•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Américains et Russes commencent des pourparlers « compliqués » sur l’Ukraine

Joe Biden au téléphone

Le président américain Joe Biden s'entretient avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Photo : Associated Press / Adam Schultz

Agence France-Presse

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a déclaré avoir eu une discussion « compliquée » dimanche soir avec son homologue américaine, début d'une semaine diplomatique à haut risque pour tenter de désamorcer la crise explosive qui se joue autour de l'Ukraine.

La discussion a été compliquée, elle ne pouvait pas être simple, a dit le vice-ministre russe Sergueï Riabkov, cité par l'agence Interfax, après un dîner de travail de deux heures à Genève avec la secrétaire d'État adjointe Wendy Sherman.

M. Riabkov a qualifié la discussion de sérieuse. Une journée de négociations doit suivre lundi. Je pense que demain nous ne perdrons pas notre temps, a ajouté le Russe.

Les États-Unis et la Russie se sont fermement positionnés avant ces négociations. Washington a prévenu d'un risque de confrontation et Moscou a exclu toute concession.

Un soldat de l'armée russe

Les manœuvres militaires de l’armée russe près de l’Ukraine inquiètent les Occidentaux.

Photo : AP

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a pressé la Russie d'éviter une nouvelle agression de l'Ukraine et de choisir la voie diplomatique, tandis que le Kremlin, sous pression pour retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, demande aux Occidentaux des garanties sur la sécurité en Europe, dont celle que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ne s'étendra pas plus à l'Est.

Durant le dîner de travail, Wendy Sherman a souligné le soutien des États-Unis aux principes internationaux de souveraineté, d'intégrité territoriale, et à la liberté des pays souverains de choisir leurs propres alliances, selon un communiqué du département d'État américain.

Intense ballet diplomatique

Quelques heures avant ce dîner, M. Riabkov s'était dit déçu des signaux venant ces derniers jours de Washington, mais aussi de Bruxelles, où sont basées l'Union européenne (UE) et l'OTAN, selon les agences russes.

Cette rencontre lance une semaine diplomatique intense. Outre les discussions américano-russes en Suisse lundi, une réunion OTAN-Russie est prévue mercredi à Bruxelles, puis une rencontre jeudi à Vienne de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), pour inclure les Européens, qui redoutent d'être marginalisés.

Il y a une voie de dialogue et de diplomatie pour essayer de résoudre certains de ces différends, avait estimé dimanche Antony Blinken sur la chaîne américaine CNN. L'autre voie est celle de la confrontation et de conséquences massives pour la Russie si elle renouvelle son agression de l'Ukraine. Nous sommes sur le point de voir quelle voie le président [russe, Vladimir] Poutine est prêt à emprunter.

Les Occidentaux et Kiev accusent les Russes d'avoir massé près de 100 000 soldats à la frontière ukrainienne en vue d'une potentielle invasion, et ont menacé Vladimir Poutine de sanctionsmassives et sans précédent s'il attaquait à nouveau l'Ukraine.

Ces sanctions pourraient aller jusqu'à couper la Russie des rouages de la finance mondiale ou empêcher l'entrée en fonction du gazoduc Nord Stream 2 cher au Kremlin.

L'objectif des Occidentaux est de se montrer plus déterminés qu'en 2014, lorsque Moscou avait annexé la Crimée ukrainienne sans que l'alliance américano-européenne parvienne à le stopper.

Le président russe, assis au bout d'une longue table, regarde un écran placé à distance et sur lequel on voit Joe Biden.

Le président russe Vladimir Poutine s'entretient avec son homologue américain Joe Biden par vidéo à partir de Sotchi, en Russie.

Photo : Reuters / SPUTNIK

Le président Poutine, qui s'est entretenu à deux reprises avec son homologue américain Joe Biden depuis le début de cette nouvelle crise, a prévenu que de nouvelles sanctions seraient une erreur colossale et a menacé d'une réponse militaire et technique en cas de maintien de la ligne très clairement agressive de ses rivaux.

Le Kremlin affirme que c'est l'Occident qui provoque la Russie en stationnant des militaires à ses portes et en armant les soldats ukrainiens qui combattent des séparatistes prorusses dans le Donbass, dans l'est de l'Ukraine.

Il réclame donc un grand traité excluant l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN et le retrait des soldats américains des pays les plus orientaux de l'Alliance atlantique.

« Le risque d'un nouveau conflit est réel. »

— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN

Mais les Américains assurent ne pas vouloir réduire leurs effectifs en Pologne ou dans les pays baltes, et menacent de les renforcer si les Russes passent à l'offensive.

Cela fait certainement partie de leur stratégie de présenter une liste d'exigences absolument irrecevables et ensuite prétendre que l'autre camp ne joue pas le jeu et utiliser cela comme une justification pour une agression, a renchéri Antony Blinken.

L'Europe se sent isolée

Pour John Herbst, ex-ambassadeur américain en Ukraine, le déploiement militaire russe est un gigantesque bluff de Vladimir Poutine pour décrocher des concessions.

Tant que l'administration Biden reste au moins aussi ferme qu'actuellement, a dit cet expert du cercle de réflexion Atlantic Council, cela devrait suffire à retenir Poutine d'envahir l'Ukraine, mais je n'exclus pas une opération plus limitée.

Au-delà de la crise ukrainienne, Washington espère profiter des pourparlers pour remettre sur les rails les relations américano-russes, au plus bas depuis la fin de la guerre froide. Et peut-être obtenir des progrès sur d'autres dossiers, comme le désarmement.

De Paris à Berlin, en passant par Bruxelles, les appels se sont multipliés pour faire une vraie place à la table des négociations aux pays du Vieux Continent, et notamment l'Union européenne, face au Kremlin qui semble vouloir privilégier le tête-à-tête russo-américain.

Un test pour les États-Unis de Joe Biden, qui, malgré les promesses de concertation, ont échaudé leurs alliés européens en donnant l'impression de faire cavalier seul sur l'Afghanistan ou la stratégie anti-Chine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !