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Le rhume offrirait une certaine protection contre la COVID

Une femme enrhumée se mouche.

L'étude a porté sur 52 personnes qui vivaient avec quelqu'un qui venait d'attraper la COVID-19.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les gens qui présentent des niveaux plus élevés de cellules lymphocytes T après avoir été exposés à un coronavirus du rhume commun sont moins susceptibles d'être infectés par le SRAS-CoV-2, tend à montrer une étude britannique.

L'étude de petite échelle menée par la Dre Rhia Kundu et ses collègues de l’Imperial College de Londres a porté sur 52 personnes qui vivaient avec quelqu'un qui venait d'attraper la COVID-19.

Les auteurs de l’étude notent d’emblée certaines limites à leurs résultats en raison du petit nombre de participants uniquement d'origine européenne, mais ils estiment que leurs données apportent quand même une première indication d'un rôle protecteur de ces lymphocytes T contre la maladie.

D’autres études ont montré que les lymphocytes T développés lors d’une infection par d'autres coronavirus peuvent reconnaître le SRAS-CoV-2, mais la nouvelle étude examine pour la première fois comment la présence de ces cellules associées à la réponse immunitaire au moment de l'exposition au SRAS-CoV-2 influe sur la possibilité d’infection d'une personne.

Ces résultats fournissent un plan pour créer un vaccin universel de deuxième génération qui pourrait prévenir l'infection par les variants actuels et futurs du SRAS-CoV-2, y compris Omicron, expliquent dans un communiqué les chercheurs, dont le détail des travaux est publié dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

« L'exposition au SRAS-CoV-2 n'entraîne pas toujours une infection, et nous avons cherché à comprendre pourquoi. Nous avons découvert que des niveaux élevés de cellules T préexistantes, créées par l'organisme lors d'une infection par d'autres coronavirus humains comme le rhume, peuvent protéger contre l'infection par la COVID. »

— Une citation de  Rhia Kundu, première auteure de l’étude

Repères

  • Sept coronavirus en circulation peuvent infecter l'humain.
  • Quatre coronavirus sont considérés comme bénins : 229E, NL63, OC43 et HKU1. Ces virus causent de 15 % à 30 % des rhumes courants.
  • Trois coronavirus sont responsables d’infections plus graves : le SRAS-CoV (syndrome respiratoire aigu sévère de 2002), le MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient de 2012) et le SRAS-CoV-2 actuel.

La vaccination demeure nécessaire

La Dre Kundu estime qu’il reste important de se faire vacciner contre la COVID-19. La meilleure façon de se protéger contre la COVID-19 est d'être pleinement vacciné, notamment en recevant sa dose de rappel, insiste la chercheuse.

L'étude a commencé en septembre 2020, alors que la plupart des personnes au Royaume-Uni n'avaient été ni infectées ni vaccinées contre le SRAS-CoV-2. Les participants vivaient avec une personne dont l'infection par le SRAS-CoV-2 avait été confirmée par un test PCR. La cinquantaine de participants avaient donc été exposés au virus. Ils ont subi des tests PCR au départ, puis 4 et 7 jours plus tard, afin de déterminer s'ils avaient développé une infection.

Des échantillons de sang des 52 participants ont été prélevés entre un et six jours après leur exposition au virus. Cela a permis aux chercheurs d'analyser les niveaux de cellules T préexistantes induites par des infections antérieures par le coronavirus du rhume, qui reconnaissent également les protéines du virus SRAS-CoV-2, rapporte le communiqué.

Les résultats montrent que les 26 volontaires qui n'ont pas été infectés présentaient des taux nettement plus élevés de cellules T que les 26 personnes qui ont été infectées. Ces lymphocytes T ciblaient les protéines internes du virus SRAS-CoV-2, plutôt que la protéine S (pour spicule, qui forme les pointes au bout de la couronne du coronavirus), pour se protéger de l'infection.

Un vaccin qui cible les protéines internes

Les chercheurs pensent que, parallèlement aux vaccins actuels qui ciblent les protéines S, des vaccins s’attaquant aux protéines internes pourraient constituer une nouvelle cible vaccinale. Ces nouveaux vaccins offriraient, selon eux, une protection durable, car la réponse des lymphocytes T persiste plus longtemps que les réponses des anticorps, qui s'estompent quelques mois après la vaccination.

Notre étude fournit la preuve la plus claire à ce jour que les cellules T induites par les coronavirus du rhume jouent un rôle protecteur contre l'infection par le SRAS-CoV-2. Ces lymphocytes T assurent une protection en attaquant des protéines à l'intérieur du virus, plutôt que la protéine de pointe à sa surface, conclut le Pr Ajit Lalvani, qui a participé aux travaux.

La protéine S subit une pression immunitaire intense de la part des anticorps induits par le vaccin, ce qui entraîne l'évolution de variants. En revanche, les protéines internes ciblées par les cellules T protectrices que nous avons identifiées mutent beaucoup moins. Par conséquent, elles sont hautement conservées entre les différents variants du SRAS-CoV-2, y compris Omicron, conclut le professeur.

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