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Transferts vers les CHSLD : c’est pour lutter contre un « tsunami d’admissions »

Façade extérieure d'un immeuble devant lequel une pancarte indique qu'il s'agit du C H S L D Notre-Dame-de-Lourdes.

Le variant Omicron a fait augmenter le nombre d'hospitalisations dans les hôpitaux du Québec, maintenant obligés de transférer des patients dans les CHSLD.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Radio-Canada

Débordés par l’afflux de patients atteints de la COVID-19, certains établissements de santé du Québec ont commencé à transférer des personnes âgées actuellement hospitalisées vers des centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

Il s'agit d'une mesure controversée puisqu'elle a été à l'origine de l'hécatombe au Québec durant la première vague de la pandémie. Toutefois, pour le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec, elle est tout à fait essentielle.

Depuis 10 jours, la situation dans les hôpitaux du Québec a atteint un seuil critique. Les hôpitaux sont débordés et on assiste à un tsunami d'admissions, a fait valoir le Dr Boucher en entrevue avec Radio-Canada.

Cette situation est intenable parce que les malades continuent d'affluer au moment où le nombre de travailleurs hospitaliers infectés à la COVID-19 progresse. Et il n'y a aucun signe que ça diminue, estime le Dr Boucher, qui affirme que dans certains établissements, les deux tiers des patients sont infectés par le coronavirus.

« En ce moment, nos hôpitaux sont en train de devenir des hôpitaux COVID. »

— Une citation de  Le Dr Gilbert Boucher, spécialiste en médecine d'urgence

Les hôpitaux vivent une situation difficile : Dans les unités, des chirurgies et des traitements sont annulés, on commence à parler de cancers de prostate, de chirurgies cardiaques non urgentes […], alors on commence à manquer de personnel, explique-t-il, même s'il reconnaît que, dans certains centres hospitaliers, ça va bien.

Devant une telle situation, quand un patient n'a plus besoin de soins hospitaliers, d'oxygène, il faut tout faire pour le mettre ailleurs [c'est-à-dire enCentre d'hébergement et de soins de longue durée], se justifie-t-il. Sinon, il n'y aura plus rien d'autre que les patients COVID dont on devra s'occuper, alors qu'il y a encore beaucoup d'autres problèmes, ajoute-t-il.

Portrait de Gilbert Boucher.

Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec (archives)

Photo : Radio-Canada

Un des endroits où on essaie de retourner les patients, c'est justement dans les Centre d'hébergement et de soins de longue durée, dans leur demeure. On sait que ce n'est pas optimal, mais comparativement au fait d'engorger les hôpitaux en ce moment, tout le monde est en train de faire du délestage de niveau 4. La situation est devenue critique, tout le monde doit mettre l'épaule à la roue, lance le président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.

Un mal nécessaire

Ces transferts comportent-ils des risques? Malheureusement, il n' y a plus de risque zéro, il faut gérer le risque. Malheureusement, oui, il faut retourner les patients dans les Centre d'hébergement et de soins de longue durée, répond le Dr Boucher.

Toutefois, il tente de se faire rassurant en affirmant que les patients expédiés à la maison n'ont plus besoin de soins hospitaliers, seulement d'un lit. Il vaut mieux les retourner chez eux, où ils se sentent plus à l'aise, affirme-t-il.

« Les usagers sont beaucoup mieux à la maison que dans un lit d'hôpital quand ils n'ont pas besoin de soins hospitaliers. »

— Une citation de  Le Dr Gilbert Boucher, spécialiste en médecine d'urgence

Pour le Dr Boucher, les Centre d'hébergement et de soins de longue durée sont beaucoup mieux outillés que lors de la première vague pour recevoir les patients qui n'ont plus besoin de soins, même s'il y a des éclosions et du manque de personnel. Toutefois, pour mieux gérer la situation, il faut du matériel et un dirigeant dans chaque Centre d'hébergement et de soins de longue durée, recommande-t-il.

Interrogé au sujet de la troisième dose de vaccin contre la COVID-19, le Dr Boucher affirme qu'elle est magique parce qu'elle accélère le rétablissement des patients. D'ailleurs, c'est ce qui leur permet de retourner à la maison deux ou trois jours après leur admission initiale. Il arrive même qu'ils aillent mieux après 12 heures passées aux urgences, témoigne-t-il.

Des résidents d'un CHSLD se déplaçant dans le corridor.

Le CISSS des Laurentides supprime les chambres uniques

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (Centre intégré de santé et de services sociaux) des Laurentides, un des premiers à avoir annoncé ce transfert, a fait savoir samedi que le processus d'admission des usagers sortis de l'hôpital dans ses Centre d'hébergement et de soins de longue durée se fera de manière sécuritaire.

La consigne 005 concernant les trajectoires stipule que les usagers quittant un centre hospitalier pour être admis en Centre d'hébergement et de soins de longue durée doivent avoir un test PCR négatif. À leur arrivée en Centre d'hébergement et de soins de longue durée, ils doivent effectuer une période de confinement de 5 à 10 jours, affirme la direction du Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides dans un communiqué diffusé samedi, rappelant que la situation épidémiologique est critique, particulièrement dans ses hôpitaux.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides précise en même temps que sa mesure qui consistait à réserver une chambre pour une personne pour chaque Centre d'hébergement et de soins de longue durée comptant des chambres à occupation double ne s’avère plus possible dans les circonstances actuelles en raison des admissions en provenance des centres hospitaliers.

Avec les informations d'Elyse Allard et de Thomas Gerbet

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