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Une mère dénonce ses conditions d’isolement aux T.N.-O.

Une maison bleue en hiver.

Une mère et son nouveau-né atteint de la COVID-19 doivent s'isoler dans cette maison de trois chambres à coucher de Yellowknife.

Photo : Luke Carroll/CBC

Radio-Canada

En raison d'un diagnostic positif de COVID-19, une mère et son nouveau-né de Délı̨nę, aux Territoires du Nord-Ouest, sont forcés de s’isoler dans une habitation du gouvernement qui ne dispose pas des commodités d’usage.

La mère de famille dit qu'à son arrivée dans le logement elle a constaté qu'il y avait des cendres de cigarette dans une assiette, des draps sales sur le lit, pas de rideau de douche, pas de papier toilette ni de téléphone ou de connexion Internet.

Il n’y a aucune commodité dans cette maison, où je sens que je dois m’isoler avec mon nouveau-né, explique-t-elle dans un courriel. Elle a demandé que son nom ne soit pas mentionné, ce que Canadian Broadcasting Corporation a accepté pour des raisons liées au secret médical.

Elle affirme que son bébé et elle ont reçu un diagnostic positif pour la COVID-19 le 6 janvier et qu'ils ont développé de la fièvre. Ils ont alors été hospitalisés à Yellowknife pour s’assurer que l’état de l'enfant ne s'aggrave pas.

La mère a quitté l'hôpital avec son enfant le jour suivant, mais elle a eu pour consigne de s’isoler dans la capitale ténoise jusqu’au 16 janvier.

Peu d’options disponibles

Alors que les hôtels Explorer et Chateau Nova sont utilisés depuis le début de la pandémie comme centres d’isolement, la jeune mère n’a pas eu ces options.

On lui a dit qu’elle pouvait, à la place, s’isoler au motel Northern Lites, un lieu connu pour ses activités criminelles ou aux appartements Aspen, un lieu que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest réserve aux personnes qui n’ont nulle part où aller pour s’isoler. On lui a également proposé une maison à partager potentiellement avec des inconnus, ce qu'elle a fini par choisir.

La sœur de la nouvelle mère, qui tente de l’aider pendant cette période, a demandé au gouvernement territorial si elle pouvait payer afin que celle-ci puisse s’isoler dans l’un des deux hôtels mentionnés précédemment. On lui aurait répondu que cela n’était pas possible parce que ni l’Explorer ni le Chateau Nova n’accueille de personnes atteintes de la COVID-19.

La mère affirme, toujours dans son courriel, que la situation n’a aucun sens.

« Vu qu’il s’agit de centres d’isolement, on peut parier qu’il y a plusieurs personnes considérées comme des cas positifs qui logent là-bas. »

— Une citation de  Une mère originaire de Délı̨nę, aux Territoires du Nord-Ouest

Elle ajoute qu’il est injuste que ces hôtels acceptent que les voyageurs venant du Sud s'isolent, mais qu’ils n'acceptent pas une personne originaire d’une communauté ténoise qui en a besoin.

Après que la mère eut découvert l’état de la maison dans laquelle elle devait rester, sa sœur a demandé au gouvernement de la transférer, soit au motel Northern Lites, soit dans les appartements Aspen. Elle assure qu’on lui a dit que le premier était plein et que le deuxième n’avait plus que des lits d'appoint de libres.

Elle affirme qu’en date du 11 janvier, il n’y a toujours pas l’Internet ni le téléphone et que personne n’est venu nettoyer le logement.

L'importance d’avoir de la famille sur place

En plus de sa soeur, d’autres membres de la famille de la jeune mère sont venus déposer des produits nettoyants et de la nourriture pour elle et son nouveau-né. Le gouvernement lui a fait livrer, devant sa porte, un petit déjeuner qui a gelé.

La sœur de la jeune femme est inquiète et se demande ce qu’il se passe pour les membres des communautés qui n’ont pas de famille à Yellowknife : J’espère qu’ils peuvent avoir le téléphone. Les personnes qui viennent des communautés n’ont souvent pas de téléphone portable ou n’ont pas de membres de leur famille dans la communauté sur qui compter.

Canadian Broadcasting Corporation a demandé une entrevue avec la première ministre ténoise, Caroline Cochrane, qui est chargée du Secrétariat pour la COVID-19. Trista Haugland, l’attachée de presse du gouvernement, a transmis la requête au versant opérationnel du Secrétariat.

Lors d’une conférence de presse, mercredi, Conrad Baetz, le directeur des politiques et des services généraux du Secrétariat pour la COVID-19, a assuré que tout est fait pour répondre aux besoins des personnes qui doivent s’isoler dans les structures mises en place par le gouvernement.

Il a ajouté que les voyageurs qui ne sont pas déclarés positifs peuvent s’isoler dans les deux hôtels prévus à cet effet. Actuellement, les personnes ayant reçu un diagnostic positif vont dans des lieux différents.

Avec des informations de Luke Carroll

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