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Exode de hockeyeurs universitaires : les Ravens et les Gee-Gees n’y échappent pas

Montage photos avec quatre joueurs de hockey.

Les Ravens ont perdu les services de Cody Caron, Jeremy Masella et C.J. Garcia, tandis que les Gee-Gees ont vu Tristan Bérubé quitter l'équipe.

Photo : Ravens de Carleton et Gee-Gees d'Ottawa

En moins d’un mois, près de 30 hockeyeurs masculins de l’Association des sports universitaires de l'Ontario (OUA) ont quitté leur équipe pour faire le saut chez les professionnels. Dans la région, les Ravens de Carleton en ont souffert avec la perte de quatre joueurs. Leurs éternels rivaux des Gee-Gees d’Ottawa n’en ont perdu qu’un seul, mais ô combien important : leur gardien partant, Tristan Bérubé.

Selon l’entraîneur-chef des Gee-Gees, Patrick Grandmaître, cet exode s’explique par le retour des escouades de réserve dans la LNH, qui a créé un effet boule de neige. Les équipes de la LNH ont pigé dans leur club-école de la Ligue américaine de hockey (LAH). Pour pourvoir les postes vacants, les formations de la LAH font appel à des patineurs dans la ECHL.

Et celles de la ECHL viennent piger dans notre ligue et dans les ligues semi-pro. Le marché des joueurs est donc à sec, a-t-il constaté.

Patrick Grandmaître derrière le banc des Gee-Gees.

Patrick Grandmaître est à la tête du programme de hockey masculin des Gee-Gees depuis la renaissance de celui-ci (archives).

Photo : Greg Mason/Gee Gees de l'Université d'Ottawa

En plus de cet effet domino, l’OUA a choisi, le 17 décembre, de repousser sa reprise des activités du 6 au 24 janvier. À ce moment-là, beaucoup de joueurs ont commencé à regarder leurs options dans les rangs professionnels pour éviter de gaspiller une saison en raison de la COVID-19, comme ce fut le cas l’année dernière.

C’est le cas notamment de Tristan Bérubé, gardien de but des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa. Avant cela, il jure qu’il n’avait jamais eu l’intention de quitter son équipe.

C’était quasiment une question de santé mentale. Je joue au hockey depuis l’âge de 4 ans. J’ai joué 7 matchs en un an et demi à l’Université d’Ottawa. De voir que le retour au jeu était incertain en 2022, je trouvais ça très dur.

Pour le bien de sa carrière, Tristan Bérubé a donc choisi de s’entendre avec les Lions de Trois-Rivières, un club affilié aux Canadiens de Montréal. Il n’en demeure pas moins que ce fut difficile d'annoncer son départ à son entraîneur-chef et à ses coéquipiers.

J’ai énormément de respect pour Patrick Grandmaître, pour les Gee-Gees et pour l’Université d’Ottawa, mais j’avais besoin de jouer.

Tristan Bérubé fait son entrée sur la patinoire.

À son premier départ chez les professionnels, Tristan Bérubé a accordé 4 buts dans une défaite contre les Mariners du Maine (archives).

Photo : Gee-Gees de l'Université d'Ottawa

Du côté des Ravens de Carleton, l’entraîneur-chef Shaun Van Allen a fait ses adieux à trois morceaux importants de sa formation : le capitaine Cody Caron ainsi que le défenseur Jeremy Masella ont aussi fait le saut dans la ECHL, respectivement à Cincinnati et à Kalamazoo. Un autre vétéran, C.J. Garcia, a quant à lui décidé de mettre le cap sur la France, à Anglet, dans la Ligue Magnus.

Portrait de Cody Caron.

Cody Caron a fait son entrée à l'Université Carleton à l'automne 2017 (archives).

Photo : Ravens de l'Université Carleton

Avant le report des activités, l’attaquant Cole Carter avait déjà quitté le navire, au profit d’un club de la République tchèque.

Par courriel, un porte-parole des Ravens a laconiquement commenté ces départs : Bien que la pause soit décevante, nous souhaitons à ces joueurs, qui ont tout donné pour notre programme, la meilleure des chances pour leur carrière professionnelle.

C.J. Garcia en train de patiner.

Défenseur complet, C.J. Garcia a choisi de jouer en France, à Anglet, une formation qui aligne Jacob Sweeney, un ancien des Gee-Gees (archives).

Photo : Ravens de l'Université Carleton

Vivre d’espoir malgré les mauvaises nouvelles

Au cours de la dernière semaine, le gouvernement de l’Ontario a imposé de nouvelles restrictions, qui ont forcé l’OUA à repousser son retour au jeu au 27 janvier. De plus, les étudiants-athlètes ne peuvent plus s’entraîner à l’intérieur en équipe, comme cela était permis jusqu’à tout récemment.

La raison : ils ne sont pas considérés comme élites par la province alors que d’autres ligues, parfois même de niveaux inférieurs, le sont.

Quand il a eu vent de cette décision, Tristan Bérubé n’en revenait tout simplement pas. C’est injuste et ordinaire pour des athlètes de très bon calibre qui veulent seulement jouer.

De son côté, Patrick Grandmaître essaie de voir le verre à moitié plein. Les entraîneurs et les athlètes sont d’éternels optimistes. Malgré les nouvelles règles, malgré l’incertitude, ce dernier tente par tous les moyens de tirer profit de la situation.

Il convie ses étudiants-athlètes à des entraînements, en ligne ou sur une patinoire extérieure, en groupe de 10, en respectant la distanciation physique.

« On est créatifs, on demeure actifs et on garde espoir de pouvoir finir notre saison. »

— Une citation de  Patrick Grandmaître, entraîneur-chef, club de hockey masculin des Gee-Gees

À la mi-décembre, les hockeyeurs de l’Université d’Ottawa (5-2-1, 11 points) ont bouclé la première portion de leur saison au sommet de leur très compétitive division à cinq équipes. Quant aux Ravens de l’Université Carleton, ils occupent la troisième position, à deux points de leurs rivaux.

Le capitaine des Gee-Gees, Yvan Mongo, tente de se défaire d'un rival des Ravens de Carleton.

Dans les trois matchs impliquant les deux équipes cette saison, les Ravens l’ont emporté deux fois, dont une fois en prolongation (archives).

Photo : Greg Mason/Gee Gees de l'Université d'Ottawa

Patrick Grandmaître espère de tout cœur que ses hommes auront l’occasion de finir le travail. J’ai davantage d’espoir cette année qu’à pareille date l’an dernier. Par contre, il sent qu’il est à une mauvaise nouvelle de perdre quelques joueurs, surtout ses vétérans à la croisée des chemins.

Ils ont encore le logo des Gee-Gees tatoué sur le cœur, et ils veulent toujours terminer leurs études, mais si la date de retour est encore repoussée, ou que la saison est carrément annulée, il y en a qui vont quitter, c’est certain.

Aux dernières nouvelles, l’OUA déploie des efforts en coulisses pour permettre à ses 9500 étudiants-athlètes, tous sports confondus, de s’entraîner à nouveau. À travers la province, les intervenants du milieu ne demandent que cela.

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