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Contribution santé : l’opposition accuse François Legault de vouloir faire diversion

Libéraux, solidaires et péquistes s'interrogent sur le bien-fondé d'une telle mesure pour vaincre la pandémie.

Monsef Derraji en point de presse à l'Assemblée nationale.

Monsef Derraji est le nouveau porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de santé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Les élus du Parti libéral du Québec (PLQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) s'entendent pour dire que la proposition du gouvernement caquiste d'imposer une contribution financière aux personnes qui n'ont reçu aucun vaccin contre la COVID-19 relève de l'improvisation.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'une telle mesure, évoquée mardi en conférence de presse par le premier ministre François Legault, a été reçue avec énormément de scepticisme par ses adversaires à l'Assemblée nationale.

Invités à venir en débattre en soirée à l'émission 24|60, diffusée sur ICI RDI, les porte-parole des trois partis d'opposition en matière de santé – Monsef Derraji (PLQ), Vincent Marissal (QS) et Joël Arseneau (PQ) – ont tour à tour fait état de leurs réserves envers une telle proposition.

Surtout que, selon eux, la sortie du premier ministre visait surtout à faire diversion.

Une occasion ratée

Pour Monsef Derraji, qui en était mardi à sa première journée dans le rôle de porte-parole en santé pour le PLQ, François Legault a fait preuve d'improvisation en évoquant une contribution santé pour les non-vaccinés.

Reprenant l'argumentaire de sa cheffe Dominique Anglade, qui avait plus tôt accusé le premier ministre sur Twitter de diviser et de faire diversion, le député de Nelligan a estimé que la conférence de presse du jour avait été une occasion ratée de rassurer les Québécois, notamment en ce qui a trait à la rentrée scolaire.

Il a également soutenu qu'avant d'imposer une contribution santé, le gouvernement Legault devrait donner l'exemple et décréter la vaccination obligatoire, tout simplement.

Un gros, gros lapin

Le porte-parole en matière de santé pour Québec solidaire, Vincent Marissal, a également reproché au premier ministre d'avoir sorti un gros, gros lapin de son chapeau en suggérant d'imposer une contribution financière aux non-vaccinés.

Il s'est d'ailleurs positionné clairement à l'encontre d'une telle mesure, dont les personnes les plus vulnérables de la société seraient susceptibles de faire les frais, selon lui.

Parmi [les personnes non vaccinées], il y a des sans-abri, des gens atteints de graves problèmes de santé mentale, des sans-papiers, a souligné son parti par communiqué. François Legault va-t-il leur envoyer une facture?

Une mesure qui paraît profondément improvisée

Enfin, le porte-parole péquiste en matière de santé, Joël Arseneau, a laissé entendre que le gouvernement Legault faisait montre d'empressement en voulant imposer une contribution santé aux personnes non vaccinées.

Si on veut ouvrir ce débat-là, il faut rouvrir également la Loi sur l'assurance maladie, et ça, ça se fait avec les parlementaires dans un processus rigoureux, avec aussi des experts de différents milieux qui vont venir se prononcer, a-t-il fait remarquer.

Le député des Îles-de-la-Madeleine croit, comme son collège de Nelligan, que le premier ministre a fait fausse route en omettant les sujets qui préoccupent le plus les Québécois.

Avec l'importance, l'intensité de la crise actuelle, quel est le plan de match du gouvernement? [...] On n'a jamais proposé de protocole de rentrée scolaire. C'est [pourtant] ce que les parents voulaient entendre aujourd'hui! On a préféré faire diversion avec une mesure qui, en effet, paraît profondément improvisée, a-t-il lancé à 24|60.

L'impression d'être ignoré

De manière générale, les trois partis d'opposition s'entendent pour continuer à dire que le gouvernement caquiste manque de transparence en ce qui a trait à sa gestion de la pandémie de COVID-19.

François Legault nous fait un beau "show de boucane" sans avis de la santé publique, sans aucun détail, sans avoir répondu aux questions et sans avoir consulté l'Assemblée, a tweeté mardi Dominique Anglade, qui avait demandé la semaine dernière la convocation d'une séance extraordinaire d’urgence au parlement.

Le co-porte-parole et chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, déplore pour sa part que M. Legault ait refusé la proposition de son parti de consulter l'opposition pour nommer le successeur du Dr Horacio Arruda, qui a quitté son poste de directeur national de santé publique lundi soir.

Le premier ministre veut le beurre et l'argent du beurre. Il exige une solidarité totale de la part des partis d'opposition, mais il refuse de nous consulter sur les décisions importantes et continue de gouverner par décret, a-t-il déclaré par communiqué.

« François Legault aime la démocratie juste quand ça l'arrange. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole et chef parlementaire de QS

Même son de cloche du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui a évoqué mardi la récente décision de M. Legault de discuter avec les autres partis une fois par semaine d'ici la reprise des travaux parlementaires en février.

Le premier ministre affirme vouloir le retour des rencontres hebdomadaires avec les chefs des oppositions, pour "écouter et consulter", a-t-il souligné sur Twitter. Pourquoi alors faire une annonce aussi importante que celle d'aujourd'hui sans avoir pris le temps de nous informer ou consulter d'aucune manière?

Pendant ce temps, à Ottawa, le gouvernement Trudeau regarde d'un œil intéressé le débat qui s'amorce à Québec sur la légalité d'une contribution santé qui ne serait exigée qu'à une partie de la population.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, le cabinet du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a déclaré être au courant de l'annonce et promis d'[examiner] les détails avant de formuler d'autres commentaires.

Le député libéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, a toutefois rappelé sur Twitter mardi l'existence de principes fondamentaux enchâssés dans la Loi canadienne sur la santé, qui stipulent notamment que cent pour cent des bénéficiaires de l'assurance maladie ont droit aux services de santé prévus par celle-ci, selon des modalités uniformes.

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