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Réchauffement climatique record sur les sept dernières années

Un pompier prend une pause devant un énorme brasier.

Un pompier combat un incendie dans le centre de l'Espagne, tandis qu'une vague de chaleur record sévit dans la péninsule ibérique. Le 16 août 2021, le mercure était monté à 47,4 degrés Celsius.

Photo : afp via getty images / Cesar Manso

Agence France-Presse

Les sept années de 2015 à 2021 ont été de façon « nette » les plus chaudes jamais enregistrées, confirmant l'avancée du réchauffement climatique avec des concentrations record de gaz à effet de serre, a annoncé lundi le service européen Copernicus d'observation de la Terre.

Si 2021 n'a été que classée cinquième parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, elle a subi les effets dévastateurs du changement climatique : canicules exceptionnelles et meurtrières en Amérique du Nord et en Europe du Sud, incendies ravageurs au Canada ou en Sibérie, vague de froid spectaculaire dans le centre des États-Unis ou précipitations extrêmes en Chine et en Europe de l'Ouest.

Malgré un niveau tiré à la baisse par le phénomène météo La Niña, 2021 a tout de même enregistré selon Copernicus une température moyenne supérieure de 1,1 °C à 1,2 °C par rapport à l'ère préindustrielle (1850-1900), comparaison de référence pour mesurer le réchauffement causé par les émissions de gaz à effet de serre issues de l'activité humaine.

L'objectif de l'Accord de Paris de 2015, contenir le réchauffement nettement sous +2 °C et si possible à +1,5 °C, est donc toujours aussi dangereusement proche.

En moyenne annuelle, 2021 se classe très légèrement devant 2015 et 2018, l'année 2016 restant la plus chaude.

Et les sept dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, d'une marge nette, relève l'organisme européen.

Il s'agit d'un rappel brutal de la nécessité pour nous de changer, de prendre des mesures efficaces et décisives pour aller vers une société durable et de travailler à réduire les émissions de carbone, a souligné Carlo Buontempo, directeur du service changement climatique de Copernicus.

Car l'agence a mesuré pour 2021 de nouvelles concentrations record dans l'atmosphère des gaz à effet de serre produits par l'activité humaine et responsables du réchauffement.

Le CO2, de très loin premier responsable du réchauffement et qui provient principalement de la combustion de matières fossiles et de la production de ciment, a atteint le niveau record de 414,3 ppm (parties par million), selon les données préliminaires de Copernicus.

Pour 2020, malgré le ralentissement de l'activité dû à la pandémie, l'Organisation météorologique mondiale (OMM, agence de l'ONU) avait mesuré cette concentration à 413,2 ppm , soit 149 % supérieure au niveau préindustriel.

Copernicus traque également les rejets de méthane, gaz à effet de serre encore plus puissant que le CO2, mais qui subsiste moins longtemps dans l'atmosphère, dont environ 60 % sont d'origine humaine (élevage de ruminants, riziculture, décharges, le reste provenant de sources naturelles comme les tourbières).

Elles aussi ont continué à augmenter en 2021 [...] atteignant une moyenne maximale sans précédent, selon l'agence européenne, qui souligne toutefois que l'origine de cette augmentation n'est pas totalement comprise.

Vers un réchauffement « catastrophique »

Lors de la conférence climat COP26 de novembre, une centaine de pays avaient rejoint une initiative visant à réduire de 30 % les émissions de méthane. Objectif qui pourrait, s'il était tenu, rendre plus réaliste le slogan martelé lors de la conférence de Glasgow de maintenir en vie (l'objectif de) 1,5 degré.

Les engagements de réduction d'émissions pris par les différents pays, en comptant ceux annoncés à l'occasion de la COP26, laissent en effet le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,7 °C, niveau qualifié de catastrophique par l'Organisation des Nations unies.

À l'occasion de cette COP, l'Organisation météorologique mondiale avait déjà annoncé que les sept années depuis 2015 seraient probablement les plus chaudes jamais enregistrées, avertissant que le climat mondial entrait de ce fait en terrain inconnu.

C'est un nouvel avertissement sur ce que nous faisons à notre planète [et] nous avons désespérément besoin d'actions véritables pour faire baisser les émissions, a commenté lundi Sir Brian Hoskins, directeur de l'Institut Grantham sur le changement climatique de l'Imperial College de Londres, en soulignant qu'il devient difficile de dire quelque chose de neuf à chaque fois que nous voyons un nouveau clou planté dans le cercueil planétaire.

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