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Une 3e dose plus rapidement pour les personnes remises de la COVID-19 au Québec

Très gros plan d'une seringue et de la bouteille contenant le vaccin, tenues dans une main.

Il y a quelques jours, le ministère de la Santé a accéléré le calendrier des prises de rendez-vous en raison de la poussée d'Omicron.

Photo : CBC

Les personnes ayant contracté la COVID-19 pourront obtenir leur dose de rappel dès la fin de leurs symptômes, annonce le gouvernement du Québec, mettant fin à la période d'attente de huit semaines précédemment en vigueur.

La dose de rappel offre une meilleure protection contre le variant Omicron, rappelle le gouvernement dans un communiqué du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Dans la foulée, si les 35 ans et plus pouvaient déjà prendre rendez-vous pour obtenir ladite dose de rappel en date de mardi soir, ce sont les 25 ans et plus qui auront accès à ce service dès jeudi.

Pour les 18 ans et plus, la période de prise de rendez-vous est également devancée; tous les adultes du Québec pourront procéder dès vendredi, plutôt que lundi, comme précédemment annoncé.

Une recommandation de la santé publique

En entrevue mercredi à l'émission Le 15-18, sur ICI Première, le directeur de la campagne de vaccination québécoise contre la COVID-19, Daniel Paré, a assuré que la décision d'offrir une dose de rappel dès la disparition des symptômes a été prise à la suite d’une recommandation de la santé publique.

Il a notamment fait valoir qu'une telle mesure était déjà en vigueur aux États-Unis.

M. Paré, qui n'est pas médecin, n'a pas voulu s'avancer sur les raisons scientifiques ayant poussé la santé publique à recommander l'inoculation d'une troisième dose de vaccin aux Québécois ayant contracté la COVID-19 dès la fin de leurs symptômes. Il a toutefois souligné que cette façon de faire avait le mérite d'être plus simple.

Comme le nombre de cas a explosé et que la capacité de dépistage du gouvernement a beaucoup diminué dans les dernières semaines, plusieurs Québécois ayant subi des symptômes attribués à la COVID-19 se demandaient s'ils devaient ou non respecter le délai recommandé de huit semaines, a expliqué M. Paré.

On recevait beaucoup de questions. J'attends? Je n'attends pas? Je l'ai eue? Je ne l'ai pas eue? À la suite de ça, la direction de la santé publique a fait un constat : c'est plus simple d'expliquer qu'après la fin des symptômes, qu'ils soient liés à la COVID ou qu'ils soient d'origine grippale, [...] il faut aller chercher la troisième dose.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.

Tous ne sont pas de son avis. C'est le cas du Dr Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital général juif et professeur à la Faculté de médecine de l'Université McGill, qui se montre très, très perplexe à l'idée d'administrer rapidement une dose de rappel à ceux qui viennent tout juste de se remettre de la COVID-19.

Je suis très curieux de savoir ce qui a mené à une telle recommandation, a-t-il déclaré sur ICI RDI. En effet, selon lui, il n'y a pas beaucoup d'intérêt à vacciner des gens qui viennent d'avoir la COVID.

Surtout si ce sont des gens qui ont déjà eu deux [ou trois doses], qui ont récupéré, qui n'ont probablement pas été très malades, qui ont probablement déjà un bon système immunitaire parce qu'ils n'ont pas été très malades justement et qui, en plus de ça, ont boosté leur système immunitaire de façon importante avec la maladie, dit-il.

« Il n'y a à peu près aucune condition en maladie infectieuse où l'on fait ce genre de chose là, où l'on donne immédiatement un vaccin à quelqu'un qui vient juste d'avoir une infection aiguë. »

— Une citation de  Le Dr Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital général juif

Le Dr Weiss estime que ceux qui ont récemment vécu des symptômes associés à la COVID-19 devraient plutôt attendre au moins trois mois après l'infection avant de recevoir une dose de rappel.

D'autant plus que les fabricants de vaccins à ARN messager, comme Pfizer ou Moderna, préparent de nouveaux vaccins qui seront bientôt disponibles et qui seront plus adaptés au variant Omicron et à ses dérivés, dit-il.

Sa collègue Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM, est moins catégorique.

La science n’est pas claire sur l’intervalle idéal, a fait savoir Dre Tremblay à Radio-Canada mercredi. À mon avis, les gens qui ont fait la COVID-19 ont besoin d’une troisième dose. La donner plus tôt accélère la protection dans le contexte de la 5e vague. Ce n’est toutefois pas une urgence. Ils peuvent se remettre un peu de leur maladie.

La recommandation de la santé publique, que Radio-Canada a pu consulter, a été signée par le Dr Horacio Arruda lundi, le jour même de sa démission.

Pour justifier sa décision, il évoque : la recommandation du Comité consultatif national en immunisation du Canada (CNNI); la position du Comité d'immunisation du Québec (CIQ), qui n'élimine pas cette option; la position des CDC américains; la non-disponibilité des tests PCR; et la capacité limitée des laboratoires.

Le Québec connaît depuis plusieurs jours une forte augmentation du nombre de personnes hospitalisées à cause d'une infection à la COVID-19. Mercredi, le nombre total d'hospitalisations s'élevait à 2877, 135 de plus que la veille.

Et ce n'est pas fini. La semaine dernière, deux modèles de projection retenus par l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) ont continué de prévoir une croissance des nouvelles hospitalisations liées à la COVID-19 au Québec.

Pour les lits normaux, les projections ont suggéré qu'en deux semaines l'occupation par ces patients pourrait dépasser 3000 lits. De plus, environ 20 000 travailleurs de la santé sont absents.

Avec les informations de La Presse canadienne

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