Sommets d’infections et d’hospitalisations au N.-B., l’opposition exige un resserrement
Au lendemain du dévoilement d'un scénario catastrophe, aucune nouvelle mesure sanitaire n'est annoncée au Nouveau-Brunswick.

Une infirmière au chevet d'une patiente atteinte de COVID-19 (archives).
Photo : Associated Press / Keystone / Laurent Gillieron
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Le Nouveau-Brunswick recommande à sa population de limiter les contacts étroits et de respecter les mesures de la santé publique. Les partis d'opposition croient toutefois qu'il est grand temps de serrer la vis et d'imposer de nouvelles mesures pour freiner la progression fulgurante du variant Omicron.
Nous devons tous limiter nos contacts en fréquentant moins de gens et maintenir une distanciation appropriée. Nous devons tous être prêts à faire face à la COVID-19. Il faut avoir un plan pour nous assurer d’avoir assez de réserves pour prendre soin de nous-mêmes et de notre famille
, affirme mercredi la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell.
Ce message passe mal, au lendemain du dévoilement de projections épidémiologiques qui prévoit que la province atteindra, dans environ 3 semaines, 5500 nouveaux cas de COVID-19 quotidiennement et 220 hospitalisations simultanées.
Portrait de la situation mercredi :
- 94 hospitalisations (dont 34 qui ont été admises pour d’autres raisons que la COVID-19);
- 10 personnes aux soins intensifs;
- 1 décès dans la région de Saint-Jean;
- 1047 nouveaux cas de COVID-19 (359 par tests PCR, 688 par tests rapides);
- 369 travailleurs de la santé en isolement.
L'opposition réclame plus de restrictions
Les libéraux et les verts sont d’avis que les mesures actuelles sont largement insuffisantes et demandent la mise en place de restrictions supplémentaires.
Le chef intérimaire du Parti libéral, Roger Melanson, souhaite que la province suive l’exemple du Québec en élargissant l’exigence de la preuve vaccinale dans des lieux comme Alcool NB, Cannabis NB et même Service NB. Une mesure qui servirait à augmenter les taux de vaccination de la population admissible, soutient-il.
Il croit que la présentation des différents scénarios possibles dans les prochaines semaines aurait dû se faire il y a une semaine, une semaine et demie
. Cela aurait permis à la population de s’ajuster beaucoup plus tôt aux conséquences de l’Omicron dans le Nouveau-Brunswick
, plaide-t-il.
Le chef du Parti vert, David Coon, croit qu'il faudrait commencer par resserrer les mesures dans certaines régions où la contagion est plus importante.
Le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, s’inquiète pour le système de santé, déjà mis à rude épreuve par la pandémie de COVID-19.
Moi, je pense qu’il faut passer en phase 3, même si c’est plaisant pour personne, afin de protéger nos travailleurs de santé de première ligne.
D’après lui, cette stratégie plus coercitive permettra également de précipiter le retour à l’école pour les élèves.
À quoi pourrait ressembler un passage en phase 3?
La phase 3 du plan d'hiver du Nouveau-Brunswick limite les rassemblements privés à une bulle familiale. Les rassemblements publics sont interdits. Les salles de gym, les salons de coiffure et d'esthétique, les lieux de culte et les centres de divertissements doivent fermer leurs portes. Quant aux salles à manger des restaurants, elles ne peuvent plus accueillir de clients; seuls les services au volant et à emporter ainsi que la livraison à domicile sont permis.
Il faut investir davantage, selon l'opposition
Si le Nouveau-Brunswick passe à la phase 3, le député Kevin Arseneau souhaite que le gouvernement agisse en investissant davantage en santé.
Le Nouveau-Brunswick a pris des mesures pour pourvoir des postes dans les établissements hospitaliers. Le gouvernement de Blaine Higgs entend verser des primes, offrir des augmentations salariales et rembourser des dépenses aux infirmières qui acceptent de travailler dans les unités de soins intensifs et les urgences.
Roger Melanson pense que cette initiative contribuera à garder les infirmières dans le système de santé.
C’est positif, mais les infirmières, infirmiers sont épuisés mentalement [et] professionnellement. Ce n’est pas l’argent qui va changer ça pour eux.
Kevin Arseneau déplore aussi l’absence d’investissement dans les systèmes de ventilation des écoles et la poursuite des coupes à blanc à travers la province. La perte de la biodiversité est à la base de ce qui crée des pandémies
, soulève-t-il.
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Avec les informations de La matinale, d'ICI Acadie

