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L’enfouissement des résidus marins n’est plus une solution pour Merinov et ses partenaires

Des crabes dans un bac.

La valorisation des résidus marins pourrait s'amplifier dans les prochaines années en raison de la demande internationale (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Alice Proulx

Valoriser à 100 % la biomasse marine, c'est un des projets sur lesquels se penchent actuellement Merinov et ses partenaires pour se conformer à l’objectif de Québec de ne plus enfouir de matières organiques à compter de 2022. Il s'agit d'un enjeu de taille pour l'industrie des pêches de la région, qui devra dorénavant disposer de ses résidus autrement.

Les usines de produits marins en Gaspésie génèrent chaque année plusieurs tonnes de résidus, principalement des carapaces de homard et de crabe des neiges.

« Du côté du crabe des neiges ou du homard, on enfouit entre 20 et 60 % du poids de chacune de ces captures. »

— Une citation de  David Courtemanche, directeur général de Merinov

Puisque c'est considéré comme étant du gaspillage, l’idée, ici, est de trouver des solutions pour utiliser cette biomasse à meilleur escient, lance le directeur général de Merinov David Courtemanche, en entrevue à Bon pied, bonne heure.

Le Centre d'innovation de l'aquaculture et des pêches Merinov.

Merinov est le plus important centre intégré de recherche appliquée dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture, de la transformation et de la valorisation des produits aquatiques au Canada (archives).

Photo : Radio-Canada

La valorisation de ces carcasses de crustacé comporte ainsi plusieurs avantages. M. Courtemanche explique que les carapaces des crustacés contiennent des molécules qui peuvent servir à la composition de différents matériaux, comme des bioplastiques.

L’utilisation de la biomasse marine couvre plein d’aspects, que ce soit du côté de la nutrition humaine et animale, des cosmétiques, mais aussi en nutraceutique, en pharmacie et en médecine… Bref, c’est très vaste comme univers!

Merinov travaille de concert avec des entreprises de la région pour développer des procédés de transformation et bâtir un réseau d'acheteurs prêts à effectuer une seconde transformation de cette nouvelle ressource.

Parmi ces entreprises se trouve l'usine Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Le havre de pêche de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Sainte-Thérèse-de-Gaspé demeure l'un des plus importants ports de pêche au Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Sébastien Thériault

Le propriétaire Roch Lelièvre estime que la valorisation des résidus marins s'amplifiera dans les prochaines années en raison de la demande internationale.

Cette année, on a vendu un peu plus de corps de homard en France, en Espagne et en Chine. Chaque pays a des besoins et il y a une demande dans toutes sortes de pays pour ces produits, donc je pense qu’il va y avoir une croissance de la valorisation, affirme-t-il.

« Cette année, on a vendu près de 300 000 livres de corps de homard à l’international. »

— Une citation de  Roch Lelièvre, propriétaire de l'usine

La valorisation, c'est bon pour l'environnement, mais ça donne aussi une valeur aux résidus pêchés et c'est rentable, ajoute M. Lelièvre.

Des homards avec les pinces attachées par des élastiques, dans un bac.

La valorisation des corps de homard tient grandement à cœur à M. Lelièvre (archives).

Photo : CBC / Mark Crosby

Roch Lelièvre tend également de plus en plus vers la valorisation agricole.

On délaisse l’enfouissement pour la valorisation agricole, de plus en plus. Chacun y retrouve un bénéfice parce que, pour les agriculteurs, c’est intéressant pour leurs terres et, pour nous, c’est une façon de pouvoir disposer de nos résidus, indique-t-il.

Et, il n'est pas le seul à le faire.

La directrice générale de la Régie intermunicipale du traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG), Nathalie Drapeau, soutient que plusieurs entreprises ont emboîté le pas, et ce, depuis bon nombre d'années déjà.

Avant même que le compostage soit implanté sur le territoire, des entreprises faisaient déjà de la valorisation agricole. C’est-à-dire qu’elles prenaient des résidus frais qui étaient valorisés sur des terres agricoles qui avaient été échantillonnées, sélectionnées et pour lesquelles il y a des plans d’épandage, soit des doses d’épandage qui sont déterminées, précise-t-elle.

La directrice générale de la Régie intermunicipale du traitement des matières résiduelles de la Gaspésie, Nathalie Drapeau.

La Régie offre un service d'accompagnement auprès des entreprises depuis qu’elle assume la gestion des matières résiduelles sur le territoire (archives).

Photo : Radio-Canada / Vincent Lafond

Mme Drapeau se rappelle que les Fumoirs Gaspé Cured, E. Gagnon & fils et Dégust-Mer étaient notamment considérés comme des pionniers de la valorisation agricole.

Le site de compostage de Chandler a ouvert en 2012. Il dessert, entre autres, les entreprises et résidents de la MRC du Rocher-Percé.

Depuis l’implantation du compostage sur le territoire de la RITMRG, 3400 tonnes de matières ne vont plus à l’enfouissement.

Au cours de l’année 2020-2021, une augmentation de plus de 200 tonnes a été constatée au site de compostage.

Source : Nathalie Drapeau, RITMRG

La valorisation des résidus marins, ça se fait très bien du mois de mai au mois d’octobre, mais en dehors de cette période-là, les entreprises apportent les résidus marins au site de compostage et à ce moment-là, ils sont compostés. Donc, depuis 2012, les entreprises peuvent tout aussi valoriser que composter. C'est un combo!, souligne-t-elle.

« Avant 2012, ils valorisaient pendant [la saison chaude] et après, c’était enfoui. »

— Une citation de  Nathalie Drapeau, directrice générale de la RITMRG

Elle considère que les solutions offertes aux différentes entreprises qui produisent des résidus marins sont suffisamment complémentaires pour satisfaire leurs besoins.

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