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La pandémie a amélioré l’accès à l’avortement au pays, sauf au Québec, dit une étude

Gros plan d'une femme qui tient un test de grossesse entre les mains.

La pandémie a entraîné un changement dans l'accès à l'avortement, les consultations pouvant maintenant se faire à distance.

Photo : iStock

Depuis deux ans, la pandémie a mené à une amélioration de l’accès à l’avortement au Canada, concluent deux chercheuses de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), notamment grâce à la transition vers la télémédecine et un meilleur accès à la pilule abortive, sauf au Québec.

En règle générale, l'accès à l’avortement a été assez bien maintenu à travers le pays au cours de la pandémie, selon une étude publiée dans le journal Family Practice.

Quelques cliniques ont dû fermer leurs portes momentanément pendant les premières semaines, mais jamais très longtemps.

Alors que certaines interventions chirurgicales étaient repoussées, il y a eu une forte insistance pour maintenir l’accès à l’avortement, puisqu’il s’agit d’un service essentiel, souligne la chercheuse et coautrice de l’étude Kate Wahl.

Une transition s’est donc amorcée pour permettre aux obstétriciens de donner des consultations en télémédecine, ce qui a permis aux femmes d’obtenir les soins nécessaires sans avoir à faire face aux différentes restrictions liées aux déplacements ou à la crainte d’attraper la COVID-19 en se présentant dans une clinique.

Les professionnels de la santé ont, en règle générale, trouvé la transition très fluide, révèle la Dre Madeleine Ennis, coautrice de l’étude.

Dans le cadre de leur étude, les deux chercheuses ont sondé plus de 300 professionnels de la santé qui travaillent dans le domaine de l’interruption volontaire de grossesse. Près de 90 % d'entre eux affirment qu’il y a eu une augmentation des soins abortifs en télémédecine, sauf au Québec, où les règles en place ont fait en sorte que les procédures étaient presque entièrement chirurgicales.

Bon nombre des professionnels de la santé sondés par les chercheuses souhaitent poursuivre l’approche en télémédecine après la pandémie, mais cette méthode n’est pas exempte de problèmes.

Ce n’est pas accessible pour les personnes qui n’ont pas d’ordinateur ou de téléphone pour parler à leur médecin, rappelle la Dre Ennis. Elle ajoute que, même si les patientes se trouvent en région éloignée, il est aussi important qu’elles aient accès à une clinique en cas de complication qui nécessiterait un curetage.

La directrice générale de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, la Dre Diane Francoeur, concède que certaines discussions sont plus difficiles à distance, notamment pour assurer la sécurité des patientes qui subissent de la violence conjugale.

Je suis toujours un peu hésitante par rapport à l’utilisation du téléphone parce que je trouve difficile de rentrer en contact avec quelqu’un que je n’ai jamais vu, que je ne connais pas, si je ne les vois pas, explique-t-elle.

Accès à la pilule abortive

Il est donc important de maintenir un accès hybride à l’avortement, dit la Dre Francoeur, c’est-à-dire un accès à la pilule abortive ou à une interruption de grossesse en clinique, si c’est ce qui est le plus indiqué. Elle déplore toutefois des disparités dans l’accès à la pilule abortive entre les provinces.

« C’est au Québec qu’il y a eu le moins d’efforts pour distribuer l’avortement médical, et ça, c’est inacceptable. »

— Une citation de  Diane Francoeur, directrice générale, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada

Le Canada a du mal à garder son système fonctionnel et il y a des efforts qui doivent être faits pour garder certains acquis, dit-elle.

Il faut en faire davantage pour que les difficultés liées à l’accès à l’avortement au pays ne soient reléguées aux oubliettes à cause de la pandémie de COVID-19 qui s'éternise, soutiennent les trois femmes.

Peu importe où on en sera avec la COVID-19, qu’on ait appris à vivre avec ou qu’on ait un autre variant qui va venir précariser notre système de santé, il faut que les femmes aient accès à ces services-là, c’est clair, conclut la Dre Diane Francoeur.

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