•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des victimes de la crise des opioïdes poursuivent des entreprises pharmaceutiques

Deux contenants de comprimés renversés sur une table.

Les données de Santé Canada font état de 1720 décès dus aux opioïdes d’avril à juin 2021, soit environ 19 décès par jour.

Photo : AFP/Getty Images/Eric Baradat

Radio-Canada

Dans un recours collectif, des victimes de la crise des opioïdes réclament plus de 1 milliard de dollars de dommages et intérêts à 35 entreprises pharmaceutiques qui fabriquent, commercialisent, distribuent et vendent des opioïdes.

Le recours collectif a été déposé auprès de la Cour du Banc de la Reine du Manitoba par un cabinet d'avocats de Toronto le 30 décembre. Il indique que des dizaines de milliers de Canadiens seraient morts de surdoses d'opioïdes au cours des deux dernières décennies.

La déclaration allègue que les fabricants de médicaments ont omis d'avertir les professionnels de la santé et les patients des risques et des dangers associés à la consommation d'opioïdes, tels que la surdose, la dépendance et la mort.

Des dizaines de médicaments sont mis en cause, notamment le fentanyl, la méthadone, la morphine, l'hydromorphone, l'opium, l'oxycodone, l'oxymorphone, la codéine et le Percocet.

Les personnes ayant subi des préjudices dus à la consommation de ces produits de 1996 à aujourd’hui et leurs héritiers peuvent être considérés comme des plaignants.

Le marketing mis en cause

La poursuite allègue que les fabricants de médicaments ont ciblé les praticiens de la santé avec des déclarations fausses et trompeuses concernant la sécurité et l'efficacité des médicaments opioïdes pour la douleur chronique à long terme.

Les efforts de marketing visaient particulièrement les médecins de famille et les étudiants en médecine qui voyaient fréquemment des patients souffrant de douleurs chroniques et qui n'avaient pas le niveau de formation nécessaire pour vérifier si les allégations concernant la nature sûre et efficace des médicaments étaient correctes.

Le document judiciaire explique aussi que les représentants commerciaux des entreprises rencontraient personnellement les médecins. Ces visites sont reconnues comme des outils très efficaces pour augmenter les ordonnances de n'importe quel médicament.

L’action en justice souligne que les fabricants de médicaments auraient demandé à des médecins de devenir des leaders d'opinion afin de faire connaître les positions pro-opioïdes à d'autres professionnels de la santé.

« Ils donnaient la fausse impression d'un soutien impartial et fiable en faveur d'une utilisation accrue des opioïdes. »

— Une citation de  Document judiciaire déposé devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba

Des groupes de façade présumés

L'action en justice allègue également que les fabricants de médicaments ont créé, financé et contrôlé divers groupes de réflexion et de défense des patients afin d'encourager les médecins à utiliser des opioïdes pour des douleurs non traitées.

Selon le document, ces groupes de façade ont produit du matériel éducatif contenant des informations qui semblaient indépendantes et fiables, mais qui étaient en fait fausses et trompeuses.

La plainte suggère que les fabricants de médicaments savaient ou auraient dû savoir que leurs affirmations sur les risques et les avantages des opioïdes n'étaient pas étayées par des preuves scientifiques.

Lorsque des groupes de pression et des leaders d'opinion indiquaient des preuves scientifiques censées soutenir leurs allégations d'efficacité et de sécurité, les auteurs étaient invariablement des [principaux leaders d'opinion] rémunérés par l'industrie, affirme la plainte.

Les allégations n'ont pas été prouvées en cour, et les défendeurs n'ont pas encore déposé de déclaration de défense.

Radio-Canada a contacté plusieurs des sociétés défenderesses. Certaines ont indiqué qu'elles ne feraient aucun commentaire tant que l'affaire est devant le tribunal. Toutefois, l'entreprise Sandoz Canada Inc. a reconnu l'existence de la poursuite dans un courriel.

Nous croyons que ces réclamations sont sans fondement et nous les contesterons vigoureusement, peut-on lire dans le courriel.

L'évolution de la crise

Santé Canada affirme que la pandémie de COVID-19 a tragiquement aggravé la crise des opioïdes.

Les données fédérales signalent 24 626 décès dus aux opioïdes de janvier 2016 à juin 2021, soit environ 12 décès par jour. Selon Santé Canada, 1720 décès sont dus aux opioïdes d’avril à juin 2021, soit environ 19 décès par jour.

Santé Canada a maintenant une stratégie pour limiter le marketing des opioïdes destinés aux professionnels de la santé, déclare une porte-parole, Charlaine Sleiman.

L'information sur les opioïdes destinée aux professionnels de la santé doit être approuvée avant d'être utilisée, dit Charlaine Sleiman, et doit transmettre les avantages et les risques des opioïdes de manière équilibrée.

Avec les informations de Vera-Lynn Kubinec

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !