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Plusieurs élus de l’Est-du-Québec rendent hommage au Dr Horacio Arruda

Horacio Arruda lors d'une conférence de presse.

Les élus demandent aussi une plus grande indépendance de la Direction nationale de santé publique vis-à-vis du pouvoir politique (archives).

Photo : Ivanoh Demers

Plusieurs élus de l’Est-du-Québec ont rendu hommage au Dr Horacio Arruda, le directeur national de santé publique, qui a présenté sa démission au premier ministre François Legault, lundi soir.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, salue de son côté l’engagement du Dr Arruda depuis le début de la pandémie

Les 22 derniers mois ont été certainement extrêmement difficiles pour n’importe quel individu qui est aux prises avec une situation qui est aussi inédite que celle-là, indique l’élu.

Sur la Côte-Nord, la députée fédérale de Manicouagan, Marilène Gill, a tenu à souligner la difficulté de la tâche du Dr Arruda et l’a remercié pour ses services.

Ce n’est pas vraiment une position qui est facile à tenir, c’est une crise qui est sans précédent [...]. La personne à la tête de la santé publique doit être solide, et je remercie le Dr Arruda. On espère se sortir de la pandémie, donc je souhaite tout le succès possible [au successeur par intérim du Dr Arruda, le] Dr Luc Boileau, explique-t-elle.

Selon le préfet de Rivière-du-Loup et président de la Table régionale des élus du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, le changement de directeur national de santé publique est une bonne nouvelle pour le Québec.

On va souhaiter que le Dr Boileau puisse comprendre les particularités régionales, qui sont différentes de celles des grands centres dans bien des cas, indique-t-il.

Luc Boileau parle assis à la table de presse.

Le Dr Luc Boileau est le nouveau directeur national de santé publique du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

De son côté, le directeur régional de santé publique de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le Dr Yv Bonnier-Viger, ne croit pas que remplacer le directeur national de santé publique changera grand-chose pour la population.

Dans une situation de pandémie comme on vit actuellement, où tout le monde est mis sous tension, c’est sûr qu’à un moment donné les relations entre les personnes peuvent être plus délicates. Il faut s’attendre à ce qu’il y ait des changements de temps en temps entre les acteurs.

« On change de capitaine, mais l’équipe continue à travailler. »

— Une citation de  Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Une plus grande indépendance

Plusieurs experts estiment que la démission du Dr Arruda est une occasion de revoir comment le gouvernement du Québec et la Direction nationale de santé publique (DNSP) gèrent la pandémie, et notamment la relation entre les deux.

Leur avis trouve un écho dans l’Est-du-Québec.

Selon Joël Arseneau, le Dr Arruda a été victime de la trop grande proximité du pouvoir politique avec la Direction nationale de santé publique.

Le Dr Arruda était sous pression, non pas parce qu’on mettait en doute ses compétences, mais parce qu’il était dans une cellule de crise où on n’a pas pu déterminer où étaient la part de la science et des avis scientifiques et la part du politique, estime-t-il.

Le député des Îles ne croit pas que de remplacer le Dr Arruda par le Dr Boileau soit une solution miracle sans que des changements concrets sur la façon de faire et le mode de gestion de la pandémie soient apportés.

Joël Arseneau.

Joël Arseneau, porte-parole du Parti québécois en matière de santé.

Photo : Radio-Canada

Il appelle par exemple à ce que le directeur national de santé publique tienne des points de presse séparés pour dresser l’état des connaissances scientifiques sur telle ou telle question, ce qui permettrait au public de juger de la justesse des décisions par rapport à l’état de la science, indique-t-il.

« À ce moment-là, on saura la part de la science dans les décisions gouvernementales et la part du politique dans ces mêmes décisions. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

De son côté, le préfet de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, croit aussi qu’une réflexion sur l’indépendance de la Direction nationale de santé publique vis-à-vis du pouvoir politique est de mise, une fois passée la cinquième vague de la pandémie causée par le variant Omicron.

Ça m’apparaît évident que cet élément va être regardé, parce qu’on le voit ailleurs dans d’autres provinces canadiennes, dans d’autres pays. On voit que les gens de santé publique ont une indépendance par rapport au pouvoir politique, indique-t-il.

En Ontario par exemple, le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste de la province, tient ses points de presse indépendamment de ceux du premier ministre de la province.

Une meilleure écoute des entrepreneurs

À la suite de la démission du directeur national de santé publique, la directrice générale de la Chambre de commerce Kamouraska-L'Islet, Nancy Dubé, estime qu'il est maintenant temps pour le gouvernement de changer de stratégie.

On ferme et on referme et on referme, on affaiblit notre économie locale pour sauver un système de santé qui est très lourd, qui ne fonctionne pas super bien. L'économie, les entreprises, les PME sont en train de faire les frais de ce système de santé, lance-t-elle.

« On voudrait que le gouvernement se penche vers une autre façon de gérer les restrictions sanitaires plutôt que de fermer les entreprises. »

— Une citation de  Nancy Dubé, directrice générale de la Chambre de commerce Kamouraska-L'Islet

Elle demande aux décideurs de se montrer plus attentifs aux entrepreneurs et propriétaires de PME des secteurs les plus touchés, comme les restaurateurs et les gestionnaires de salles de spectacles et de cinéma.

Avec les informations de Marguerite Morin, Djavan Habel-Thurton et Caroline Cyr

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