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Devrait-on écourter l’intervalle entre les doses du vaccin pour les enfants?

Un pansement à l'effigie d'un personnage du film Frozen sur le bras d'une enfant à l'endroit où elle a été vaccinée.

Une enfant de 5 à 11 ans après avoir le vaccin pédiatrique contre la COVID-19 à la fin novembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada

Une mère de Fredericton demande à la santé publique de raccourcir le délai entre les doses du vaccin pédiatrique en raison du risque posé par le variant Omicron.

Jane Thompson enseigne à l’Université du Nouveau-Brunswick et est mère de deux jeunes enfants. Elle croit que les parents devraient pouvoir choisir un intervalle de 21 jours entre les doses du vaccin contre la COVID-19.

Cet intervalle est celui utilisé par la compagnie Pfizer dans ses essais cliniques, mais la santé publique du Nouveau-Brunswick impose un délai de huit semaines, qui est l’intervalle recommandé par le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI).

Dans d’autres provinces, comme le Québec et l’Ontario, l’intervalle de huit semaines est recommandé, mais les parents peuvent choisir s’ils veulent faire vacciner leurs enfants plus rapidement, pourvu que trois semaines se soient écoulées depuis la première dose.

Même en mettant de côté le chaos illogique des garderies/écoles, je veux, ou je voudrais plutôt, être capable de protéger mes enfants. Ou du moins qu’on ne m’empêche pas de les protéger le plus possible, demande Mme Thompson.

Le variant Omicron change la donne

Dans une déclaration le 19 novembre, le Comité consultatif national de l'immunisation a indiqué qu’il n'existe aucune preuve directe permettant d'établir un intervalle optimal entre les doses dans les populations pédiatriques, mais que les données probantes sur les vaccins contre la COVID-19 à ARNm dans les populations adultes indiquent qu'un intervalle de dose plus long, comme huit semaines, par rapport à l'intervalle autorisé de 21 jours, améliore la réponse immunitaire.

Mme Thompson dit comprendre cette explication, mais pense que les avantages d’accélérer la vaccination des enfants sont importants en raison du variant Omicron et de sa contagiosité.

Elle affirme que la réalité est que le variant est là, maintenant, et qu’il est partout.

Des spécialistes divisés

Les spécialistes sont divisés sur la question. Le Dr Gerald Evans, directeur de la chaire de recherche en maladies infectieuses de l’école de médecine de l’Université Queen’s explique qu’il s’en tiendrait aux recommandations du Comité consultatif national de l'immunisation, même si cette politique n’est probablement pas parfaite.

L’épidémiologiste de l’Université d’Ottawa Raywat Deonandan croit que l’intervalle de huit semaines est idéal, mais que le variant Omicron le fait revoir son opinion.

Portrait de l'homme devant un arbre aux feuilles jaunes.

L'épidémiologiste Raywat Deonandan croit que la variant Omicron change la donne en ce qui a trait à la vaccination des enfants.

Photo : Radio-Canada / Trevor Pritchard

Le faible avantage que les enfants ont à attendre huit semaines est dépassé par le plus grand avantage d’avoir plus rapidement une protection à deux doses, en raison des risques importants d’exposition et d’infection en ce moment, dit-il.

L'épidémiologiste de l’Université de Toronto et professeur, le Dr David Fisman, a récemment commenté le sujet sur Twitter. Il dit avoir également changé d’avis sur la question. Je comprends les inquiétudes sur la durabilité, mais le risque est MAINTENANT, a-t-il écrit en anglais.

Selon Jane Thompson, on pourra régler le problème de la baisse de l'immunité dans quelques mois avec une dose de rappel, comme c’est le cas pour les adultes.

Je ne dis pas que tout le monde doit faire cela, mais pourquoi m’empêche-t-on de protéger mes enfants en respectant les directives de la compagnie Pfizer et en prenant une décision basée sur la science?, demande la mère.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell a indiqué mardi que d’autres facteurs entraient en jeu pour déterminer le pas de la vaccination pédiatrique.

la Dre Jennifer Russell.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick la Dre Jennifer Russell estime que pour le moment la province doit maintenir l'intervalle de huit semaines recommandé par le CCNI (archives).

Photo : Radio-Canada

C’est vraiment un équilibre de ressources, etc, et d’accélérer la vaccination pour protéger tout le monde en même temps, indique-t-elle.

Au Nouveau-Brunswick, la vaccination des enfants de 5 à 11 ans a débuté le 23 novembre, ce qui fait en sorte que les enfants ne sont pas admissibles à recevoir une deuxième dose avant le 18 janvier au plus tôt.

Mardi, la santé publique a dévoilé ses prévisions en lien avec l’évolution de la pandémie. La province pourrait atteindre un sommet de 5500 nouvelles infections quotidiennes et 220 hospitalisations simultanées si rien ne change en raison de la propagation fulgurante du variant Omicron.

Pour le moment, l’enseignement de tous les élèves se fait de façon virtuelle jusqu’au 24 janvier au moins.

En date de mardi, 49,7 % des enfants de 5 à 11 ans avaient reçu une dose du vaccin contre la COVID-19.

D'après un reportage de Jacques Poitras de CBC

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