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Porcheries qui débordent : Olymel promet un retour à la normale en mars

Plusieurs cochons vivent à l'étroit dans une porcherie.

Des porcs prêts à être envoyés à l'abattoir doivent rester entassés dans leurs enclos en attendant une place dans un abattoir d'Olymel. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les porcs s’entassent plus que jamais dans les porcheries du Québec. Présentement, plus de 196 000 bêtes sont en attente d’une place dans un abattoir. Alors que les producteurs sont à bout de souffle et encaissent d’importantes pertes financières, Olymel assure avoir un plan pour rétablir la situation d’ici la fin mars.

Il faut reconnaître que la situation nécessite toute notre attention. On n'a pas le choix de le mentionner. 196 000 porcs en attente au Québec, c'est du jamais vu, affirme d’entrée de jeu le premier vice-président d’Olymel, Paul Beauchamp.

Le nombre de porcs en attente s’explique par la pénurie de main-d’œuvre, l’isolement de certains employés en raison de cas de COVID-19, mais aussi les jours fériés pendant le temps des Fêtes, qui a forcé l’arrêt des activités des abattoirs pendants plusieurs jours.

L’entrée en vigueur lundi du nouveau seuil de 20 % du nombre maximal de travailleurs étrangers dans les entreprises, plutôt que 10 %, et la réduction des périodes d’isolement reliées à la COVID-19 de 10 à 5 jours permet toutefois à Olymel d’être optimiste pour la suite.

On l’a constaté cette semaine. Il y avait des cas positifs la semaine dernière, mais après l'écoulement de la période de cinq jours, ces gens étaient à nouveau disponibles pour travailler avec nous, relate M. Beauchamp.

« Le plan d'écoulement devrait être en mesure de permettre d'attendre l'objectif de la mi-mars pour un retour à la normale. »

— Une citation de  Paul Beauchamp, premier vice-président d’Olymel
Des employés d'Olymel au travail.

Olymel verse une prime à ses employés durant la pandémie de COVID-19. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Pertes financières importantes

D’ici là, les porcs en surplus dans les porcheries pèsent lourd sur le portefeuille des éleveurs. Ceux-ci n’arrivent plus à vendre leurs animaux dans les délais prescrits et doivent continuer de les nourrir à grands frais pendant plusieurs semaines.

Chez nous, ce sont 200 000 $ cette année qu'on a laissés sur la table parce qu'on n'a pas été capables de sortir les porcs au bon moment. Pour une entreprise comme la mienne qui produit 6000 porcs par année, c'est énorme, déplore Louis-Philippe Roy, producteur de Saint-Michel-de-Bellechasse et deuxième vice-président des Éleveurs de porcs du Québec.

« Depuis deux ans, c’est très difficile. La COVID-19, les fermetures d'abattoir, la grève qu'on a eue cet été. On commence à être à bout de souffle. »

— Une citation de  Louis-Philippe Roy, 2e vice-président des Éleveurs de porcs du Québec
Louis-Phillipe Roy est producteur de porcs à Saint-Michel-de-Bellechasse et deuxième vice-président des Éleveurs de porcs du Québec.

Louis-Phillipe Roy, producteur de porcs de Saint-Michel-de-Bellechasse

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

M. Roy ne veut pas trouver des coupables, mais souhaite plutôt que l’ensemble de la filière porcine passe en mode solution. Selon lui, la main-d’œuvre est effectivement un aspect important du problème.

Ça va passer par le nombre de travailleurs étrangers qu'on va être capable d'aller chercher et de mettre dans nos usines pour passer plus de porcs chaque semaine. Les limites qu'on a à ce niveau nous font mal, même s'il y a eu une augmentation. On devrait abolir ces limites-là dans le secteur agroalimentaire, croit l’éleveur.

1800 travailleurs étrangers supplémentaires

Olymel affirme qu’elle recrutera 800 travailleurs étrangers temporaires d’ici l’automne. Pas moins de 1000 autres travailleurs sont ensuite attendus dans les mois qui suivront pour pourvoir les postes vacants dans l’ensemble de ses usines.

Il y en a déjà 300 identifiés. On attend que les papiers soient complétés pour acheter les billets d'avion, témoigne M. Beauchamp.

Paul Beauchamp premier vice-président d'Olymel.

Paul Beauchamp est le premier vice-président d'Olymel.

Photo : Radio-Canada

En parallèle, Olymel souhaite améliorer les conditions salariales de ses employés. On a ouvert les conventions collectives de plusieurs usines pour faciliter le recrutement et favoriser la rétention, précise-t-on.

Olymel continue également de rediriger des porcs et des porcelets vers d’autres provinces canadiennes et même vers les États-Unis.

On en fait plus que juste attendre les travailleurs étrangers temporaires, assure Paul Beauchamp.

Persévérer

Louis-Philippe Roy relate que plusieurs producteurs l’ont appelé dernièrement pour témoigner des situations difficiles auxquelles ils sont confrontés.

Les projets de développement sont sur pause et plusieurs éleveurs remettent en question l’avenir de leur usine.

M. Roy appelle les deux ordres de gouvernement à s'asseoir avec l’industrie pour trouver des solutions, mais invite surtout les producteurs à ne pas se décourager et à participer aux discussions.

Ce qu'on vit présentement, c'est un court laps de temps. Il faut juste trouver les bonnes solutions. L'industrie, c'est plusieurs milliards de dollars de retombées économiques. Il ne faut pas laisser une industrie comme ça aller , conclut-il.

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