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La « contribution santé » mise en doute par le directeur de santé publique gaspésien

Des personnes attendent de se faire vacciner.

Le directeur régional de la santé publique de la Gaspésie invite le gouvernement à réfléchir davantage à la mesure qu'il veut imposer aux non-vaccinés.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Le directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Dr Yv Bonnier-Viger, remet en question la pertinence de la contribution santé des non-vaccinés évoquée par le gouvernement Legault mardi.

Ce ne sont pas des mesures qui correspondent aux valeurs de santé publique, juge le Dr Yv Bonnier-Viger.

Selon lui, l'approche punitive ne fait pas partie des traditions en santé publique et il croit que la décision du gouvernement est beaucoup plus politique que scientifique.

Québec a annoncé mardi qu'il fixerait sous peu le montant d'une contribution santé qui sera imposée aux personnes qui n'auront pas reçu au moins une première dose de vaccin contre la COVID-19.

Je pense qu’il va falloir réfléchir un peu plus avant de mettre ça en place, demande le médecin.

Le docteur Bonnier-Viger dans les locaux de la direction régionale.

Le docteur Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Selon le médecin, dans le domaine de la santé publique, les valeurs de solidarité et de partage ont préséance sur des mesures contraignantes.

On va plutôt chercher à continuer à expliquer aux gens l’importance de se faire vacciner. [Leur expliquer] ce que ça leur apporte à eux, ce que ça peut apporter à leur famille et à leur entourage, plus que d’essayer de contraindre, propose-t-il.

Une fausse solution?

D’un point de vue pratique, Dr Bonnier-Viger doute également de l’efficacité de la mesure proposée pour améliorer la situation sanitaire.

Il se demande notamment si les non-vaccinés sont réellement les responsables des problèmes de fonctionnement du système de santé.

L'expert en santé publique ne croit pas que la contrainte financière soit le meilleur moyen de convaincre des personnes qui craignent le vaccin de le recevoir.

Il reste des irréductibles qui ont peur du vaccin, et ce n'est pas en les contraignant qu’on va changer leur peur. Je pense qu’il faut les accueillir, leur expliquer davantage, propose le directeur de santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Il dit espérer que le gouvernement consulte les experts en santé publique avant de mettre en œuvre la contribution santé et l’implore d'examiner cette solution à la lumière des évidences scientifiques.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, est aussi très critique à l’encontre de la mesure annoncée par Québec.

Ça vient avec une certaine surprise : le gouvernement nous annonce une mesure sans expliquer son applicabilité, comment ça va fonctionner, et si même c’est fondé sur le plan juridique. Sur le plan financier, c’est très vague aussi, dénonce-t-il.

Joël Arseneau demande aussi à voir des chiffres sur l’efficacité d’une telle mesure pour convaincre les personnes qui refusent de se faire vacciner à obtenir leur dose.

L’élu regrette par ailleurs que les partis d'opposition n’aient pas été consultés sur une telle mesure.

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