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Des Premières Nations en voie de reprendre le contrôle de leur éducation en C.-B.

Une bannière contenant des traces de main orange est déposée sur une table. Derrière, on voit des silhouettes d'enfants floues.

Le nouveau programme permettra aux communautés d’inclure des enseignements plus traditionnels au programme éducationnel des enfants.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Radio-Canada

La Première Nation Cowichan, sur l’île de Vancouver, est devenue la quatrième Première Nation à ratifier un accord avec Ottawa afin de reprendre le contrôle de l'éducation. Cet accord leur permettra notamment de définir ce qui se retrouve dans leur programme scolaire, les prérequis à la diplomation et les critères pour engager des enseignants.

Bien que l’éducation est une compétence provinciale au Canada, l’éducation des Autochtones est la responsabilité du fédéral. En 2006, une loi a toutefois été adoptée pour permettre aux Premières Nations de reprendre le contrôle de l'éducation de leurs enfants.

Après 15 ans de négociation, la loi portera bientôt fruit. En Colombie-Britannique, au moins quatre Première Nations reprendront le contrôle de leur éducation en 2022, soit les Nations Cowichan, Lil’wat, Seabird Island et la communauté ʔaq̓am de la Nation Ktunaxa.

Treize Premières Nations ont mené leurs propres négociations avec le gouvernement fédéral afin d’arriver à cet accord, ratifié par la Nation Cowichan le 9 janvier. Ottawa doit ensuite approuver cette demande d’ici la fin du mois, selon la négociatrice pour la Nation Cowichan, Stephanie Atleo.

Plus tard cette année, les quatre communautés de la province formeront un conseil afin de déterminer ce qui se retrouvera dans les programmes scolaires et ce qui constituera les qualifications nécessaires pour enseigner, indique-t-elle. Ces changements devraient être implantés dès l’année scolaire 2022-2023 dans les écoles gérées par les Premières Nations en question.

C’est vraiment un moment excitant pour nous de pouvoir reprendre un contrôle, une gouvernance sur l’éducation et travailler avec nos familles et nos enfants pour voir ce qui serait le mieux pour eux lorsqu’ils sont à l’école, souligne Stephanie Atleo.

Elle explique que ce nouveau programme permettra notamment d’inclure un enseignement plus traditionnel en ayant par exemple des classes d’histoire dans la montagne ou des classes de science sur l’eau.

« L’apprentissage basé sur la terre est important. Nos enfants vont apprendre en observant, en ressentant et en faisant. »

— Une citation de  Stephanie Atleo, négociatrice pour la Nation Cowichan

Même si ce futur programme ne sera pas le même que celui que suivent les jeunes Britanno-Colombiens dans le système scolaire public, le diplôme sera équivalent et les enfants qui passeront par ce programme spécifique aux Premières Nations pourront se qualifier pour entrer à l’université.

La Nation Cowichan espère également renforcer son partenariat avec le district scolaire voisin et partager son plan de cours pour permettre aux enfants qui vivent hors réserve ainsi qu’aux allochtones de profiter de ces enseignements.

Un accord vital

La professeure émérite à la faculté d’Éducation de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), Jo-ann Archibald Q’um Q’um Xiiem, souligne à quel point ces accords sont d’une importance vitale.

Cela permettra aux familles, aux aînés et aux membres des communautés d’aider à façonner l’éducation de leurs enfants, dit-elle, et avoir un contrôle sur l’éducation et ces services assurent qu’ils pourront s’impliquer et contribuer de manière significative.

Autant Jo-ann Archibald Q’um Q’um Xiiem que Stephanie Atleo considèrent qu’il s’agit là d’un véritable signe de réconciliation et elles espèrent que cela inspirera les autres communautés autochtones à travers le Canada à poursuivre dans la même direction.

D'après les informations de Kathryn Marlow

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