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Trudeau veut en savoir plus sur la contribution santé proposée par Québec

Justin Trudeau, en conférence de presse, répond à une question.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ne ferme pas la porte à ce que le Québec impose une contribution santé aux personnes qui refusent de se faire vacciner, mais il dit attendre de connaître les détails de cette mesure éventuelle pour se prononcer de manière définitive.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le premier ministre du Canada ne critique pas la proposition, faite par Québec, de pénaliser financièrement les non-vaccinés. Justin Trudeau prévient toutefois que cette mesure, si elle est implantée, ne devra pas aller à l'encontre des principes de la Loi canadienne sur la santé.

Dans une conférence de presse tenue mercredi à Ottawa, le premier ministre a déclaré que tout le monde prête attention en ce moment à la proposition faite par Québec, mais il reste encore beaucoup de détails qu'il faut connaître.

Pour Justin Trudeau, il faut que ce que propose le gouvernement de François Legault s'aligne avec les principes, les droits fondamentaux et les valeurs du Canada.

« On veut s'assurer que les principes de la Loi canadienne sur la santé soient respectés. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La Loi canadienne sur la santé stipule que le régime provincial d'assurance maladie doit garantir le droit aux soins de santé à 100 % des assurés. L'universalité est aussi une condition fixée par cette loi pour le transfert de fonds fédéraux aux provinces en matière de santé.

Le gouvernement du Québec a annoncé, mardi, son intention d'imposer une contribution santé à tous les adultes du Québec qui refusent de se faire vacciner, comme l'a formulé le premier ministre François Legault.

« Il n'y a pas d'opposition de la part du gouvernement à ce qu'on prenne des mesures fortes, mais nous allons toujours chercher à ce que ces mesures soient efficaces [...]. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les différentes juridictions et gouvernements ont raison de regarder comment on peut amener les gens à se faire vacciner, a poursuivi M. Trudeau.

Le Canada a imposé des mesures très dures aux personnes qui choisissent de ne pas se faire vacciner, a rappelé M. Trudeau. Le fait, par exemple, de ne pas pouvoir voyager en avion et en train et de risquer de perdre "sa job" si on travaille pour la fonction publique [fédérale].

En plus des obligations imposées par le fédéral, les provinces et territoires ont fixé des obligations vaccinales, a rappelé le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos. Et toutes ces actions ont porté leurs fruits : Le taux de vaccination s'est accru de 6 à 10 %, dit-il.

C'est la preuve que ces mesures ont incité les Canadiens à faire le bon choix et à se faire vacciner, ajoute le ministre Duclos.

La vaccination obligatoire

Justin Trudeau et Jean-Yves Duclos assis côte à côte en conférence de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau, à droite, et le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, discutent en conférence de presse des différentes mesures destinées à encourager la vaccination au pays.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Vendredi dernier, M. Duclos était allé jusqu'à évoquer la possibilité, pour les provinces, de rendre la vaccination obligatoire. Une possibilité que n'avait pas écartée son homologue québécois en décembre dernier : S’il faut aller là, on ira là, avait avancé Christian Dubé.

Au Nouveau-Brunswick, le premier ministre Blaine Higgs ne l'écarte pas non plus, mais il compte en discuter au préalable.

Mercredi, Jean-Yves Duclos a précisé que le mot-clé entourant les mesures prises pour contrer la COVID-19 était bienveillance.

C'est pour protéger les gens, par souci de bienveillance, a-t-il expliqué. Personne ne veut que quelqu'un se retrouve aux soins intensifs.

Je crois que personne ne pense ou ne dit que l'on utilisera la force, physiquement parlant, pour vacciner les gens au Canada, a spécifié M. Duclos, qui croit que la discussion sur ces enjeux va se poursuivre.

Un terrain glissant

Les réactions fusent au pays au lendemain de l'annonce de François Legault sur une éventuelle pénalité financière pour les non-vaccinés.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, affirme que cela constitue une violation de ce grand principe canadien qu’est l’accès universel aux soins de santé.

Notre approche est différente et nous n'emprunterons pas cette voie, a dit pour sa part Doug Ford, premier ministre de l'Ontario. Même son de cloche en Saskatchewan : Nous n'avons nulle intention d'imposer une taxe aux non-vaccinés, dit Scott Moe.

En Colombie-Britannique, le ministre de la Santé, Adrian Dix, affirme que l'on poursuivra plutôt la campagne de vaccination, qui connaît un succès exceptionnel.

Pour le maire de Toronto, John Tory, le gouvernement du Québec s'aventure en terrain glissant. Qu’allons-nous faire des gens qui fument, des gens qui sont toxicomanes et qui se retrouvent dans le système de santé? demande-t-il.

C’est une avenue qu’il vaut mieux ne pas emprunter, conclut John Tory.

Trudeau lance un appel aux jeunes

Au pays, 45 % des enfants de 5 à 11 ans ont reçu au moins une dose de vaccin. À titre comparatif, presque deux fois plus de jeunes âgés entre 12 et 17 ans – soit 87 % – ont été vaccinés à ce jour.

Pour le premier ministre Trudeau, la vaccination des enfants doit s'accélérer. À cette fin, il s'est adressé directement aux jeunes, mercredi. S'il vous plaît, demandez à vos parents de vous faire vacciner, ce qui vous protégera vous, vos parents, vos grands-parents, les gens vulnérables...

M. Trudeau souligne que ce n'est pas facile pour les jeunes, qui ont dû faire de nombreux sacrifices au cours de cette pandémie. Dans certaines régions du pays, ils devront retourner en classe sous peu et il importe qu'ils soient vaccinés, insiste-t-il.

Par ailleurs, mardi, Ottawa avait fait savoir que les stocks de vaccins étaient suffisants pour offrir une éventuelle quatrième dose de vaccin à tous les Canadiens, si nécessaire.

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