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Hong Kong va créer de nouvelles infractions à la « sécurité nationale »

Carrie Lam sort d'une salle, suivi de quelques hommes. Les emblèmes de la Chine et de Hong Kong sont visibles en arrière-plan.

La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, sort de la salle du Conseil législatif, le 12 janvier 2022. L'emblème de la Chine (en haut, à droite) a récemment été installé au-dessus de celui de Hong Kong.

Photo : La Presse canadienne / AP/Kin Cheung

Agence France-Presse

Hong Kong va créer une série de nouvelles infractions à la sécurité nationale, a annoncé mercredi la cheffe de l'exécutif Carrie Lam à l'occasion de la première session du Conseil législatif réservé aux « patriotes ».

La nouvelle législation, qui comprendra une quarantaine d'infractions, viendra compléter la loi draconienne sur la sécurité nationale imposée en juin 2020 par Pékin et qui a permis de museler toute dissidence sur le territoire théoriquement semi-autonome.

Ce texte cible la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des puissances étrangères, quatre infractions passibles de la détention à perpétuité.

La cheffe de l'exécutif a indiqué que son gouvernement va adopter une législation conforme à l'article 23 de la Loi fondamentale, la mini-Constitution du territoire théoriquement semi-autonome, qui prévoit que Hong Kong légifère pour sa propre sécurité nationale.

« Le processus législatif relatif à l'article 23 fait partie des obligations constitutionnelles et il ne peut être retardé plus longtemps. »

— Une citation de  Carrie Lam, cheffe de l'exécutif de Hong Kong

Mme Lam, qui entend présenter son avant-projet de loi avant fin juin, n'a pas précisé la teneur de ces nouvelles infractions.

L'article 23 porte sur la trahison, la sécession, la sédition (et) la subversion.

Il vise également à interdire aux organisations politiques étrangères de mener des activités politiques à Hong Kong et aux organisations politiques locales d'entretenir des liens avec des instances politiques étrangères.

Une femme tient un parapluie et marche sous les drapeaux.

Des centaines de drapeaux de la Chine ont été accrochés près d'un centre commercial de Hong Kong cet été en prévision du 100e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois.

Photo : Reuters / Tyrone Siu

Lam louange la loi sur la sécurité nationale

La Chine avait imposé sa loi sur la sécurité nationale en juin 2020 à Hong Kong après des manifestations prodémocratie massives et souvent violentes qui avaient secoué le territoire l'année précédente.

Rédigée de façon très floue, elle a rendu illégale presque toute forme de dissidence et a remodelé la ville, autrefois considérée comme un bastion des libertés, à l'image de la Chine autoritaire.

La plupart des figures du mouvement prodémocratie sont aujourd'hui en prison, ont abandonné la politique ou ont fui à l'étranger.

Les infractions à la sécurité nationale concernent en grande majorité des personnes qui ont défendu ou exprimé des opinions politiques désormais considérées comme illégales.

La Loi fondamentale est entrée en vigueur au moment de la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 et son article 23 prévoit l'adoption d'une loi locale visant à assurer la sécurité nationale dans l'ex-colonie britannique.

En 2003, le gouvernement avait dû renoncer à mettre en œuvre cet article 23 à la suite d'importantes manifestations. C'est pourquoi Pékin a décidé en 2020 d'imposer à Hong Kong une loi sur la sécurité nationale.

Il est peu probable que ce nouveau projet de loi local ne soit pas adopté, le Conseil législatif étant désormais réservé aux « patriotes » à la suite de nouvelles règles visant à empêcher la présence de toute opposition.

Lors du scrutin de décembre, seuls 20 de ses 90 membres ont été élus au suffrage universel direct, les 70 autres étant nommés par des comités loyaux à Pékin.

Photo de groupe de plusieurs dizaines d'hommes et de femmes.

Les députés du Conseil législatif de Hong Kong posent pour les photographes, après leur prestation de serment, le 3 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / AP/Vincent Yu

Un collège de grands électeurs acquis à Pékin devra élire en mars un nouveau chef de l'exécutif. Mme Lam, dont le mandat de cinq ans s'achève en juin, n'a pas encore indiqué si elle entend se représenter.

Mercredi, elle a reconnu qu'il paraît difficile que le projet de loi soit mené à terme avant la fin de son premier mandat.

S'adressant à un hémicycle dont les murs portent désormais l'emblème national rouge et or de la Chine – placé au-dessus du sceau officiel de la ville – Mme Lam a tressé des louanges à la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.

Sa fonction actuelle est d'être un point d'ancrage pour garantir la stabilité et faire savoir aux gens qu'il y a des conséquences, a-t-elle déclaré aux législateurs, ajoutant que la nouvelle législation serait également bien écrite.

La loi nous impose de prévenir, de réprimer et de punir les crimes. Si la prévention est bien faite, nous pourrons moins punir.

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