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Horacio Arruda a les yeux baissés assis à la table de presse.

Le Dr Horacio Arruda n'est plus le directeur national de santé publique du Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le visage de la santé publique au Québec, le Dr Horacio Arruda, quitte ses fonctions, après deux ans sous les feux de la rampe à gérer la pandémie de COVID-19.

Le principal intéressé a offert lundi sa démission au premier ministre François Legault, qui l'a acceptée. La nouvelle, d'abord annoncée par TVA et La Presse, a été confirmée par Radio-Canada.

L'étoile de celui qui avait d'abord su rassurer le public, lors de la première vague, avait beaucoup pâli ces derniers temps. Sa gestion a d'ailleurs été critiquée dans la foulée de la déferlante du variant Omicron du coronavirus, qui entraîne une explosion des cas de COVID-19 et malmène la capacité hospitalière du Québec.

Les propos récents tenus sur la crédibilité de nos avis et sur notre rigueur scientifique causent sans doute une certaine érosion de l’adhésion de la population, écrit le Dr Arruda dans sa lettre de démission.

Dans un tel contexte, j’estime approprié de vous offrir la possibilité de me remplacer avant l’échéance du terme de mon mandat, du moins à titre de DNSP [directeur national de santé publique], explique celui qui est aussi, de par ses fonctions, sous-ministre adjoint du ministère de la Santé et des Services sociaux.

« Ne voyez pas en ce geste un abandon de ma part, mais plutôt l’offre d’une opportunité pour vous de réévaluer la situation, après plusieurs vagues et dans un contexte en constante évolution. »

— Une citation de  Extrait de la lettre de démission du Dr Horacio Arruda

Le Dr Arruda explique dans sa lettre de démission avoir donné le meilleur de [lui]-même, avec le bagage et l'expérience qui sont les [siens]. Il souligne que ses collègues et lui-même ont combattu sans relâche pour diminuer au maximum l'impact de cette terrible pandémie de COVID-19.

Les appels à remplacer le Dr Arruda ont pourtant été nombreux dans les derniers mois, parce que des questionnements ont surgi au regard de ses recommandations concernant le couvre-feu, l'efficacité et la disponibilité des tests de dépistage rapide ainsi que l'administration d'une troisième dose de vaccin anti-COVID.

Dans sa lettre de démission, il se défend en soulignant que la pandémie est semée d'incertitudes et que les connaissances scientifiques progressent rapidement.

Les diverses opinions d'experts consultées tout comme les meilleurs standards de santé publique reconnus ont été pris en compte dans nos recommandations, soutient-il. Il importe de considérer chacune de ces recommandations dans le contexte des connaissances du moment et de l'époque.

L'intérim comblé dès mardi

En poste depuis 2012, le Dr Arruda avait été reconduit dans ses fonctions pour trois ans en juin 2020.

Selon nos informations, son successeur par intérim sera présenté à la presse mardi. Il s'agit du Dr Luc Boileau, qui est président-directeur général de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Sa nomination par intérim devrait être confirmée à 13 h mardi par François Legault, qui demeure pour l'instant avare de commentaires.

Portrait du Dr Luc Boileau

Le Dr Luc Boileau a aussi été président-directeur général de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) d’octobre 2008 à janvier 2015.

Photo : LinkedIn / Luc Boileau

Questionné lors d'une conférence de presse le 30 décembre dernier, le premier ministre avait pourtant estimé que le Dr Arruda était toujours la bonne personne pour diriger la santé publique.

Moi, je pense qu'on a des bons avis qui sont donnés, des bonnes discussions avec le Dr Arruda, avec les deux instituts qu'on rencontre une fois par semaine, donc je pense qu'on a toute l'expertise nécessaire pour prendre les meilleures décisions, avait-il déclaré avec le principal intéressé à ses côtés.

Depuis 22 mois, c'est arrivé souvent que d'autres juridictions, d'autres États, nous ont suivis, mais une semaine ou deux semaines plus tard, donc je pense qu'on est en avant de la parade et c'est important de rester comme ça, et c'est entre autres grâce au Dr Arruda, avait ajouté M. Legault.


L'opposition salue le départ du Dr Arruda

Le Dr Arruda a longtemps servi les Québécois. Les deux dernières années de pandémie ont été charnières. Elles l'auront forcé à mettre de côté sa vie ainsi que sa famille pour nous tous et pour cela, on l'en remercie. François Legault cherchera fort probablement à lui faire porter l'odieux de la situation actuelle. Or, le départ du Dr Arruda ne réglera rien. Les décisions sont prises par le premier ministre et doivent être fondées sur la science et non les sondages et son intuition. – Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Merci au Dr Horacio Arruda pour ses longues années de dévouement envers notre appareil de santé publique, trop longtemps négligé et sous-financé. Tout au long de cette pandémie, il a servi le Québec avec sincérité. C’est le gouvernement de la CAQ qui a pris les décisions. – Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole et chef parlementaire de Québec solidaire

Le Dr Arruda s’est sacrifié pour les mauvaises décisions du gouvernement, mais le problème structurel demeure : il y a dans la cellule de crise un seul scientifique pour 15 spécialistes de la politique et des communications au service des décisions politiques de François Legault. Le Dr Arruda a été placé devant une crise sanitaire inédite et dans une cellule de crise où son indépendance et sa marge de manœuvre étaient loin d’être évidentes. Dans des circonstances très difficiles, il a donné le meilleur de lui-même, et il faut l’en remercier. – Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Avec les informations de Martine Biron et de La Presse canadienne

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