L'analyste financier croit cependant qu'au moins quatre autres sociétés ferroviaires pourraient se montrer intéressées par une éventuelle cession.

Le Canadien Pacifique affirme que les actifs que lorgne le Canadien National représentent une part importante du plan stratégique de la nouvelle entité fusionnée. Après la transaction, Canadien Pacifique veut dégager près d’un milliard de dollars américains de synergies en trois ans en concurrençant les transporteurs ferroviaires locaux et l'industrie du camionnage.

M. Poirier croit toutefois que la cession de la ligne de Springfield ne changerait pas les aspects fondamentaux du projet d'acquisition du Canadien Pacifique.

À la Bourse de Toronto en fin d'après-midi, l'action du Canadien Pacifique gagnait 1,69 $, ou 1,78 %, à 96,43 $. L'action du Canadien National, pour sa part, reculait de 0,59 $, ou 0,38 %, à 153,46 $.

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