•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tir de barrage des républicains contre Biden et son projet de réforme électorale

Chargement de l’image

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Agence France-Presse

Le président Joe Biden a essuyé un tir de barrage d'une violence rare de la part du chef des républicains au Sénat, mercredi, qui a rejeté avec force son idée de changer les règles parlementaires pour faire adopter deux lois qui doivent protéger l'accès au vote des Afro-Américains.

La tension politique a monté d'un cran à Washington cette semaine et Joe Biden a décidé de s'impliquer personnellement dans la bataille.

Indigne de sa fonction, démagogue, incohérent et erroné : en réagissant au plaidoyer de Joe Biden, qui a promis mardi de tout faire pour protéger le droit de vote des minorités, Mitch McConnell n'a pas retenu la moindre attaque.

Je n'ai pas reconnu l'homme à la tribune hier, a tancé le chef des républicains au Sénat, en référence au déplacement du président américain sur les terres de Martin Luther King.

Le ténor conservateur s'est insurgé contre les réformes électorales du président qui reviendraient selon lui à confier aux démocrates le contrôle des élections.

Le discours de Mitch McConnell dans l'hémicycle du Sénat est le signe criant que, à moins de 10 mois des élections cruciales de mi-mandat, tous les coups sont permis.

Critiques hilarantes, dit la Maison-Blanche

Joe Biden, présent au Congrès mercredi pour rendre hommage à un sénateur défunt, s'est empressé de répondre à celui qu'il a côtoyé de longues années dans les couloirs du Capitole : J'aime bien Mitch McConnell, c'est un ami, a-t-il lancé, un brin taquin.

Quelques minutes plus tard, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a qualifié d'hilarantes les critiques selon lesquelles le discours de Joe Biden mardi aurait pu être perçu comme offensant.

« Ce qui est bien plus offensant, c'est cette tentative de supprimer le droit fondamental des gens d'exercer leur droit de vote. »

— Une citation de  Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche

Le président américain, qui a choisi de mouiller sa chemise dans ce dossier, reviendra au Sénat jeudi pour échanger avec les démocrates sur la marche à suivre pour faire passer ses réformes.

Déjà adoptées à la Chambre des représentants, ses deux lois censées protéger l'accès au vote des minorités sont pour l'instant mort-nées au Sénat, où la majorité démocrate est bien trop étroite pour qu'elles y soient adoptées sans les républicains. À moins d'une réforme explosive des règles de la chambre haute, la menace que Joe Biden agite.

Chargement de l’image

Joe Biden s'est rendu mercredi au Sénat pour rendre hommage au défunt sénateur Harry Reid.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Pour la mettre à exécution, il lui manque encore le soutien de deux démocrates modérés, Joe Manchin et Kyrsten Sinema. Les deux y sont pour l'instant opposés, Joe Biden tente par tous moyens de les convaincre.

Baptisée Freedom to Vote Act, la première des deux réformes que les démocrates cherchent à adopter prévoit de rendre férié le jour de l'élection et d'élargir le vote par correspondance.

Elle annule en même temps une série de restrictions adoptées dans plusieurs États conservateurs depuis la présidentielle de 2020, comme l'interdiction en Georgie de distribuer des boissons ou des encas dans la file d'attente pour voter.

Plaidoyer d’élus afro-américains

Des ONG assurent que ces mesures adoptées par des républicains visent et discriminent particulièrement les Afro-Américains, qui ont très largement voté pour Joe Biden à la dernière élection.

La deuxième loi des démocrates interdit l'adoption de toute règle ayant pour conséquence de limiter l'accès au vote d'un groupe minoritaire, même si la discrimination n'est pas intentionnelle.

Espérant avoir un poids dans le débat, une quinzaine d'élus afro-américains ont aussi exhorté avec beaucoup d'émotion le Sénat, lors d'une conférence de presse mercredi, à adopter la réforme électorale de toute urgence pour protéger les droits des minorités.

C'est la chose la plus sacrée à laquelle je peux penser, a martelé mercredi l'élue noire Joyce Beatty, présidente de ce groupe parlementaire. La plus fondamentale.

L'ex-président démocrate Barack Obama a aussi apporté son soutien, déclarant dans une tribune publiée mercredi sur le site USA Today : Maintenant, il est temps pour le Sénat américain de faire ce qui est juste.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !