•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Québec imposera « une contribution santé » aux non-vaccinés, dit François Legault

Le Dr Luc Boileau, le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé participent à une conférence de presse, le mardi 11 janvier 2022.

À gauche, le Dr Luc Boileau, directeur par intérim de la santé publique du Québec, est présenté par le premier ministre François Legault avec le ministre de la Santé Christian Dubé lors d'une conférence de presse à Montréal, le mardi 11 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le Québec fixera sous peu le montant d'« une contribution santé » imposée aux personnes qui n'auront pas reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19 dans les semaines à venir. C'est ce que le premier ministre François Legault a annoncé en point de presse, mardi.

La contribution sera imposée à toutes les personnes adultes du Québec qui refusent de se faire vacciner. L'idée, c'est de dire à toutes les personnes qui ne sont pas vaccinées, pour des raisons non médicales, qu'elles auront une contribution à payer, a dit François Legault.

Selon le premier ministre, les 10 % de Québécois qui n'ont reçu à ce jour aucune dose de vaccin ne doivent pas nuire aux 90 % qui se sont fait vacciner.

Ces personnes amènent un fardeau financier important sur le personnel de la santé, a indiqué le premier ministre en précisant que même s'ils représentent 10 % de la population, les gens qui ne sont pas vaccinés occupent 50 % des lits en soins intensifs.

« C'est normal que la majorité de la population réclame des conséquences. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre

M. Legault entend aussi élargir l'imposition du passeport vaccinal. Mais il faut aller plus loin, insiste-t-il; c'est une question d'équité.

Ce montant significatif que devront payer les personnes non vaccinées ne sera pas limité à une cinquantaine de dollars, selon ce qu'a laissé entendre le premier ministre.

Le ministre des Finances, Eric Girard, se penche sur l'application de cette mesure. Cette contribution pourrait être faite lors de la déclaration d'impôt sur le revenu, par exemple. Ce n'est pas au moment où ils iraient à l'hôpital; tout le monde aurait à payer, a dit M. Legault.

L'arrivée du Dr Luc Boileau

En point de presse, François Legault était accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, ainsi que du Dr Luc Boileau, qui remplace sur une base intérimaire le Dr Horacio Arruda à titre de directeur national de santé publique du Québec.

Le Dr Boileau, qui était président-directeur général de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (Institut national d'excellence en santé et en services sociaux), sera en poste pour quelques mois, a fait savoir le premier ministre.

Luc Boileau parle assis à la table de presse.

Le Dr Luc Boileau est le nouveau directeur de santé publique du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Au sujet de cette éventuelle contribution santé, le nouveau directeur de santé publique s'est refusé à donner une opinion là-dessus pour le moment.

Le Dr Boileau affirme être occupé par d'autres enjeux, tels que le contrôle de la pandémie.

Quant à l'obligation de se faire vacciner (une mesure préconisée par Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé du Canada), le Dr Boileau a déclaré qu'il était beaucoup trop tôt pour se manifester là-dessus.

Questionné à savoir s'il croit avoir les coudées franches dans le rôle qui lui incombe désormais, le Dr Boileau a répondu ceci : Moi, j'assume que cette fonction-là doit être indépendante. Et dans l'exercice que j'anticipe de faire, elle le sera.

Parmi les questions de santé publique à l'ordre du jour, celle du retour en classe le 17 janvier demeure une priorité, a assuré François Legault. À cet égard, il recevra les recommandations du Dr Boileau d'ici jeudi.

Concernant le couvre-feu, le premier ministre affirme qu'il sera levé dès que possible, parce qu'il dit savoir que la population québécoise est tannée.

Le départ d'Horacio Arruda

À l'intention du Dr Arruda, le premier ministre du Québec a tenu à dire un énorme merci au nom de tous les Québécois. M. Legault a précisé que le Dr Arruda ne quitte pas; il va continuer à aider le gouvernement.

Après avoir géré la crise de santé publique causée par la COVID-19 pendant 22 mois, le directeur national de santé publique du Québec a offert lundi sa démission au premier ministre Legault, qui l'a acceptée.

Appelé à commenter ce départ, le premier ministre a affirmé qu'évidemment, être à tous les jours devant les médias à essayer d'expliquer les décisions, ce n'est pas facile pour personne.

« Je pense effectivement qu'il y a des avantages, après 22 mois, à avoir une nouvelle personne qui prend ces responsabilités-là. »

— Une citation de  François Legault, commentant la démission du Dr Horacio Arruda

En poste depuis 2012, le Dr Horacio Arruda avait accompagné et rassuré la population lors de la première vague de COVID-19, si bien qu'il avait été reconduit dans ses fonctions pour trois ans en juin 2020.

Cependant, son étoile a pâli. Sa gestion a notamment été critiquée lorsque le variant Omicron a frappé, entraînant une explosion des cas de COVID-19 et malmenant la capacité hospitalière du Québec.

Dans sa lettre de démission, Horacio Arruda dit avoir donné le meilleur de [lui]-même, avec le bagage et l'expérience qui sont les [siens]. Il souligne que ses collègues et lui-même ont combattu sans relâche pour diminuer au maximum l'impact de cette terrible pandémie de COVID-19.

François Legault a déclaré mardi avoir toujours suivi les recommandations de la santé publique depuis 22 mois. Et on va continuer à le faire, a-t-il conclu.

Un point de non-retour

La conférence de presse visait aussi à faire le point sur la situation sanitaire dans la province, et le premier ministre Legault a rassuré la population quant au sort des personnes hospitalisées qui ont été transférées dans des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Cette situation n'est en rien comparable à celle qui prévalait au printemps 2020, selon François Legault.

La grosse différence est qu'on a commencé à donner la troisième dose à tous les résidents de CHSLD et de RPA, a-t-il expliqué. Un CHSLD, où le personnel est disponible, peut accueillir des patients pour faciliter la tâche à un hôpital qui est débordé, a-t-il ajouté. C'est du cas par cas.

On dénombrait mardi plus de 2700 hospitalisations au Québec.

Le ministre Christian Dubé dit avoir tenu des discussions très importantes avec les syndicats pour faire part des besoins à très court terme. C'est-à-dire dans les prochains jours : Le week-end qui s'en vient sera notre week-end le plus difficile, a-t-il affirmé.

« On est très très proches d'un point de non-retour lorsqu'on pense d'ajouter encore 1000 hospitalisations dans les prochains jours. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Plusieurs régions de la province ont atteint le niveau maximal de délestage, a-t-il ajouté.

À l'intention des représentants syndicaux, le ministre Dubé lance le message qu'il faut trouver les bonnes mesures pour ajouter du personnel dans les hôpitaux, et ce, afin d'éviter plus de délestage et de reports de chirurgies. On n'a pas des mois pour les trouver; c'est une question d'heures, de jours, a-t-il déclaré.

Si une entente rapide avec les syndicats n'est pas conclue, on va devoir mettre en place, dans les prochaines heures, des mesures qui nous permettront d'aller chercher des gens [...], a mis en garde le ministre de la Santé.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !