Une plus grande indépendance réclamée pour la santé publique

En juillet, la médecin hygiéniste en chef la Dre Jennifer Russell et le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs ont posé à l'occasion de la levée de plusieurs restrictions sanitaires. (archives)
Photo : Twitter
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard, des chefs de l’opposition demandent à ce que la santé publique de leurs provinces respectives profite d’une plus grande indépendance face aux considérations politiques.
Il est important que la santé publique soit indépendante et que les politiciens répondent aux options et aux conseils qu'il fournit de manière à obtenir les meilleurs résultats possible
, explique Peter Bevan-Baker, chef du Parti vert de l’Île-du-Prince-Édouard.
Il faut s’assurer que les décisions soient prises sur la science et les questions épidémiologiques
, explique pour sa part le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson, qui indique que ce n’est pas le temps de pointer personne du doigt
.
Soyons honnête, je pense qu'il doit y avoir beaucoup plus d'indépendance.
Selon les deux chefs, la frontière entre la sphère politique et les décisions scientifiques est nébuleuse dans les deux provinces.
Le chef Roger Melanson demande entre autres à ce que la Loi sur l'état d'urgence soit levée, ce qui permettrait à son avis d'avoir un réel débat politique sur la gestion de la pandémie.

Le chef de l'opposition libérale Roger Melanson estime qu'une enquête sera nécessaire pour comprendre la façon dont les décisions politiques en lien avec la pandémie ont été prises.
Photo : Radio-Canada
Comme opposition officielle, nous avons demandé au gouvernement une fois la Loi sur l’état d’urgence soit levée, qu’on ait au Nouveau-Brunswick une révision indépendante de toute la gestion de la pandémie. On sait qu'il y a eu des bonnes décisions qui ont été prises, on sait qu'il y a eu des décisions moins bonnes et on sait qu’il y a certainement des décisions qui auraient dû être prises
, indique M. Melanson.
Mardi au Nouveau-Brunswick, la médecin hygiéniste en chef Jennifer Russell était accompagnée de la pdg du Réseau de santé Vitalité, la Dre France Desrosiers, du pdg par intérim du Réseau de santé Horizon, le Dr John Dornan, et de l’épidémiologiste en chef de la province, Mathieu Chalifoux afin de présenter aux médias les projections de la province sur l'évolution de la pandémie. Aucun politicien ne participait à cette présentation.
La santé publique conseille, le premier ministre décide
Selon Peter Bevan-Baker, il faut que les informations et propositions de la santé publique soient partagées à tous, pour que tous puissent juger sur quoi se base le gouvernement lorsqu’il impose ou non de nouvelles restrictions sanitaires.

La médecin hygiéniste en chef de l'Île-du-Prince-Édouard Heather Morrison et le premier ministre Dennis King lors de la conférence de presse du mardi 11 janvier 2022.
Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur
Nous ne pouvons pas voir les conseils que la Dre Morrison donne au premier ministre. Nous pouvons, cependant, voir les décisions que le premier ministre prend
, résume le chef de l’opposition officielle.
Pour une raison inconnue, le premier ministre refuse de partager avec le public les données scientifiques qu'il utilise pour prendre ses décisions.
Le public ne bénéficie pas de cette approche, ni la santé publique et la Dre Morrison qui sont souvent blâmées à tort pour les décisions politiques prises par le premier ministre et son cabinet
, estime le chef du Parti vert.
Une enquête après la tempête
De l’autre côté du pont de la Confédération, le chef du Parti libéral Roger Melanson indique que l’heure est à la gestion de la pandémie. Il propose de tenir une enquête lorsque l’état d’urgence sera levé dans la province.
Les décisions doivent être prises dans un contexte de santé publique, et une révision indépendante nous dirait si oui ou non, nous avons suffisamment d'indépendance entre le politique et la santé publique.

La médecin hygiéniste en chef Jennifer Russell et le premier ministre Blaine Higgs.
Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick
Comme partout au pays, la province insulaire et le Nouveau-Brunswick connaissent une augmentation importante des cas de COVID-19 ces derniers jours.
Au Québec, le départ du directeur de la santé publique, le Dr Horracio Arruda, a lancé un débat sur la gestion de la pandémie. Dans cette province, le directeur de la santé publique porte également le chapeau de sous-ministre adjoint à la Santé. Des politiciens ainsi que des médecins y ont demandé que ces rôles soient revus.


