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Violences, drogues et COVID-19 : des sans-abri de Winnipeg évitent les refuges par peur

Jay Hazel devant l'abribus où il vit.

Jay Hazel et sa femme vivent dans cet abribus à l'angle de la rue Osborne et de l'avenue Broadway depuis un mois.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Les groupes qui travaillent auprès des sans-abri affirment qu’ils sont nombreux à choisir de rester dans des abris de fortune par peur de contracter la COVID-19 ou de s’exposer à de la violence dans les refuges.

Nous épuisons nos ressources avec eux, déclare Zya Duval, qui travaille à St. Boniface Street Links. Le groupe de patrouilleurs de l'organisme s'efforce d'établir des relations avec les personnes sans abri afin de comprendre le fond de leurs problèmes.

Nous leur expliquons toutes les possibilités qui s'offrent à eelle pour se loger, dit Mme Duval. Si elles refusent, nous leur donnons des couvertures, des vestes, tout ce que nous avons, nous le leur offrons. Et puis, nous retournons les voir tous les jours. C'est tout ce que nous pouvons faire si elles ne veulent pas venir avec nous.

Même après des semaines de froid glacial, Jay Hazel et sa femme préfèrent encore dormir dans l'abribus situé à l'angle de la rue Osborne et de l'avenue Broadway, plutôt que dans un refuge pour sans-abri.

Nous voulons être ensemble. Nous sommes ensemble depuis 12 ans, mais, dans beaucoup d'endroits, on nous sépare.

Jay Hazel n’est pas le seul à avoir converti les abris de Winnipeg Transit en refuge de fortune. D’autres ont également ajouté des portes en carton et des matelas à ces structures.

Un abribus en hiver dont l'entrée est bouchée par du carton et un matelas.

L'entrée de l'abribus situé à l'angle de la rue Sherbrook et de l'avenue Portage a été bloquée par du carton et un matelas.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Selon Zya Duval, le nombre de personnes qui vivent dans des abribus a diminué. Maintenant, il s'agirait surtout de personnes qui ont des problèmes de santé mentale ou qui craignent pour leur sécurité dans les refuges.

Zya Duval et Romil Rialubin dehors devant un véhicule de St. Boniface Street Links.

Zya Duval (à gauche) et Romil Rialubin (à droite) travaillent à St. Boniface Street Links.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Je comprends tout à fait que ces personnes ne veuillent pas d'aide, mais cela fait mal au cœur de partir et de savoir qu'elles sont toujours assises là.

Des refuges pleins

Il y a 681 places dans les refuges et les unités d'urgence à Winnipeg, selon End Homelessness Winnipeg. L'organisme affirme que les places réservées aux adultes et aux jeunes sont toutes prises depuis le début de l'hiver. Certains refuges dépassent même leur capacité maximale.

La plupart des personnes en situation d’itinérance veulent un endroit chaud, privé, confortable et sûr où rester. Les abris d'urgence collectifs ne peuvent pas offrir tout cela, dit la directrice des communications et des relations communautaires d'End Homelessness Winnipeg, Kristiana Clemens.

Ajouter des lits ne va pas résoudre le problème des personnes qui choisissent un abribus plutôt qu'un refuge, affirme Mme Clemens. Les logements permanents, sûrs, à faible revenu, qui offrent également du soutien sont la seule solution.

Un avis partagé par le personnel de 1JustCity, un organisme d’aide pour les sans-abri.

Glynis Quinn dehors en hiver avec son masque.

Glynis Quinn, de 1JustCity, croit que le logement intégré est la seule solution pour faire sortir certaines personnes des abribus.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

La directrice générale par intérim de 1JustCity, Glynis Quinn, pense que les logements devraient comporter des ressources pour les dépendances et les problèmes de santé mentale.

« La seule chose que nous pouvons faire pour ceux qui restent dans les abris, c’est tenter de les aider à rester en bonne santé et s’assurer qu'ils ne perdent pas un de leurs membres après l'hiver. »

— Une citation de  Glynis Quinn, directrice générale par intérim de 1JustCity

Selon Mme Quinn, non seulement le fait que les sans-abri vivent dans des abribus est dangereux pour leur santé, mais cela touche également les usagers des transports en commun.

Les personnes qui prennent l'autobus ne peuvent pas y entrer parce que l'entrée est bloquée.

Elle a aussi appris que des portes et des bancs chauffants avaient été retirés de certains abribus cet hiver. Selon un porte-parole de la Ville, la décision aurait été prise en raison du vandalisme.

Qu'il y ait une porte ou non, je ne pense pas que cela va arrêter les gens, note Glynis Quinn.

Sur les 170 abris chauffés de Winnipeg, les employés municipaux ont retiré les portes de 11 d’entre eux, et les bancs chauffés, de 6 abris.

Ce n'est pas parce que nous essayons de rendre ces endroits inhabitables, affirme la conseillère municipale de Fort-Rouge East Fort Garry, Sherri Rollins. Mais il est très important de préciser que les abribus sont destinés aux usagers et non pas à servir d’abris temporaires comme on l’a vu pendant la pandémie.

Le comité de protection, des services communautaires et des parcs de Winnipeg a demandé un rapport sur le nombre d'appels au Service d'incendie et des soins paramédicaux pour des incidents dans des abribus.

Le rapport devrait être déposé en février en raison de complications liées au tri des données, selon Mme Rollins.

Avec les informations de Sam Samson

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