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De l’huile d’olive chaque jour pour réduire le risque de décès par certaines maladies

Une cuillère d'huile d'olive sur un fond noir.

La consommation d'huile d'olive est passée de 1,6 gramme/jour en 1990 à environ 4 grammes/jour en 2010.

Photo : iStock

Radio-Canada

La consommation de plus de 7 grammes (environ une demi-cuillère à soupe) d'huile d'olive par jour est associée à un risque plus faible de décès par maladies cardiovasculaires, cancers, maladies neurodégénératives et maladies respiratoires, montre une étude américaine menée auprès de 92 000 personnes.

L'objectif des travaux de la Dre Marta Guasch-Ferré et ses collègues associés à l’Université Harvard était d'évaluer à partir de deux cohortes prospectives d'hommes et de femmes comment la consommation d'huile d'olive influe sur les décès en général, mais aussi sur les décès reliés à des causes spécifiques

Ce type de cohortes suit dans le temps un groupe d'individus similaires, dont les habitudes par rapport à certains facteurs diffèrent, afin de déterminer comment ces derniers influent sur certains aspects de leurs vies.

Nos résultats soutiennent les recommandations diététiques actuelles visant à augmenter la consommation d'huile d'olive et d'autres huiles végétales insaturées, affirme dans un communiqué la Dre Marta Guasch-Ferré, l’auteure principale de l'étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Les médecins cliniciens devraient conseiller à leurs patients de remplacer certaines graisses, comme la margarine et le beurre, par de l'huile d'olive pour améliorer leur santé, ajoute la Dre Guasch-Ferré.

« Notre étude permet de formuler des recommandations plus spécifiques qui seront plus faciles à comprendre pour les patients et, espérons-le, à mettre en œuvre dans leur régime alimentaire. »

— Une citation de  Marta Guasch-Ferré

Dans leurs travaux, les chercheurs ont analysé les dossiers des participants qui n'avaient ni maladie cardiovasculaire ni cancer au début des cohortes en 1990. Pendant les 28 années de suivi, leurs habitudes alimentaires ont été évaluées par un questionnaire tous les quatre ans. Les volontaires devaient indiquer à quelle fréquence, en moyenne, ils consommaient certains aliments, et les types de graisses et des huiles qu'ils utilisaient pour cuisiner.

La quantité d'huile d'olive qu’ils consommaient a été calculée à partir de la somme de trois éléments du questionnaire : l'huile d'olive utilisée pour assaisonner la salade; l'huile d'olive ajoutée aux aliments ou au pain; et l'huile d'olive utilisée à la maison pour la cuisson et la friture.

Dans ces travaux, une cuillère à soupe équivalait à 13,5 grammes d'huile d'olive.

La consommation des autres huiles végétales et des matières grasses d’origine laitière a également été calculée.

Les chercheurs ont établi que la consommation d'huile d'olive est passée de 1,6 gramme/jour en 1990 à environ 4 grammes/jour en 2010. La consommation de margarine a diminué d'environ 12 grammes/jour en 1990 à environ 4 grammes/jour en 2010. La consommation des autres graisses est restée stable.

La consommation d'huile d'olive a été classée dans quatre catégories :

  • Jamais ou moins d’une fois par mois
  • De 0 à 4,5 grammes/jour (moins d’une cuillère à café)
  • De 4,5 à 7 grammes/jour (une cuillère à café à une demi-cuillère à soupe)
  • Plus de 7 grammes/jour (environ une demi-cuillère à soupe)

Les constats

Durant l’étude, 36 856 des participants sont décédés dans les deux cohortes.

Les personnes de la catégorie la plus élevée de consommation d'huile d'olive présentaient un risque de décès inférieur :

  • de 19 % par une maladie cardiovasculaire;
  • de 17 % par cancer;
  • de 29 % par une maladie neurodégénérative;
  • de 18 % par une maladie respiratoire.

De plus, l’analyse a aussi révélé que la substitution de 10 grammes par jour d'autres graisses, telles que la margarine, le beurre, la mayonnaise et les matières grasses laitières, par de l'huile d'olive était associée à une réduction de 8 % à 34 % du risque de décès. Aucune association significative n'a été constatée lorsque l'huile d'olive était remplacée par d'autres huiles végétales

Meilleure santé générale

Les données analysées montrent que les personnes ayant une consommation plus élevée d'huile d'olive (5 % des participants à l'étude) étaient souvent plus actives physiquement, et avaient des origines méditerranéennes. Elles étaient aussi moins susceptibles de fumer et consommaient plus de fruits et légumes par rapport à ceux ayant une consommation plus faible d'huile d'olive.

Il est possible qu'une consommation plus élevée d'huile d'olive soit un marqueur d'une alimentation globalement plus saine et d'un statut socio-économique plus élevé. Toutefois, même après avoir ajusté ces facteurs et d'autres facteurs de statut socio-économique, nos résultats sont restés grandement les mêmes, estime la Dre Guasch-Ferré.

Des questions à éclaircir

Pour sa part, la Pre Susanna Larsson de l’Institut Karolinska de Stockholm, qui n’a pas participé à ces travaux, affirme dans un commentaire accompagnant l’étude que celle-ci s’ajoute à la liste de plus en plus étoffée de données qui montrent que la consommation d'huile d'olive a des effets bénéfiques sur la santé. Reste que plusieurs questions demeurent. Les associations sont-elles causales ou trompeuses? La consommation d'huile d'olive protège-t-elle uniquement contre certaines maladies cardiovasculaires, comme les accidents vasculaires cérébraux et la fibrillation auriculaire, ou également contre d'autres maladies et d'autres causes de décès majeures? Et quelle est la quantité d'huile d'olive nécessaire pour obtenir un effet protecteur?, s’interroge la Pre Larsson, qui estime que d’autres recherches sont nécessaires pour répondre à ces questions.

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