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Troisième dose : l’Ontario a été plus efficace, admet Legault

Un site de vaccination affichant complet.

Le Québec aurait pu faire mieux en ce qui concerne l'administration de la troisième dose de vaccin anti-COVID, a admis le premier ministre Legault jeudi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

L'Ontario a déployé plus efficacement les troisièmes doses de vaccin contre la COVID-19, reconnaît le premier ministre du Québec, François Legault. « Des fois, on gagne; des fois, on ne gagne pas », a-t-il lâché en conférence de presse, jeudi.

Le premier ministre, qui venait d'annoncer le relâchement de certaines mesures sanitaires, s'est vu demander lors de la période des questions en anglais pourquoi le Québec était en retard par rapport à l'Ontario. C'est que, à l'heure actuelle, 37 % des Ontariens ont reçu leur troisième dose de vaccin, contre 28 % des Québécois.

Assis aux côtés de François Legault, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a d'abord expliqué que la santé publique québécoise avait prescrit un délai de six mois entre les doses, avant de réduire ce dernier à trois mois.

Après ça, nous avons accéléré, s'est félicité le ministre. Oui, nous sommes à 28 %, mais nous sommes à plus de 60 % dans la catégorie des 60 ans et plus.

M. Legault est alors intervenu pour déclarer que, selon lui, le Québec avait eu une bonne stratégie de déploiement des deuxièmes doses, mais que celle de l'Ontario était supérieure au regard des troisièmes doses. Pour la troisième dose, je dirais que la décision prise par l'Ontario était la meilleure, a-t-il reconnu.

« Évidemment, il y a beaucoup d'incertitudes entourant le virus, et [...] des fois, on gagne; des fois, on ne gagne pas. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Autre écueil dans la campagne de vaccination au Québec : plusieurs cliniques de vaccination, notamment à Montréal et en Montérégie, n'ont plus que du Moderna à offrir.

Or, le Comité consultatif national sur l’immunisation (CCNI) et le Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ) suggèrent aux 29 ans et moins de recevoir le vaccin de Pfizer, associé à un taux de myocardite ou de péricardite moins élevé, même si ce risque est minime.

Sur Twitter, le ministre Dubé a assuré avoir prévu le coup. Il y a du Pfizer en centres de vaccination, a-t-il assuré. On ne manque pas de vaccins.

Cela dit, une personne de 12 à 29 ans qui voudrait recevoir le vaccin de Moderna pourrait s’en prévaloir, après avoir été informée du risque légèrement plus élevé de myocardite avec ce vaccin, a précisé le ministre.

Professeur à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, Benoit Mâsse suggère aux jeunes en santé de ne pas attendre et d'accepter le Moderna. Considérant la transmission communautaire, attendre plusieurs jours, c'est se mettre à risque de contracter le virus, estime-t-il.

À compter de jeudi, c'est au tour des Québécois âgés de 25 ans et plus – qui ont été infectés ou non – de pouvoir prendre rendez-vous pour obtenir leur troisième dose de vaccin contre la COVID-19. Les personnes âgées de 18 ans et plus pourront quant à elle s'inscrire à compter de vendredi.

Enfin, la décision annoncée mercredi d'offrir une dose de rappel aux Québécois récemment infectés par la COVID-19 dès la fin des symptômes plutôt qu'au moins huit semaines après la disparition de ceux-ci continue de provoquer des froncements de sourcils chez les microbiologistes-infectiologues.

Après le Dr Karl Weiss, de l'Hôpital général juif, et la Dre Cécile Tremblay, du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), la Dre Caroline Quach-Thanh, du Centre hospitalier universitaire (CHU) Saint-Justine, a estimé à son tour jeudi que cette troisième dose était inutile pour les personnes ayant récemment contracté la maladie.

« En fait, l’infection protège de façon beaucoup plus large qu’une dose de vaccin, et habituellement, la protection à la suite de l’infection dure plus longtemps qu’une dose de vaccin. Donc, tout ça mis ensemble, il n’y a aucun bénéfice direct à aller chercher une troisième dose quand on vient d’avoir la COVID. »

— Une citation de  Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre et microbiologiste-infectiologue au CHU Saint-Justine

La décision annoncée mercredi découle d'une recommandation de la santé publique formulée par le Dr Horacio Arruda lundi, le jour même de sa démission, dans laquelle il évoquait entre autres la position du CIQ, qui n'élimine pas cette option, avait-il écrit.

En fait, la décision du Comité sur l'immunisation du Québec [dont la Dre Quach-Thanh est membre], c’était de dire : quand on a eu deux vaccins et une infection, la troisième dose n’était pas nécessaire, mais si jamais on la voulait, idéalement, on attendait deux mois après l’infection avant d’aller la chercher, a-t-elle précisé à ICI RDI.

La Dre Quach-Thanh convient toutefois que de nombreux Québécois, qui n'ont pas eu accès aux tests PCR, ne savent pas s'ils ont eu la COVID-19 pendant les Fêtes. Et c’est dans ce contexte-là où le gouvernement a décidé dire : bon, pour des questions d’équité, si vous n’êtes pas trop sûr, allez la chercher à la fin de vos symptômes.

Dans une déclaration transmise par courriel à Radio-Canada, le ministère de la Santé et des Services sociaux a reconnu jeudi que la décision avait été prise en raison des resserrements pour l’accès aux tests PCR et de la faible disponibilité des tests rapides.

Il n’y a pas de risque à recevoir une dose de rappel dès que la COVID-19 est guérie, mentionne-t-il. Cependant, un citoyen ayant reçu un résultat positif à la COVID pourrait décider d'attendre jusqu’à trois mois, soit le délai prescrit par la CIQ, avant d'aller chercher sa troisième dose.

Une façon plus homogène de stimuler la réponse immunitaire

Ce changement de cap du gouvernement vise en partie à uniformiser la réponse immunitaire collective, selon Benoit Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal et expert en virologie.

Si vous êtes infecté après deux doses de vaccin, il y a de fortes chances que votre réponse immunitaire soit aussi bien sollicitée que si vous aviez reçu votre troisième dose, donc vous serez protégé pendant quelques mois, mais en plus, une facette de cette réponse immunitaire sera plus spécifique au variant Omicron, a-t-il d'abord reconnu à Tout un matin, jeudi.

Mais on parle évidemment d’une moyenne. […] Certaines personnes, après infection, n’auront pas nécessairement une réponse aussi bien sollicitée que l’ensemble de la population.

Je crois que le gouvernement essaie justement d’aller chercher ceux chez qui la réponse immunitaire à la suite de l’infection n’est pas optimale, a ajouté le professeur Barbeau. Le vaccin, c’est une façon un peu plus homogène de stimuler la réponse immunitaire, a-t-il observé.

Avec les informations de Rose St-Pierre et de La Presse canadienne

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