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Les réactions se multiplient en Estrie après le départ du Dr Horacio Arruda

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Le directeur national de santé publique du Québec, Horacio Arruda, a quitté ses fonctions lundi.

Photo : Ivanoh Demers

Radio-Canada

S'ils sont nombreux à saluer le travail du Dr Horacio Arruda, plusieurs croient qu'il était temps de tourner la page. Après deux ans de pandémie de COVID-19, sa gestion de la crise sanitaire était de plus en plus critiquée, et le directeur national de santé publique du Québec a remis sa démission lundi.

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, n'est pas surprise de cette décision. On sentait depuis quelques semaines des doutes au niveau de la confiance. Beaucoup de gens soulevaient [des questions], soutient-elle.

Le microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l'Estrie-CHUS et professeur à l'Université de Sherbrooke, le Dr Alex Carignan, abonde dans le même sens. On sentait la pression monter depuis quelques semaines. Honnêtement, c'est tellement à porter pour un seul homme. Souvent, il était blâmé pour plusieurs choses, mais il n'était pas responsable de ces décisions. Ç'a été un travail colossal, souligne le Dr Carignan.

Christine Labrie craint d'ailleurs que le Dr Arruda soit un bouc émissaire pour le gouvernement. C'est le gouvernement qui décide ce qu'il met en œuvre. Faudrait pas penser que le départ du Dr Arruda va régler les incohérences qu'on a pu voir, et va rétablir la confiance des gens envers les décisions qui sont prises. Faut se souvenir que c'est le gouvernement qui décide au final, affirme Christine Labrie.

Deux chapeaux difficiles à défendre

Horacio Arruda était à la fois directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint à la Direction générale de santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Selon Christine Labrie, l'association entre son rôle scientifique et son rôle politique semait énormément de confusion.

Un sous-ministre, ça fait et ça dit ce que le premier ministre lui dit de faire et de dire, explique-t-elle.

« Parfois on ne savait pas trop qui parlait. »

— Une citation de  Christine Labrie, députée provinciale de Sherbrooke

Elle déplore également le manque de transparence au niveau de la gestion de la pandémie. On ne savait pas le détail des recommandations qui étaient faites au gouvernement, explique-t-elle.

Québec solidaire espère toujours la tenue d'une enquête publique sur la façon dont le gouvernement Legault a géré la pandémie de COVID-19.

Un dur apprentissage

Pour le politologue et professeur en sciences politiques au Cégep de Sherbrooke, Antonin-Xavier Fournier, la présence du Dr Arruda a su rassurer la population en début de pandémie. Il a dû apprendre le dur métier de la communication pour lequel il n'était pas formé, en l'espace de quelques semaines, salue M. Fournier.

« Il y a là une opportunité pour le gouvernement de donner une nouvelle impulsion à la gestion de cette pandémie. »

— Une citation de  Antonin-Xavier Fournier, politologue et professeur au Cégep de Sherbrooke

Un « ambassadeur de l'Université de Sherbrooke » comme successeur

Le successeur par intérim du Dr Horacio Arruda a été nommé officiellement mardi après-midi en conférence de presse. Il s'agit du Dr Luc Boileau, qui était président-directeur général de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Ce dernier a notamment obtenu son doctorat en médecine à l'Université de Sherbrooke et a été professeur au sein de sa Faculté de médecine pendant près de 30 ans.

Selon le recteur de l'Université de Sherbrooke Pierre Cossette, le Dr Boileau représente un excellent choix pour le gouvernement du Québec.

« C’est tout un défi d’être directeur de la santé publique du Québec dans la période actuelle, mais je suis sûr que le Dr Boileau a toutes les cartes et toutes les compétences qu’il faut pour le faire avec brio.  »

— Une citation de  Pierre Cossette, recteur de l'Université de Sherbrooke

C’est quelqu’un qu’on connaît bien, c’est un ambassadeur de l’Université de Sherbrooke. Il a une très vaste expérience de santé publique et de gestion, souligne-t-il.

Le Dr Boileau devrait être en poste pendant quelques mois, selon le premier ministre du Québec François Legault.

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