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Gestion de la pandémie : le Collège des médecins critique le gouvernement Legault

Des personnes entrent dans un centre de vaccination contre la COVID-19 à Montréal.

L’exigence élargie du passeport vaccinal doit être mise en œuvre plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics, selon le Collège des médecins du Québec (archives).

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) demande au gouvernement Legault d'imposer plus rapidement d'autres restrictions aux personnes non vaccinées. Il insiste aussi sur la nécessité d'une communication plus efficace de la part des autorités.

Nous enjoignons aujourd’hui au gouvernement d’accélérer la cadence pour mettre en place les mesures permettant de limiter le nombre de contacts avec les personnes non vaccinées, peut-on lire dans la dernière infolettre du Collège des médecins du Québec, publiée vendredi (Nouvelle fenêtre).

Plus tôt cette semaine, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a annoncé l’exigence élargie du passeport vaccinal aux succursales de la Société des alcools du Québec et de la Société québécoise du cannabis à partir du 18 janvier. D’autres commerces et services jugés non essentiels seront bientôt ajoutés à cette liste, a-t-il avancé.

Par ailleurs, l’élargissement annoncé de l'exigence du passeport vaccinal doit se faire plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics, selon le Collège.

Accès restreint aux non-vaccinés

C’est paradoxal qu’on vive en couvre-feu, que les hôpitaux soient sous pression, parfois au stade 4 de délestage, et que les non-vaccinés puissent se rendre librement dans les magasins à grande surface ou d’autres lieux publics tels que la Grande Bibliothèque ou le Musée des beaux-arts, ajoute le président du Collège des médecins du Québec, le Dr Mauril Gaudreault, par courriel.

Il me semble évident que les gens qui n’ont pas encore été chercher leur première dose, leur deuxième dose et leur troisième dose de vaccin ne devraient pas pouvoir aller dans les lieux publics autres que les lieux essentiels, soutient également la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (Centre hospitalier de l’Université de Montréal).

Tout ce qu’on va faire pour étendre les restrictions à l’accès public aux gens qui ne sont pas vaccinés va aller dans la bonne direction, a-t-elle précisé en entrevue à ICI RDI samedi, réagissant aux propos tenus vendredi par le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, qui a affirmé que la vaccination obligatoire sera la seule manière de ramener le Canada vers une situation et une vie normales.

Le Collège des médecins du Québec voit une mesure d’équité dans des restrictions ciblées puisque la population vaccinée ne peut plus souffrir en silence les contraintes des mesures sanitaires pendant que les personnes non vaccinées occupent un lit sur deux en [soins de] courte durée et la majorité des lits aux soins intensifs.

Les non-vaccinés sont surreprésentés parmi les hospitalisations et les décès depuis le début de la campagne de vaccination. Dans des données transmises à Radio-Canada, le ministère de la Santé et des Services sociaux a indiqué vendredi que 75 des 234 personnes décédées de la COVID-19 au cours des 28 jours précédents – soit près de 33 % – n'étaient pas adéquatement vaccinées, alors que les non-vaccinés représentent 18 % de la population admissible.

De plus, la surcharge des hospitalisations et le délestage privent des milliers et des milliers de patients d’une intervention chirurgicale sans cesse repoussée, détériorant davantage dans certains cas leur état de santé, souligne le CMQ.

Communication plus efficace

Cécile Tremblay, microbiologiste-infectiologue au CHUM

Imposer la vaccination au Canada ?

Photo : Radio-Canada

La communication du gouvernement du Québec doit être plus transparente et plus cohérente auprès de la population, selon le Collège des médecins du Québec. Les messages portant sur le dépistage, les tests rapides ou l’isolement sèment actuellement la confusion.

L’ordre professionnel souhaite notamment que toutes les mesures touchant directement la population soient annoncées lors des conférences de presse gouvernementales. À la fin de décembre, de nouvelles directives concernant les Centre de la petite enfance n'avaient pas été communiquées lors d’un point de presse, ce qui avait suscité de la confusion. Elles ont été révisées cette semaine.

Cette façon de faire nuit actuellement à la cohésion et à la confiance, peut-on lire dans l’infolettre signée par le Dr Gaudreault.

Actuellement, c’est vrai qu’il y a un flou, en particulier sur les conditions de confinement, sur [les groupes de personnes] à qui s’applique le dépistage, opine le Dr Vincent Oliva, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (Fédération des médecins spécialistes du Québec), en entrevue samedi. Et ça, je pense que ça mériterait d’être précisé très rapidement.

Le cabinet du ministre Christian Dubé réplique que le gouvernement tient plusieurs points de presse chaque semaine, en plus de breffages techniques pour les journalistes.

Nous sommes transparents envers les Québécois, conclut-il.

Avec des informations de Jean-Philippe Hughes et de La Presse canadienne

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