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Les centres de réadaptation jeunesse débordés et sous pression dans la région

L'enseigne du centre jeunesse.

L'enseigne du Centre jeunesse et de réadaptation Bourgois, à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Les centres de réadaptation qui accueillent des jeunes en difficulté offrent des soins critiques. Le directeur adjoint en Mauricie et au Centre-du-Québec les appelle « les soins intensifs de l'âme ». Et à l'image des soins hospitaliers... là aussi, ça déborde. La pression est excessivement forte dans ces établissements confrontés à une surpopulation qui n'est pas sans conséquences.

Le manque de place demeure croissant ce qui génère une part de nos inquiétudes , confie Mathieu Bédard, directeur adjoint réadaptation, délinquance et hébergement jeunesse au CIUSSS MCQ.

« Je ne vous cacherai pas qu'on fait face à une pression énorme et qui ne cesse de croître depuis le début de la pandémie.  »

— Une citation de  Mathieu Bédard, directeur adjoint réadaptation, délinquance et hébergement jeunesse au CIUSSS MCQ

Les établissements, qui normalement peuvent accueillir environ 120 jeunes, sont actuellement en surcapacité d'une quarantaine de jeunes. Les centres de réadaptation Bourgeois à Trois-Rivières et Laforest à Drummondville sont particulièrement touchés.

Une enseigne et un bâtiment du centre jeunesse.

Le Centre jeunesse et de réadaptation Bourgois, à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Il n'y a pas de limites d'accueil estime Mathieu Bédard, dans la mesure où il est tenu d'héberger tous les enfants qui en ont besoin .

La situation préoccupe au plus au point le syndicat qui représente les éducateurs. Les intervenants découragés se retrouvent en hypervigilance , indique Jean-Christophe Côté-Benoit, directeur des communications pour l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) Mauricie et Centre-du-Québec.

Jean-Christophe Côté-Benoît devant la rue Des Forges au centre-ville de Trois-Rivières.

Jean-Christophe Côté-Benoît, représentant national de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) pour la Mauricie et le Centre-du-Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Les jeunes hébergés en centre de réadaptation sont aux prises avec des problématiques diverses, parfois extrêmes. Le centre de réadaptation est le dernier rempart. Dans l'état du système actuel, Jean-Christophe Côté-Benoit s'inquiète d'une situation où un jeune abusé, par exemple, pourrait se retrouver en contact rapproché avec un jeune abuseur.

On pense que la situation est extrêmement grave parce qu'on veut donner à ces jeunes-là la chance de se réhabiliter, de revenir en société de façon adéquate, mais on n'est pas dans des conditions gagnantes pour ça , dit-il.

Des moyens de fortune pour accueillir plus de jeunes

Devant la nécessité de fournir les services, les unités d'hébergement sont agrandies de l'intérieur avec l'installation de paravents notamment.

Ce sont des moyens de fortune , qui génèrent de l'anxiété selon Jean-Christophe Côté-Benoit.

« Il ne reste plus grande chose à ces jeunes-là quand on a un paravent pis un rideau pour conserver notre dignité. »

— Une citation de  Jean-Christophe Côté-Benoit, directeur des communications pour l’APTS Mauricie et Centre-du-Québec.

Il note que les locaux de retrait sont transformés en chambre, ce qui fait en sorte que les jeunes n'ont plus de lieux pour aller baisser les tensions .

Pour sa part, Mathieu Bédard insiste pour dire que la situation est temporaire et que les équipes sont stables. Ce n'est pas comme une chambre standard. Par contre, on met tout en œuvre pour assurer des services de qualité .

Des foyers temporaires toujours en place

C'est aussi le manque d'espace et la demande toujours croissante qui fait en sorte que le foyer de groupe dit temporaire à la base de plein air Ville-Joie l'est de moins en moins.

Je n'oserais pas dire que c'est une situation permanente, dit Mathieu Bédard. Mais c'est une situation qui requiert du moins qu'elle soit encore en cours. Ça c'est très clair. Et on imagine qu'elle va perdurer encore au moins une année .

La base plein air sous un manteau de neige en janvier.

La base plein air Ville-Joie accueille des jeunes de la Direction de la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Deux foyers, destinés à des jeunes de 6 à 12 ans, s'y trouvaient. L'un d'eux est toujours en place. L'autre a été déplacé ailleurs à Trois-Rivières. La direction de la base de plein air Ville-Joie voulait reprendre possession d'une partie de ses installations.

Le directeur général de Ville-Joie, Philippe Roy, maintient toutefois la collaboration avec le CIUSSS MCQ, bien conscient de l'ampleur des besoins. S'ils avaient pu toute prendre la base, ils l'auraient fait!

Toujours en recherche de familles d'accueil

Le CIUSSS MCQ continue de miser sur les familles d'accueil pour contrecarrer la forte pression qui se vit dans les établissements.

On réussit bon an mal an à recruter des familles d'accueil, mais évidemment, le travail qu'on réussit à faire, même si on travaille d'arrache-pied, n'est pas suffisant pour combler toute la demande .

« On continue de demander à la population intéressée de se manifester. »

— Une citation de  Mathieu Bédard, directeur adjoint réadaptation, délinquance et hébergement jeunesse au CIUSSS MCQ

Des rencontres d'informations ont lieu virtuellement plusieurs fois par mois.

Mathieu Bédard derrière son bureau.

Mathieu Bédard, directeur adjoint à l'hébergement jeunesse, réadaptation et délinquance, au Centre jeunesse et de réadaptation Bourgeois, à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

En conclusion, Mathieu Bédard lance un appel à la communauté, celui de ne pas prendre pour acquis que les enfants ou les adolescents vont bien . Dans un souci de prévention, il invite la population à se rapprocher, à s'informer des jeunes qui les entourent.

Être présent... une solution qui en apparence, peut sembler bien simple, mais qui peut, à termes, croit-il, contribuer à désengorger le système.

D'ici là, il estime qu'il doit une fière chandelle aux éducateurs qui cumulent le temps supplémentaire pour maintenir les services à flot. Ils ont toute ma reconnaissance parce que c'est grâce à eux qu'on passe au travers en ce moment , reconnaît le directeur.

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