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L’aide humanitaire est suspendue dans le nord-ouest du Tigré, en Éthiopie

Nuage de fumée et amas de débris après une explosion à Mekele.

Une attaque aérienne à Mekele, en octobre dernier, avait forcé l'abandon d'un vol humanitaire de l'ONU au Tigré.

Photo : AP

Agence France-Presse

Les organisations humanitaires ont suspendu leurs activités dans le nord-ouest de la région éthiopienne du Tigré, en guerre, après une attaque aérienne meurtrière contre un camp de déplacés, a annoncé l'ONU dimanche.

Les partenaires humanitaires ont suspendu leurs activités dans la région en raison des menaces continues de frappes de drones, a déclaré le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Selon les informations préliminaires de l'OCHA, l'attaque, menée vendredi vers minuit dans la ville de Dedebit, a fait des dizaines de victimes civiles, dont des décès.

Les rebelles tigréens ont accusé samedi le gouvernement d'avoir mené une attaque de drone qui, selon eux, a tué 56 personnes, tandis qu'un responsable du principal hôpital de la région a fait état de 55 morts et de 126 blessés.

Le porte-parole du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), Getachew Reda, a également affirmé sur Twitter dimanche que l'armée érythréenne, qui a soutenu les forces gouvernementales éthiopiennes contre les rebelles et qui a été accusée de commettre des atrocités, avait lancé des attaques contre ses combattants dans le nord-ouest du Tigré samedi.

Il a accusé l'Érythrée de chercher à saboter tous les efforts de paix dans la région, prétendument pour protéger l'unité de l'Éthiopie.

Toutefois, il a été impossible de vérifier ces affirmations de manière indépendante, l'accès au Tigré étant très restreint et les communications étant coupées dans cette région.

Les responsables du gouvernement éthiopien n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP à propos de cette attaque.

Selon l'OCHA, le manque de fournitures essentielles, en particulier de matériel médical et de carburant, perturbe gravement la réponse aux blessés et a conduit à l'effondrement presque total du système de santé au Tigré.

« L'intensification des frappes aériennes est alarmante et nous rappelons une fois de plus à toutes les parties au conflit qu'elles doivent respecter leurs obligations en vertu du droit humanitaire international. »

— Une citation de  Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU

L'attaque a eu lieu au moment où le gouvernement éthiopien annonçait l'amnistie de plusieurs hauts responsables du TPLF et d'autres dirigeants de l'opposition après un appel à la réconciliation nationale lancé à l'occasion de la célébration du Noël orthodoxe par le premier ministre Abiy Ahmed.

L'amnistie a été saluée par les Nations unies et par l'Union africaine, fers de lance des efforts internationaux pour mettre fin au conflit, qui ont appelé à saisir cette occasion pour entamer un dialogue.

Il n'a pas été précisé si le gouvernement avait proposé des négociations au TPLF, parti qui a dirigé de fait l'Éthiopie pendant trois décennies jusqu'à ce que M. Abiy prenne le pouvoir, en 2018, et désormais considéré comme un groupe terroriste par Addis-Abeba.

Le conflit a éclaté en novembre 2020 quand l'armée fédérale est intervenue au Tigré pour destituer les autorités régionales – issues du TPLF – qui contestaient son autorité.

Une contre-offensive du TPLF a permis aux rebelles de reconquérir, à la fin de juin 2021, l'essentiel de la région et de progresser dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar. En novembre, ils ont affirmé être arrivés à 200 km d'Addis-Abeba.

Le conflit a fait des milliers de morts

Le Tigré est soumis, selon l'ONU, à un blocus de facto de l'aide humanitaire.

Les rebelles se sont repliés à la fin de décembre dans leur fief du Tigré devant une offensive militaire des forces gouvernementales, qui ont repris le contrôle d'une série de villes stratégiques.

Les affrontements avaient connu une accalmie depuis la retraite du TPLF, bien que les rebelles accusent le gouvernement de continuer à mener des frappes meurtrières de drones sur le Tigré.

Trois autres personnes ont été tuées dans un raid aérien sur un camp de réfugiés de la région, avait rapporté l'ONU cette semaine.

Le bureau des affaires africaines du département d'État américain a qualifié ces attaques d'inacceptables, appelant sur Twitter à la fin immédiate des hostilités, au lancement rapide d'un dialogue national inclusif et à un accès sans entrave de l'aide.

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