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Retour en classe : le casse-tête français

Une grève des enseignants se tient ce jeudi partout en France pour protester contre les politiques gouvernementales concernant la gestion de la pandémie de COVID-19 dans les écoles. Près de la moitié des écoles primaires pourraient être fermées.

Une employée désinfecte le couloir d'une école de Nice, en France.

Les procédures sanitaires ont beaucoup changé dans les écoles françaises depuis le début de la pandémie, en 2020.

Photo : Reuters / Eric Gaillard

« Les conditions sont un peu compliquées », lance Éloïse, maman de trois enfants à Saint-Brieuc, en Bretagne, quand on lui demande de commenter le protocole qui vise à encadrer la reprise des activités scolaires.

Puisque ses enfants ont récemment été déclarés cas contacts (une personne qui a été en contact avec une personne déclarée positive à la COVID-19), sa famille a expérimenté la procédure qu’impose le gouvernement français à tous les enfants d’une classe où un cas d’infection est découvert.

Un autotest dès qu’on est au courant qu’il est cas contact, et après, un autre autotest deux jours après, et un autre autotest quatre jours après. Entre-temps, il peut retourner à l’école, explique-t-elle.

Ces autotests, habituellement payants, sont distribués gratuitement aux parents d’élèves cas contacts. Pour assurer un retour en classe, les parents doivent par ailleurs fournir une déclaration sur l’honneur stipulant que le résultat au dépistage est négatif.

Cette marche à suivre n’est en place que depuis quelques jours. Lundi, le premier ministre Jean Castex a fait l’annonce d’un nouveau protocole après la grogne suscitée par les mesures d’abord imposées pour la rentrée scolaire du 3 janvier.

« Notre objectif, c’est de laisser au maximum les écoles ouvertes, parce que nous savons tous que c’est l’intérêt des enfants. »

— Une citation de  Jean Castex, premier ministre français

Pendant la première semaine de 2022, un enfant considéré cas contact devait plutôt subir un test antigénique ou PCR.

Étant donné les dizaines de milliers de cas déclarés quotidiennement en France, parents et enfants devaient s’armer de patience pour accéder aux pharmacies ou aux laboratoires devant lesquels se formaient parfois d’impressionnantes files d’attente.

Des Français attendent de se faire dépister à Nantes.

Les pharmacies, comme celle-ci à Nantes, ont été très occupées au début du mois de janvier.

Photo : Reuters / STEPHANE MAHE

Le travail est un peu parsemé, raconte Éloïse, à propos de l’impact de cette politique sur l’horaire de certains parents.

La grogne des enseignants

S’il a été bien accueilli par certains parents, l’assouplissement annoncé par le gouvernement n’a pas calmé le mécontentement exprimé depuis des semaines par de nombreux enseignants français.

C’est vraiment le fouillis, lance l’enseignante parisienne Maylis Jacquin Turlay, qui souhaite que l’État assume ses responsabilités et sécurise les écoles.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Les regroupements d’enseignants ainsi que certains experts exigent des mesures de prévention plus importantes pour limiter la contamination dans les établissements scolaires, comme l’installation de capteurs de CO2 dans les classes et la distribution massive de masques FFP2 (N95) aux enseignants.

Évoquant un mépris gouvernemental, le syndicat SNUipp, principal regroupement d’enseignants au primaire, a appelé à la mobilisation à Paris et dans plusieurs villes du pays jeudi.

« Non seulement le protocole actuel ne protège pas les élèves, le personnel et leurs familles, mais de plus il désorganise complètement l’école. »

— Une citation de  Communiqué du syndicat SNUipp

Nous préférons assumer ces difficultés et les critiques aujourd’hui sur un protocole et des règles qui doivent s’adapter, plutôt que de dire que le plus simple pour ne pas être critiqué, c’est de fermer les écoles, a répliqué le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal, se portant à la défense du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Le ministre français de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer fait l'objet de nombreuses critiques de la part d'enseignants pour sa gestion de la pandémie.

Photo : Reuters / POOL

En date du 6 janvier, soit trois jours après la rentrée d’hiver, le ministère français de l’Éducation dénombrait plus de 47 000 infections sur 12 millions d’élèves. Plus de 5000 enseignants étaient aussi infectés.

Dans ce contexte, le syndicat SNUipp réclame également le retour à la fermeture préventive des classes lorsqu’un cas positif y est détecté. Cette mesure était appliquée dans les phases précédentes de la pandémie, entraînant la fermeture de jusqu’à 11 000 classes en avril 2021.

Ce qu’on demande, ce n’est pas la fermeture des écoles, ce sont des conditions de travail, précise de son côté l’enseignante Maylis Jacquin Turlay, qui n’est pas syndiquée.

Conscients que la situation est compliquée pour le personnel enseignant, certains parents tiennent à ce que les classes demeurent ouvertes.

Je travaille, je n’ai personne pour les garder, c’est un peu difficile, explique Annie, rencontrée en compagnie de son fils et de sa fille à Saint-Brieuc, en Bretagne.

Clairement, c’est une question qui se pose, est-ce qu'il ne faudrait pas fermer pendant une semaine ou deux semaines? Je ne sais pas, ajoute Éloïse, qui explique qu’après avoir terminé une première série de dépistage, son fils a de nouveau été déclaré cas contact et doit se préparer à subir encore trois tests au cours des jours à venir.

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