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Des médecins demandent à Québec de maintenir le retour en classe au 17 janvier

Une cour d'école cadenassée.

Pour un groupe de médecins et de pédiatres signant une lettre ouverte dans Le Devoir, l’éducation est un besoin essentiel pour le développement et la santé des enfants qui doit être comblé en priorité.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Inquiets des impacts de la fermeture à répétition des écoles et de l'enseignement à distance sur le bien-être des enfants, une centaine de médecins et de pédiatres exhortent Québec à maintenir le retour en classe le 17 janvier et à cesser de fermer les écoles pour tenter de contenir la pandémie.

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, sous la plume de la pédiatre Véronie Charest, un groupe de médecins qui œuvrent auprès des enfants affirme s’inquiéter sérieusement des effets néfastes pour les adolescents et les enfants de la fermeture des écoles pour une troisième année d’affilée en raison de la pandémie.

En tant que pédiatres et médecins travaillant auprès des enfants et des adolescents, qui malheureusement n’ont ni le droit de vote ni syndicat pour les défendre, nous sentions le devoir d’être leurs porte-parole, précisent d’entrée de jeu les médecins.

« Il est impératif que cette fermeture prenne fin le 17 janvier, au plus tard. »

— Une citation de  Extrait de la lettre ouverte de la Dre Véronie Charest, pédiatre à Rivière-du-Loup

Pour ces experts de la santé des jeunes, l’éducation est un besoin essentiel pour le développement et la santé des enfants qui doit être comblé en priorité.

La qualité de l’enseignement à distance n’étant selon eux pas comparable à celle en présentiel, le bien-être des enfants et des familles s’en trouve compromis alors que les retards d’apprentissage s’accumulent.

Les impacts négatifs de la fermeture des écoles (même temporaire) sont à plusieurs niveaux : apprentissages, alimentation, décrochage scolaire, dépendance aux écrans et nombreux problèmes de santé physique et mentale. Actuellement, les mesures prises pour contrôler la propagation du virus apparaissent plus dommageables pour les enfants que le virus lui-même, souligne l’auteure de la lettre.

« En ce qui concerne les enfants et leurs familles, le point de rupture est atteint. Prendre les enfants en otage en hypothéquant leur avenir ne devrait pas être une option. »

— Une citation de  Extrait de la lettre ouverte de la Dre Véronie Charest, pédiatre à Rivière-du-Loup

Stratégie inefficace

Le gouvernement du Québec a suspendu à plusieurs reprises les cours ou reporté les rentrées en présentiel dans les écoles, les cégeps et les universités depuis l’hiver 2020 pour tenter d’endiguer la propagation de la COVID-19 chez les élèves, le personnel enseignant et les familles.

Une stratégie qui s’est avérée inefficace sur le plan épidémiologique, selon les signataires de la lettre.

Une cour d'école déserte.

Québec a suspendu à plusieurs reprises les cours ou reporté les rentrées en présentiel dans les écoles, cégeps et universités depuis l’hiver 2020 pour tenter d’endiguer la propagation de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des études menées à des endroits où les écoles sont restées ouvertes depuis mai 2020 montrent que les cas de COVID-19 dans les écoles reflètent les cas dans la communauté, mais qu’il y a peu de transmission à l’intérieur des écoles, expliquent-ils.

Les écoles représentent des milieux contrôlés sécuritaires où des mesures sanitaires sont en place. De plus, les enseignants n’étaient pas plus susceptibles que les autres adultes de la société d’attraper la COVID-19.

En ce qui a trait à l’augmentation des hospitalisations chez les enfants liées à la COVID-19 rapportée récemment, les signataires de la lettre précisent que cela représente en fait une cinquantaine d’enfants dans toute la province.

Les enfants hospitalisés sont peu malades, souvent admis pour d’autres raisons et leur hospitalisation est pour la plupart de courte durée, constate la pédiatre Véronie Charest, qui souligne au passage que les enfants sont régulièrement victimes d’infections virales qui les atteignent beaucoup plus sévèrement que la COVID-19.

Soutenir les enseignants plutôt que fermer les écoles

Considérant le fait que 89,6 % des enfants de 12 ans et plus et 95 % des enseignants et de la population vulnérable sont aujourd’hui adéquatement vaccinés, les signataires estiment que le gouvernement devrait consacrer ses efforts à rassurer les enseignants sur l’efficacité vaccinale, ainsi que les encourager à se procurer leur troisième dose plutôt que de fermer les écoles à répétition en hypothéquant le développement scolaire et la santé mentale des enfants.

Monsieur Legault, il est temps de montrer à la population que l’éducation est réellement une priorité en rouvrant nos écoles le 17 janvier, et que ce soit la dernière fois que la fermeture des écoles soit envisagée, conclut la pédiatre Véronie Charest au nom de plus de 100 signataires.

La santé publique de Montréal prône aussi un retour en classe

Questionnée sur les ondes de l’émission Tout un matin sur la rentrée en présence prévue lundi prochain, la directrice santé publique pour la région de Montréal, la Dre Mylène Drouin, s’est elle aussi positionnée en faveur d’un retour en classe.

Les risques pour les enfants, on le sait, sont moindres. On ne veut pas non plus avoir des éclosions incontrôlables dans les écoles, mais les bénéfices de retourner en présentiel sont beaucoup plus importants.

« On veut garder les écoles ouvertes, on veut réduire les périodes d’isolement au maximum pour permettre à ces enfants-là d’avoir accès à l’enseignement auquel ils ont droit.  »

— Une citation de  Mylène Drouin, directrice santé publique pour la région de Montréal

Les mesures de contrôle vont être en place. On pense qu’avec les tests rapides, en espérant qu’on les ait en quantité suffisante, qu’on pourra mener une gestion des cas contacts qui nous permettrait d’isoler le moins possible ces jeunes-là, a expliqué Mme Drouin qui invite tout le personnel des écoles et les parents à aller chercher leur troisième dose de vaccin le plus rapidement possible.

La CSQ réclame une rentrée sécuritaire

Pendant ce temps dans les écoles, à six jours de la rentrée en classe, les enseignants et le personnel scolaire affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (Centrale des syndicats du Québec) et ses fédérations demandent au gouvernement du Québec de leur fournir un environnement sécuritaire, tant pour les élèves que pour le personnel, dans le contexte de la propagation fulgurante du variant Omicron.

Dans un communiqué publié mardi matin, la centrale syndicale, qui représente 125 000 travailleurs de l'éducation, déclare que beaucoup d'incertitude persiste dans les écoles à moins d'une semaine de la rentrée, notamment en ce qui a trait à la qualité de la ventilation dans les locaux et les classes.

Une salle de classe primaire où chacun porte un masque

La ventilation dans les classes, la disponibilité de masques N95 et un meilleur protocole en cas d'éclosion de COVID-19 sont réclamés par les syndiqués de l'éducation.

Photo : Radio-Canada / Bobby Hristova/CBC News

Le personnel déjà à pied d’œuvre dans les milieux, notamment dans les écoles et les classes spécialisées ainsi que dans les services de garde exceptionnels, doit être mieux protégé, et ce, dès maintenant, souligne l'organisation syndicale.

Outre l’installation accélérée de dispositifs d’aération dans les locaux promis par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, les syndiqués demandent à Québec de fournir des masques N95 à ceux et celles qui en font la demande, de fournir davantage de tests rapides au personnel du réseau scolaire, de resserrer le protocole relatif aux éclosions dans les écoles pour éviter que nos établissements redeviennent des lieux de propagation du virus, de permettre au personnel scolaire d’accéder à des tests PCR et aussi de s’assurer de disposer de suffisamment de personnel pour rouvrir les écoles.

Détecter le dioxyde de carbone

Le sentiment est sensiblement le même à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) où on exige que Québec installe des échangeurs d'air dans toutes les classes dans lesquelles une problématique d’aération et de ventilation subsiste.

Selon la FAE, qui représente 50 000 enseignants, l'installation de 400 appareils dans les écoles du Québec n'est pas suffisante pour régler les problèmes d’aération et de ventilation à la source, dans les milliers de classes concernées.

De plus, souligne la FAE, le gouvernement québécois n’est toujours pas en mesure de respecter son engagement voulant que toutes les classes seraient équipées d’un détecteur de dioxyde de carbone (CO2).

Actuellement, souligne le président de la FAE, Sylvain Mallette, le moyen envisagé par Québec pour résoudre les problèmes d’aération et de ventilation se résume à demander aux profs d’ouvrir, si cela est possible et s’il y en a, les fenêtres de leur classe, alors que les températures sont glaciales.

La Fédération des comités de parents demande des mesures claires

Le président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), Kevin Roy, a dit souhaiter des consignes claires pour un retour en classe le 17 janvier. Mais rien de plus n’a été annoncé pour faire en sorte que les écoles restent ouvertes lundi prochain, a-t-il ajouté mardi en entrevue à l’émission Le 15-18 sur les ondes d’Ici Première.

« Des parents sont inquiets [que les écoles ouvrent], et d’autres [non], mais le fil conducteur c'est qu’il n’y a pas de nouvelle annonce, et rien n’a été fait pour améliorer la situation dans les écoles. »

— Une citation de  Kevin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec

Il a plaidé pour la vaccination des 5 à 11 ans, qui aurait pu être instaurée dans les écoles, ce qui faciliterait la vie des parents, et cela pourrait être fait à l’ouverture des classes le 17 janvier.

Il a indiqué qu’il n’y a pas de décision parfaite, mais que plusieurs parents éprouvent des difficultés pour accompagner leur enfant avec les apprentissages en ligne, et que cela crée des inégalités. Les enfants à besoins particuliers paient le prix de l’école à distance, et cela crée des dommages, a-t-il insisté.

M. Roy souhaite surtout qu’il y ait davantage de communication avec les parents, notamment sur les mesures pour le retour en classe. Qu’est-ce qui arrive si, le matin, un test rapide est positif? On envoie [l’enfant] ou pas à l’école? Il reste isolé? Combien de temps? Est-ce qu’on prévient l’école? s’est-il interrogé.

Il a affirmé que les mesures annoncées par le ministère de l’Éducation sont nébuleuses pour l’instant, et qu’il s’attend à des consignes claires, en particulier s’il y a un cas dans la classe.

On demande à être rassurés, a conclu M. Roy.

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