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Inondations de 1887 : vers des indemnisations pour les Premières Nations

Des quais vides à proximité de chalet en bois.

La Première Nation de l'Angle nord-ouest, dans le lac des Bois, est l'une des communautés touchées par les inondations causées par les barrages construits à la fin des années 1800.

Photo : gracieuseté : Paul Colson

Radio-Canada

Les négociations semblent toucher à leur fin entre des Premières Nations du sud-est du Manitoba et du nord-ouest de l’Ontario et les gouvernements fédéral et provinciaux. Depuis 10 ans, elles tentent d’établir un règlement des demandes d'indemnisation à la suite d'inondations.

Un premier litige a été réglé avec la Première Nation de Rainy River, et huit autres sont sur le point d’aboutir en Ontario. Selon le site web de la province, les règlements proposés devraient être prêts à être approuvés en 2022.

Mais certains se demandent ce que ces règlements signifieront pour les Premières Nations touchées. Ils veulent aussi comprendre pourquoi il a fallu si longtemps pour parvenir à un dénouement dans l’affaire des inondations causées par des barrages construits il y a plus d'un siècle.

Pourquoi cela a-t-il pris 134 ans?, demande John Thunder, chef de la Première Nation de Buffalo Point, dans le sud-est du Manitoba, l'une des communautés touchées par les inondations de 1887.

Les Premières Nations affirment ne pas avoir reçu de compensation lorsque le barrage Rollerway, construit en 1887, et le barrage Norman, construit en 1895, ont inondé leurs terres.

Une carte montre les Premières Nations concernées et leur emplacement géographique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les Premières Nations touchées par les inondations s'étendent sur le lac des Bois, le lac Shoal et la rivière Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Selon l'Ontario, les communautés ont fait part de la situation au gouvernement canadien dès 1887, mais rien n’avait été fait.

Le site web de l’Ontario (Nouvelle fenêtre) indique que les négociations qui sont proches de la fin comprendront une compensation financière ainsi qu’une entente visant à remédier à l’inondation de ces terres qui est toujours en cours.

Selon Lara Stovern, ancienne conseillère de la Première Nation de l'Angle nord-ouest, il ne s'agit pas seulement d'argent.

C'est quelque chose de très personnel parce que c'est une terre à laquelle nous sommes attachés. C'est là que reposent nos ancêtres, et c'est là que vont vivre nos générations futures.

Des changements majeurs

Selon le site web de l’Ontario, l'inondation permanente des rivages dans ces zones a créé des îles dans les communautés, alors qu'il n'y en avait pas avant l'exploitation des barrages.

Dans un document publié en 1995, des chercheurs du Grand conseil du Traité n° 3 affirment que l'inondation de la fin du XIXe siècle a joué un rôle majeur dans la destruction des ressources, comme le riz sauvage et le poisson, indispensables à l’économie traditionnelle des Anishinaabe.

L’eau a également endommagé des tombes et d'autres sites sacrés dans la communauté de l’ancienne conseillère. Les inondations ont aussi accentué la crise du logement de l'Angle nord-ouest, car les zones constructibles pour les maisons ont été réduites par la montée du niveau d’eau.

À l'époque où Lara Stovern était conseillère, les équipes juridiques du Canada et de l'Ontario ont visité la Première Nation. Elle leur a demandé pourquoi sa communauté n'avait jamais été informée de l'emplacement des zones inondables.

Ils se sont regardés avec des yeux ronds, se souvient Mme Stovern. Elle raconte que les équipes juridiques ont reconnu qu'il n'y avait pas eu d'avis écrit officiel concernant les niveaux d'inondation.

Lara Stovern regarde l'appareil photo.

Lara Stovern a été conseillère pour la Première Nation de l'Angle nord-ouest en Ontario de 2016 à 2020.

Photo : Soumis par Lara Stovern

Lara Stovern est persuadée qu'une autre inondation majeure aura lieu un jour dans sa communauté.

Qu'allons-nous faire lorsque cela se reproduira? Nous n'avons pas d'accès routier; donc, si cela nécessite une évacuation, ça sera très difficile.

Bientôt le dénouement

L'Ontario affirme que les accords de règlement constituent l'une des nombreuses étapes vers la guérison et la réconciliation avec les peuples autochtones, ainsi qu'une occasion d'apporter des avantages économiques aux communautés.

Pour l’heure, la province n'a pas divulgué les montants des règlements. C'est beaucoup d'argent qui va affluer dans une communauté du jour au lendemain, explique Lara Stovern. Elle espère qu’une formation financière sera offerte aux Premières Nations concernées une fois l'indemnisation finalisée.

Mme Stovern estime que les membres de la Première Nation éprouvent du soulagement maintenant que les négociations du règlement sont terminées.

Le processus a été très long, et c'est l'occasion pour nous de clore enfin ce chapitre et d'aller de l'avant en tant que communauté, souligne-t-elle.

Selon l’Ontario, une négociation ultérieure devra se tenir pour les quatre autres communautés touchées par les inondations, les Anishinaabeg de Naongashiing, Buffalo Point, Iskatewizaagegan 39 et Shoal Lake 40.

Avec les informations de Ozten Shebahkeget

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